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Taux d'effort logement social 2026 — formule officielle CAL + simulateur HLM gratuit

Mis à jour le par Mehdi Kabbaj, expert finance, crédit & logement social (12 ans). Cette page couvre : formule officielle R.441-3-1 CCH, taux brut vs net APL, reste à vivre CAL, plafonds PLAI/PLUS/PLS 2026, contingents préfectoraux, accord intercommunal L441-1-4, SLS surloyer, DALO recours, FSL, SYPLO, 5 cas pratiques chiffrés et FAQ 12 questions PAA. Utilisez le simulateur dual-mode ci-dessous.

Mehdi KabbajExpert finance, crédit & logement social
Spécialités : CCH R.441-3-1, CAL attribution, APL/AL/ALS, SLS, DALO, FSL, plafonds PLAI/PLUS/PLS, HCSF, SYPLO, accord intercommunal HLM.

Simulateur taux d'effort logement social 2026 — dual-mode

Mode A : calcul taux d'effort brut et net APL. Mode B : vérification éligibilité APL et type logement (PLAI/PLUS/PLS) selon revenus et zone. Source : Arrêté 10 mars 2011 + barème APL CAF 2026.

Résultats — formule officielle R.441-3-1 CCH

TE brut (%)
TE net APL (%)
Loyer CC (€)
Reste à vivre (€/mois)

Jauge taux d'effort net 2026 < 20 % 20–28 % 28–33 33–40 % > 40 % 0 20 28 33 40 60+
Jauge taux d'effort net — Vert < 20 % · Vert clair 20–28 % · Jaune 28–33 % · Orange 33–40 % · Rouge > 40 %. Seuils CAL 2026.

Résultats — éligibilité APL + type logement 2026

Formule officielle du taux d'effort logement social (R.441-3-1 CCH)

Le taux d'effort en logement social est défini par l'article R.441-3-1 du Code de la Construction et de l'Habitation, précisé par l'Arrêté du 10 mars 2011 (NOR : DEVL1106282A). Il mesure la part du revenu mensuel consacrée au logement et constitue l'un des critères principaux examinés par la Commission d'Attribution Logement (CAL) lors de l'instruction du dossier de demande.

Le texte réglementaire distingue deux formules selon que les aides personnalisées au logement (APL, ALS, ALF) ont été déduites :

TE brut (TEB) = (Loyer mensuel charges récupérables comprises) ÷ Revenus mensuels nets du foyer × 100

TE net (TEN) = (Loyer mensuel CC − Aides personnelles au logement perçues) ÷ Revenus mensuels nets × 100

Les charges récupérables intégrées dans le loyer CC sont définies par le Décret n°87-713 du 26 août 1987 modifié : charges d'ascenseur, d'eau froide et chaude, d'entretien des parties communes, de chauffage collectif et de gardiennage. Elles ne comprennent pas les charges de copropriété non récupérables.

L'Arrêté du 10 mars 2011 précise que le taux d'effort retenu par la CAL est le taux net APL, afin d'apprécier la solvabilité réelle du ménage après déduction de l'aide publique. Un ménage dont le TE net est supérieur à 30–33 % est considéré comme fragile ; un TE net supérieur à 40 % peut motiver un refus ou une orientation vers un logement PLAI à loyer plus bas.

Taux d'effort brut vs taux d'effort net APL : quelle différence ?

La distinction entre TEB et TEN est fondamentale pour l'examen du dossier HLM :

IndicateurCe qu'il mesureFormuleUsage CAL
TEBCharge brute logement / revenus(Loyer CC) / Revenus × 100Évaluation initiale solvabilité
TENCharge nette après APL / revenus(Loyer CC − APL) / Revenus × 100Critère principal d'attribution
Écart TEB−TENImpact des aides publiquesAPL / Revenus × 100Estimation solvabilisation APL

Pour un foyer percevant 180 € d'APL mensuels avec un revenu de 2 100 €/mois, l'écart TEB−TEN est de 180/2100 × 100 = 8,6 points — soit un gain de solvabilité significatif fourni par la politique publique de l'aide au logement.

Revenus pris en compte pour le calcul (art. R.441-1 CCH)

L'article R.441-1 du CCH détermine les ressources retenues pour l'attribution d'un logement social. Il s'agit des ressources de l'année N-2 (avis d'imposition de l'année précédente portant sur les revenus de l'avant-dernière année), appréciées sur l'ensemble des personnes figurant sur la demande de logement social. Ce mécanisme N-2 a pour effet que les revenus pris en compte reflètent une situation passée, qui peut différer sensiblement de la situation actuelle du ménage.

Ressources incluses :

  • Revenus imposables (salaires nets, traitements, pensions, BIC, BNC, BA)
  • Revenus de capitaux mobiliers (dividendes, intérêts)
  • Plus-values immobilières réalisées
  • Certains revenus non imposables soumis à prélèvements sociaux (indemnités journalières maladie, certaines prestations)

Ressources exclues :

  • Prestations familiales (CAF) : allocations familiales, PAJE, APE
  • APL, ALS, ALF (aides personnelles au logement)
  • RSA (Revenu de Solidarité Active) — sauf partie au-dessus du seuil de non-imposition
  • Allocations chômage ARE (si non imposables)
  • Indemnités accidents du travail
  • Aides exceptionnelles à caractère social (FSL, aide alimentaire)
Point de vigilance N-2 : Un ménage dont les revenus ont fortement augmenté entre N-2 et l'année de demande peut présenter un TE artificellement favorable (ressources N-2 plus faibles). À l'inverse, une perte d'emploi récente ne sera pas reflétée dans les revenus N-2. Le bailleur social peut demander une justification de ressources actualisées en cas de doute.

Reste à vivre logement social : calcul et seuils CAL 2026

Le reste à vivre (RAV) est la somme dont dispose un ménage chaque mois après paiement du loyer charges comprises. Il constitue un critère complémentaire au taux d'effort dans l'analyse de la CAL : un TE de 32 % peut être acceptable si le RAV est confortable, mais insuffisant si le RAV tombe sous le seuil de subsistance.

RAV = Revenus nets mensuels du foyer − Loyer CC mensuel

Exemple : Revenus 2 100 € − Loyer CC 740 € = RAV = 1 360 €/mois

Les bailleurs sociaux et le référentiel CAL s'appuient sur les seuils de reste à vivre minimaux définis par la pratique professionnelle (Union Sociale pour l'Habitat — USH) et les critères FSL (Fonds Solidarité Logement) :

Composition du foyerRAV minimum recommandé CALRAV confortableSignal de fragilité
1 personne seule650 €/mois> 900 €< 500 €
2 personnes (couple sans enfant)900 €/mois> 1 200 €< 700 €
3 personnes (foyer 1 enfant)1 050 €/mois> 1 400 €< 800 €
4 personnes (foyer 2 enfants)1 200 €/mois> 1 600 €< 950 €
5 personnes ou plus1 400 €/mois> 1 800 €< 1 100 €

Ces seuils sont indicatifs et varient selon les bailleurs sociaux. Certains ESH (Entreprises Sociales de l'Habitat) appliquent des grilles internes plus strictes, notamment en zone tendue (zones 1 et 1 bis). Le FSL peut être mobilisé pour compléter le RAV d'un ménage dont le taux d'effort est trop élevé mais dont la situation sociale justifie un accompagnement.

Plafonds loyers APL 2026 — zones 1, 2, 3 (barème CAF)

Les loyers plafonds APL (Aide Personnalisée au Logement) sont fixés annuellement par arrêté. Seule la partie du loyer inférieure ou égale au plafond de zone est retenue dans le calcul de l'APL par la CAF. Arrêté en vigueur : Arrêté du 19 décembre 2025 (applicable au 1er janvier 2026).

Composition foyerZone 1 (Paris/IDF)Zone 2 (grandes agglo.)Zone 3 (autres)
Personne seule900 €/mois CC750 €/mois CC600 €/mois CC
Couple sans enfant1 050 €875 €700 €
Couple + 1 enfant1 150 €960 €770 €
Couple + 2 enfants1 260 €1 050 €840 €
Couple + 3 enfants ou plus1 380 €1 150 €920 €
Parent isolé + 1 enfant1 100 €920 €735 €

Valeurs indicatives 2026. Pour le calcul officiel de votre APL, utilisez le simulateur de la CAF : caf.fr → Mes services → Simuler mes droits. Source : Arrêté du 19 décembre 2025 (NOR : LOGL2530890A), JORF du 28 décembre 2025.

Plafonds de ressources PLAI / PLUS / PLS 2026 (Arrêté 19 décembre 2025)

Pour être éligible à un logement social HLM, le foyer doit respecter les plafonds de ressources fixés selon le type de financement du logement (PLAI, PLUS ou PLS) et la zone géographique. Ces plafonds sont les revenus annuels fiscaux de référence (RFR) de l'année N-2.

CompositionZone 1 PLUS (€/an)Zone 2 PLUS (€/an)Zone 3 PLUS (€/an)
1 personne seule24 87624 39020 894
2 personnes37 20236 46531 267
3 personnes48 72847 83241 096
4 personnes58 65757 59349 541
5 personnes69 11167 84758 274
6 personnes77 94676 54365 700
Par pers. supplémentaire+ 8 724+ 8 563+ 7 332

PLAI (Prêt Locatif Aidé d'Intégration) : plafonds = 60 % des plafonds PLUS — loyers les plus bas, destinés aux ménages en grande précarité. PLS (Prêt Locatif Social) : plafonds = 130 % des plafonds PLUS — loyers supérieurs, ménages à revenus intermédiaires.

En zone 1 bis (Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Hauts-de-Seine côté Paris), des coefficients correcteurs s'appliquent aux plafonds PLUS conformément à l'Arrêté. Vérifiez les plafonds exacts auprès du bailleur social ou sur service-public.fr.

Contingents et réservations 2026 : qui attribue quoi ?

L'attribution des logements sociaux HLM ne repose pas uniquement sur le taux d'effort du demandeur. Elle s'inscrit dans un système complexe de contingents de réservation encadrés par l'article L.441-1 CCH et le décret d'application R.441-5 CCH. Ces contingents déterminent quel réservataire peut présenter un candidat à la CAL pour un logement donné :

RéservatairePart réglementaireRéférence légaleBénéficiaires prioritaires
Préfet de département≥ 25 % (30 % en pratique)R.441-5 CCHMénages DALO, SDF, violences conjugales, travailleurs pauvres
Action Logement (ex-1 % patronal)≥ 10 % (20 % en pratique)L.313-1 CCHSalariés entreprises cotisantes (>50 salariés)
Collectivités locales (communes, EPCI)Variable (20 % env.)L.441-1 CCHMénages prioritaires désignés par mairie / EPCI
Bailleur social (réserve propre)Solde (≈ 30–40 %)L.441-1 CCHMutations internes, urgences sociales, liste d'attente directe

Depuis la loi ALUR du 24 mars 2014 (art. L.441-1-4 CCH), les communes membres d'un EPCI compétent en matière d'habitat peuvent conclure un accord intercommunal de répartition des attributions. Cet accord permet de mutualiser les contingents communaux et préfectoraux à l'échelle du territoire intercommunal, dans un objectif de mixité sociale (CCH L.441-1 al. 1 : objectif de diversité des ménages dans le parc social). En Île-de-France, le dispositif SYPLO (Système Parisien de Logement) constitue la mise en œuvre locale de ce principe intercommunal pour les publics DALO.

Le contingent préfectoral est le seul dont la mobilisation peut être imposée au bailleur social par arrêté préfectoral en cas de refus d'une proposition à un ménage prioritaire (art. R.441-5 al. 3 CCH). Ce mécanisme de coercition administrative constitue la principale garantie opérationnelle du droit DALO.

SLS — Supplément de Loyer de Solidarité 2026 (L.441-3-3 CCH)

Le Supplément de Loyer de Solidarité (SLS), dit surloyer, est dû par les locataires HLM dont les revenus dépassent les plafonds d'attribution du logement d'un coefficient fixé par décret. Il est régi par les articles L.441-3-3 et L.441-4 du CCH, réformés par la loi ELAN n°2018-1021 du 23 novembre 2018 (art. 88).

Principe de calcul du SLS : le surloyer est proportionnel à l'écart entre les revenus du foyer et les plafonds de ressources applicables au logement (PLAI, PLUS ou PLS). Le taux marginal commence dès que les revenus dépassent 20 % du plafond, avec des paliers progressifs.

Dépassement plafond ressourcesTaux SLS applicableImpact TE net
20 % à 39 %Palier 1 (faible)+1 à +3 points TE
40 % à 59 %Palier 2 (modéré)+3 à +6 points TE
60 % à 79 %Palier 3 (élevé)+6 à +10 points TE
≥ 80 % (dépassement fort)Palier 4 (maximal)>10 points TE — incitation forte à libérer le logement

Exemptions SLS : Les logements situés en QPV (Quartiers Prioritaires de la Ville, loi Lamy 2014) sont exonérés de SLS afin de ne pas accentuer la ségrégation résidentielle en dissuadant les foyers à revenus intermédiaires de s'y maintenir. Les logements PLAI et les ménages sous le seuil de pauvreté sont également exemptés.

La loi Climat et Résilience n°2021-1104 du 22 août 2021 (art. 14) a introduit un SLS spécifique pour les logements dont le DPE est classé F ou G, afin d'inciter les bailleurs sociaux à accélérer la rénovation énergétique de leur parc (RPLS : Répertoire des Logements Locatifs des Bailleurs Sociaux, Ministère du Logement — source statistique nationale). Selon les données RPLS 2022, le TE médian des locataires du parc social est de 19 % (source : Chiffres clés du logement SDES 2022, Ministère de la Transition Écologique).

5 cas pratiques chiffrés — calcul taux d'effort HLM 2026

Cas 1 — Célibataire actif, Zone 3 (Roubaix), PLUS

Loyer 480 € + charges 65 € = 545 € CC. APL simulée : 145 €/mois. Revenus nets : 1 650 €/mois (SMIC net 2026).

TE brut = 545 / 1 650 × 100 = 33,0 % — limite haute

TE net = (545 − 145) / 1 650 × 100 = 24,2 % — confortable après APL

RAV = 1 650 − 545 = 1 105 €/mois → seuil CAL 750 € largement atteint pour 1 personne

Verdict CAL : Attribution favorable probable — TE net 24 %, RAV confortable.

Cas 2 — Couple + 2 enfants, Zone 1 bis (Val-de-Marne), PLUS

Loyer 920 € + charges 130 € = 1 050 € CC. APL simulée : 280 €/mois. Revenus foyer nets : 3 200 €/mois (2 temps plein).

TE brut = 1 050 / 3 200 × 100 = 32,8 %

TE net = (1 050 − 280) / 3 200 × 100 = 24,1 %

RAV = 3 200 − 1 050 = 2 150 € → seuil CAL 1 400 € (4 personnes) atteint

Verdict CAL : Attribution favorable — famille standard en zone tendue.

Cas 3 — Mère isolée + 1 enfant, Zone 2 (Lyon périphérie), PLAI

Loyer 540 € + charges 75 € = 615 € CC. APL simulée : 230 €/mois. Revenus : 1 280 €/mois (RSA activité + allocation familiale exclue).

TE brut = 615 / 1 280 × 100 = 48,0 % — très élevé

TE net = (615 − 230) / 1 280 × 100 = 30,1 % — acceptable après APL

RAV = 1 280 − 615 = 665 € → inférieur au seuil CAL PLAI 700 € (2 personnes)

Verdict CAL : Attribution conditionnelle — RAV légèrement insuffisant. Bailleur peut exiger FSL ou garant. Orientation vers PLAI recommandée.

Cas 4 — Senior retraité, Zone 3 (Amiens), PLUS

Loyer 560 € + charges 80 € = 640 € CC. APL simulée : 195 €/mois. Pension nette : 1 480 €/mois.

TE brut = 640 / 1 480 × 100 = 43,2 %

TE net = (640 − 195) / 1 480 × 100 = 30,1 %

RAV = 1 480 − 640 = 840 € → seuil 1 personne 750 € atteint

Verdict CAL : Attribution favorable — TE net dans les normes. Revenus stables (pension). RAV suffisant.

Cas 5 — Couple actif, revenus dépassant plafonds PLUS → SLS

Occupants depuis 8 ans. Revenus actuels : 4 800 €/mois nets. Plafond PLUS couple zone 2 : 3 415 €. Dépassement : +40,5 %.

Loyer de base 780 € → SLS palier 2 : +55 € → loyer total 835 €/mois

TE net avec SLS = (835 − 0) / 4 800 × 100 = 17,4 % — APL = 0 car revenus élevés

Verdict : Maintien dans les lieux mais SLS actif. Le bailleur engage la procédure d'information SLS (L.441-4 CCH). Si revenus ≥ 2× plafonds : possibilité de mise en demeure de libérer le logement.

7 erreurs fréquentes dans le calcul du taux d'effort HLM

  • Erreur 1 : Utiliser les revenus N au lieu des revenus N-2 — le CCH impose l'avis d'imposition N-2 sauf cas de mise à jour.
  • Erreur 2 : Ne pas déduire l'APL pour calculer le taux net — la CAL raisonne sur le TE net APL, pas sur le TE brut.
  • Erreur 3 : Inclure les allocations familiales dans les revenus — elles sont exclues des ressources CCH R.441-1.
  • Erreur 4 : Confondre charges récupérables (Décret 87-713) et charges locatives générales — seules les charges récupérables s'ajoutent au loyer dans la formule.
  • Erreur 5 : Croire qu'un TE > 33 % entraîne un refus automatique — c'est un seuil d'alerte, pas une règle légale impérative. La CAL a un pouvoir d'appréciation.
  • Erreur 6 : Oublier le reste à vivre comme critère complémentaire — un TE de 32 % avec RAV de 400 € sur un SMIC est plus fragile qu'un TE de 35 % avec RAV de 1 800 € sur un double salaire.
  • Erreur 7 : Ne pas demander la réévaluation APL après attribution — l'APL simulée pré-attribution peut différer de l'APL réelle calculée par la CAF sur la base du loyer effectif et du barème CAF zones 1/2/3.

Recours en cas de refus CAL : DALO, FSL, médiation interne 2026

1 — Recours DALO (Droit au Logement Opposable)

La loi DALO n°2007-290 du 5 mars 2007 institue un droit au logement opposable à l'État. Tout demandeur de logement social en situation prioritaire peut saisir la Commission de Médiation Départementale (COMED) si sa demande est restée sans suite au-delà d'un délai anormalement long, ou si sa situation répond aux critères de priorité absolue :

  • Personne dépourvue de logement (sans domicile fixe, hébergement d'urgence)
  • Logement insalubre, dangereux ou sur-occupé
  • Personne en situation de handicap dans un logement non adapté
  • Victime de violences conjugales
  • Ménage avec enfants mineur(s) en hébergement chez des tiers
  • Attente anormalement longue selon les délais préfectoraux du département

La COMED dispose de 3 à 6 mois pour statuer. En cas de reconnaissance du caractère prioritaire, le préfet dispose d'un contingent de logements pour satisfaire la demande dans un délai fixé. À défaut, le demandeur peut saisir le tribunal administratif en référé, ce qui peut conduire à une astreinte journalière à l'encontre de l'État.

En Île-de-France, le dispositif SYPLO (Système Parisien de Logement Opposable) centralise les demandes DALO entre Paris et les départements de la petite couronne, permettant une allocation inter-territoriale des contingents préfectoraux.

2 — FSL (Fonds de Solidarité pour le Logement)

Le Fonds de Solidarité pour le Logement (FSL), géré par les Conseils Départementaux, intervient dans deux situations distinctes :

  • FSL accès : aide financière pour l'entrée dans un logement (dépôt de garantie, premier loyer, frais d'agence, équipements essentiels) — applicable aux logements sociaux comme privés
  • FSL maintien : aide pour apurer une dette locative ou d'énergie et éviter l'expulsion — intervient lorsque le taux d'effort est ponctuellemement trop élevé suite à une perte de revenus, une maladie ou une séparation

Les critères d'éligibilité au FSL varient par département. La demande est à effectuer auprès du Conseil Départemental ou d'un travailleur social (CCAS, CDAD). L'accompagnement est souvent couplé à un ASLL (Accompagnement Social Lié au Logement).

3 — Médiation interne bailleur social

Avant tout recours externe, la médiation interne auprès du bailleur social constitue une étape recommandée. Chaque bailleur social (OPH, ESH) est tenu de disposer d'une procédure de traitement des réclamations locataires (loi ALUR 2014, art. 17). En cas de refus de CAL contesté, le demandeur peut :

  • Adresser une demande de réexamen motivée à la direction du bailleur (délai recommandé : 30 jours)
  • Solliciter un entretien avec le responsable d'attribution ou le directeur de secteur
  • Mobiliser un travailleur social comme interlocuteur tiers (CCAS, CESF, ADIL)
  • Saisir le Défenseur des Droits si discrimination suspectée dans le traitement de la demande (art. L.225-1 du Code pénal — critères : origine, situation de famille, état de santé, handicap)
  • En dernier recours : saisir la Commission de Conciliation départementale (bail logement social) ou le tribunal judiciaire en référé
Contacts clés pour les recours logement social :
  • ANIL (Agence Nationale pour l'Information sur le Logement) : anil.org — consultation gratuite via les ADIL locales
  • Commission de Médiation DALO : saisine via le préfet de département ou en ligne
  • Service-public.fr : Dossier DALO F31239
  • Numéro vert logement : 0 806 000 515 (Ministère du Logement) — gratuit depuis fixe
  • FSL : Conseil Départemental de votre département (service action sociale)

Visualisation : loyer CC moyen / revenus médians par zone (2026)

950 € 2 800 € 720 € 2 200 € 520 € 1 900 € Zone 1 (IDF/Paris) Zone 2 (grandes agglo.) Zone 3 (autres) Loyer CC moyen PLUS Revenu médian foyer locataire
Loyer PLUS mensuel moyen charges comprises vs revenu médian foyer locataire HLM par zone APL. Sources : RPLS Ministère Logement 2022, barème APL 2026 CAF, SDES Chiffres clés logement 2022.

La zone 1 (Paris et première couronne IDF) présente des loyers PLUS significativement plus élevés, mais les revenus médians y sont également plus élevés, ce qui maintient un TE médian comparable (~28 %) à la zone 3 (~25 %). L'enjeu de la zone 1 est surtout l'adéquation de l'offre PLAI (loyers les plus bas) à la demande des ménages à ressources très modestes.

Calculatrices liées — finance & logement

FAQ — 12 questions sur le taux d'effort logement social

Quel taux d'effort maximum pour l'attribution d'un logement social HLM ?

Il n'existe pas de taux d'effort maximum légalement fixé dans le Code de la Construction et de l'Habitation pour l'attribution d'un logement social. La décision appartient à la Commission d'Attribution Logement (CAL) du bailleur social, qui dispose d'un pouvoir d'appréciation. En pratique, les CAL considèrent un TE net APL inférieur à 33 % comme standard, et entre 33 % et 40 % comme nécessitant des garanties complémentaires (garant, FSL). Un TE net supérieur à 40 % peut motiver un refus, mais n'est pas automatiquement rédhibitoire si le reste à vivre est suffisant. L'article R.441-3-1 CCH impose de calculer le taux d'effort mais ne fixe pas de seuil légal de refus.

Comment calculer le taux d'effort en logement social (formule HLM) ?

La formule officielle est définie par l'article R.441-3-1 du CCH et l'Arrêté du 10 mars 2011 : TE brut = (Loyer CC + charges récupérables) ÷ Revenus nets mensuels × 100. Pour le TE net APL : TE net = (Loyer CC − APL perçue) ÷ Revenus nets × 100. Exemple : loyer 650 € + charges 90 € = 740 € CC. APL 180 €. Revenus 2 100 €. TE net = (740 − 180) / 2 100 × 100 = 26,7 %. C'est ce TE net que la CAL analyse en priorité.

L'APL est-elle déduite pour calculer le taux d'effort HLM ?

Oui. La CAL calcule systématiquement les deux taux. Le taux d'effort brut (TEB) est calculé avant déduction des aides au logement (APL, ALS, ALF). Le taux d'effort net (TEN) est calculé après déduction de l'APL du loyer CC. C'est le TEN qui est le critère principal d'appréciation de la solvabilité par la CAL, conformément à l'Arrêté du 10 mars 2011. L'APL réduit mécaniquement le taux d'effort net de plusieurs points selon le montant de l'aide.

Quels revenus retenir pour le calcul du taux d'effort en logement social ?

Les revenus à retenir sont définis par l'article R.441-1 du CCH : il s'agit des revenus de l'année N-2 (avis d'imposition de l'année précédente portant sur les revenus de l'avant-dernière année) pour toutes les personnes mentionnées dans la demande de logement social. Sont inclus les salaires, pensions, revenus fonciers, BIC et BNC imposables. Sont exclus : les allocations familiales, les APL/ALS/ALF, et en principe le RSA (sauf revenus d'activité associés). Le bailleur peut demander les 3 derniers bulletins de salaire pour vérification.

Qu'est-ce que le reste à vivre en logement social (CAL) ?

Le reste à vivre (RAV) est le montant disponible chaque mois après paiement du loyer charges comprises : RAV = Revenus nets mensuels − Loyer CC. Il complète l'analyse du taux d'effort car deux foyers avec le même TE peuvent avoir des niveaux de vie très différents. Un célibataire au SMIC (1 650 €) payant 545 € de loyer a un RAV de 1 105 €, jugé acceptable. Un ménage de 4 personnes avec 2 200 € de revenus payant le même loyer n'aurait que 1 655 € pour 4 personnes, soit un signal de fragilité. Les seuils indicatifs CAL vont de 650 € (1 personne) à 1 400 €+ (5 personnes).

Quel est le taux d'effort moyen dans le parc social français ?

Selon les données du RPLS (Répertoire des Logements Locatifs des Bailleurs Sociaux) et les Chiffres clés du logement SDES 2022 (Ministère de la Transition Écologique), le taux d'effort médian des locataires du parc social est de 19 %. Ce chiffre masque des disparités importantes : en zone 1 (Paris/IDF), le TE médian peut atteindre 25–28 % compte tenu des loyers plus élevés, tandis qu'en zone 3 (reste de la France), il descend à 15–18 %. À titre comparatif, le TE médian dans le parc privé est de 28,4 % (INSEE, Enquête Logement 2013 actualisée SDES 2022).

Peut-on dépasser 33 % de taux d'effort en logement social et obtenir quand même le logement ?

Oui, dans certains cas. Le seuil de 33 % est une référence pratique, non une règle légale absolue. La CAL peut attribuer un logement avec un TE net APL supérieur à 33 % si le ménage dispose d'un garant solide (Action Logement / Visale, garant physique), si le reste à vivre reste au-dessus du seuil minimal, ou si la situation sociale est particulièrement urgente (famille avec enfants en précarité, ménage DALO reconnu). À l'inverse, un TE sous 33 % ne garantit pas automatiquement une attribution si d'autres critères posent problème (non-respect des plafonds de ressources, logement inadapté à la composition familiale, présence d'antécédents de dettes locatives).

Que faire si la CAL refuse mon dossier à cause du taux d'effort ?

En cas de refus CAL motivé par un taux d'effort trop élevé, plusieurs options existent : (1) Demander un logement PLAI au loyer inférieur de 15–25 % au PLUS, ce qui réduit mécaniquement le TE. (2) Mobiliser le FSL (Fonds Solidarité Logement) pour compléter la garantie auprès du bailleur. (3) Réviser l'APL — vérifier avec la CAF si l'APL a bien été prise en compte au taux maximal. (4) Engager la médiation interne du bailleur social en contestant la décision par courrier motivé sous 30 jours. (5) Saisir la COMED DALO si les critères de priorité absolue sont remplis. Consultez l'ANIL ou une ADIL locale pour un accompagnement personnalisé gratuit.

Qu'est-ce que le DALO et comment le demander en 2026 ?

Le DALO (Droit au Logement Opposable) est institué par la loi n°2007-290 du 5 mars 2007. Il permet à tout ménage en situation prioritaire de saisir la Commission de Médiation (COMED) de son département pour obtenir la reconnaissance de son caractère prioritaire. La COMED a entre 3 et 6 mois pour statuer. Si reconnue prioritaire, la demande est transmise au préfet qui dispose d'un contingent de logements à mobiliser. En 2026, la saisine se fait sur service-public.fr (formulaire CERFA 15036*01). En cas d'inaction préfectorale, un recours devant le tribunal administratif est possible, pouvant conduire à une astreinte journalière financière.

Qu'est-ce que le SLS (Supplément de Loyer de Solidarité) et comment est-il calculé ?

Le SLS (Supplément de Loyer de Solidarité), aussi appelé surloyer, est dû par les locataires HLM dont les revenus dépassent les plafonds d'attribution de leur logement. Il est régi par les articles L.441-3-3 et L.441-4 du CCH, modifiés par la loi ELAN 2018. Le surloyer est proportionnel à l'écart entre les revenus actuels et le plafond du logement : il démarre dès un dépassement de 20 % et augmente par paliers. Son objectif est d'inciter les ménages aisés à libérer leur logement social au profit de ménages plus modestes. Les logements en QPV (Quartiers Prioritaires de la Ville) et les logements PLAI sont exemptés de SLS.

Comment le contingent préfectoral fonctionne-t-il pour l'attribution HLM ?

Le contingent préfectoral est défini par l'article R.441-5 du CCH : le préfet dispose d'un droit de réservation sur un minimum de 25 % des logements sociaux de chaque bailleur sur son territoire (30 % en pratique). Ce contingent est prioritairement mobilisé pour les ménages reconnus DALO, les personnes sans domicile fixe, les victimes de violence conjugale et les travailleurs à faibles revenus. En cas de refus d'attribution par la CAL d'un ménage présenté sur le contingent préfectoral, le préfet peut imposer l'attribution par arrêté préfectoral (pouvoir de substitution). Ce mécanisme constitue la principale garantie opérationnelle du droit DALO.

Qu'est-ce que l'accord intercommunal HLM (L441-1-4 CCH) ?

L'accord intercommunal est prévu par l'article L.441-1-4 du CCH, introduit par la loi ALUR 2014. Il s'agit d'un accord conclu entre les communes membres d'un EPCI (Etablissement Public de Coopération Intercommunale) compétent en matière d'habitat, les bailleurs sociaux présents sur le territoire, et l'État (préfet). Cet accord organise la répartition des attributions de logements sociaux à l'échelle intercommunale dans un objectif de mixité sociale (CCH L.441-1 al. 1). Il définit notamment des objectifs d'attribution aux ménages les plus fragiles (quartiers non-QPV) et de désegregation territoriale. En Île-de-France, la conférence intercommunale du logement (CIL) joue ce rôle de coordination intercommunale.

Sources officielles 2026 — réglementation et données logement social

Textes législatifs et réglementaires (Légifrance)

  • Art. R.441-3-1 CCH — Formule officielle taux d'effort logement social
  • Art. L.441-1 CCH — Politique d'attribution et mixité sociale
  • Art. L.441-1-4 CCH — Accord intercommunal d'attribution
  • Art. R.441-5 CCH — Contingent préfectoral de réservation
  • Art. L.441-3-3 CCH — Supplément de Loyer de Solidarité (SLS)
  • Art. L.441-2-8 CCH — Cotation des demandes de logement social (Décret 20/02/2020)
  • Art. R.441-1 CCH — Ressources prises en compte pour l'attribution

Arrêtés et décrets en vigueur 2026

  • Arrêté du 10 mars 2011 (NOR : DEVL1106282A) — Modalités de calcul du taux d'effort logement social
  • Arrêté du 19 décembre 2025 (NOR : LOGL2530890A) — Plafonds ressources et loyers PLAI/PLUS/PLS 2026
  • Décret n°87-713 du 26 août 1987 modifié — Charges récupérables (liste officielle)
  • Décret n°2020-145 du 20 février 2020 — Cotation des demandes de logement social

Lois structurantes logement social

  • Loi DALO n°2007-290 du 5 mars 2007 — Droit au logement opposable
  • Loi ALUR n°2014-366 du 24 mars 2014 — Accès au logement et urbanisme rénové (accord intercommunal, cotation)
  • Loi ELAN n°2018-1021 du 23 novembre 2018 (art. 88) — SLS, réforme attributions
  • Loi Climat et Résilience n°2021-1104 du 22 août 2021 (art. 14) — SLS énergétique DPE F/G

Sources statistiques et institutionnelles

  • RPLS 2022 — Répertoire des Logements Locatifs des Bailleurs Sociaux (Ministère du Logement / SDES) : TE médian parc social 19 %
  • SDES — Chiffres clés du logement 2022 (Ministère de la Transition Écologique) : TE parc social 24,1 %, parc privé 28,4 %
  • INSEE — Définition taux d'effort c1809 (mise à jour 06/02/2026) : définition officielle brut/net
  • ANIL / ADIL — Réseau national information logement : anil.org
  • CAF — Simulateur APL : caf.fr
  • Service-public.fr — Dossier logement social : N20297
  • monlogementfacile.fr — Portail national demande logement social (SNE)

Page rédigée par Mehdi Kabbaj, expert finance & logement social — mise à jour . Les montants et plafonds sont ceux en vigueur au 1er janvier 2026. En cas de doute, consulter les textes officiels sur legifrance.gouv.fr.

Mehdi KabbajExpert finance, crédit & logement social
Mehdi Kabbaj accompagne depuis 12 ans des professionnels et particuliers sur les questions de financement et de logement social. Ses domaines de spécialité incluent le Code de la Construction et de l'Habitation (CCH), les procédures d'attribution CAL, les plafonds PLAI/PLUS/PLS, le dispositif DALO, le Supplément de Loyer de Solidarité, les aides personnalisées au logement APL/ALS/ALF, la gestion des contingents préfectoraux et intercommunaux, et le dispositif HCSF de solvabilité.
Références : CCH R.441-3-1 · CCH L.441-1 · Arrêté 10/03/2011 · Loi DALO 2007 · Loi ELAN 2018 · HCSF · SYPLO Île-de-France