Calcul indemnité journalière AT/MP 2026 : 60 % puis 80 % du gain journalier net

min de lecture · Mis à jour le 26 mai 2026

⚠️ Information YMYL — santé et sécurité sociale

Le calcul des indemnités journalières en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle repose sur les articles L433-1, L433-2 et R433-4 du Code de la sécurité sociale. Les règles de gain journalier, de plafond CPAM et de taux sont strictement encadrées. Cette simulation reste indicative : en cas de contestation du taux d'incapacité, de rechute ou de situation complexe (AT-trajet, MP hors tableau), consultez votre CPAM, un avocat en droit social ou l'Inspection du travail.

⚡ En bref

Gain journalier de référence = salaire brut mensuel ÷ 30,42, retenu dans la limite du plafond CSS (1,8 × SMIC mensuel brut ÷ 30,42 ≈ 106,57 €/jour en 2026). IJ AT = gain journalier net × 60 % du 1er au 28e jour, puis × 80 % à partir du 29e jour. Gain journalier net ≈ gain journalier brut × 0,79 (déduction cotisations salariales ~21 %). Aucun délai de carence (contrairement aux 3 jours en maladie ordinaire). Sources : CSS L433-1, L433-2, R433-4.

  • Salaire brut 2 500 € → gain journalier brut : 82,18 € → IJ à 60 % : 38,95 €/jour
  • Salaire brut 2 500 € → gain journalier brut : 82,18 € → IJ à 80 % : 51,94 €/jour
  • Carence AT/MP : 0 jour (vs 3 jours maladie ordinaire)
  • Plafond journalier 2026 : ≈ 106,57 € brut (SMIC 12,02 €/h)

🧮 Simulateur IJ AT/MP 2026

Renseignez votre salaire brut mensuel, la durée d'arrêt et votre statut. Le calculateur applique la formule CSS L433-2 (gain journalier net × 60 % du 1er au 28e jour, puis 80 %) avec le plafond 2026.

Salaire du mois précédant l'arrêt. Incluez primes régulières.
Nombre total de jours d'arrêt prescrits.
Le statut n'influe pas sur le calcul CPAM mais sur le maintien employeur.
Évolution de l'IJ AT selon la période — taux 60 % puis 80 % Jours 1 à 28 60 % du gain journ. net À partir du 29e jour 80 % du gain journ. net Carence : 0 jour Plafond 2026 : ≈ 106,57 €/j brut SMIC 12,02 €/h

Barème IJ AT/MP 2026 — CSS L433-2. Le jour de l'accident est pris en charge par l'employeur.

Accident du travail vs maladie professionnelle : définitions et différences

L'accident du travail (AT) est défini par l'article L411-1 du Code de la sécurité sociale comme « tout accident survenu par le fait ou à l'occasion du travail, quelle qu'en soit la cause, à toute personne salariée ou travaillant, à quelque titre ou en quelque lieu que ce soit, pour un ou plusieurs employeurs ou chefs d'entreprise ». Trois conditions cumulatives sont requises : un fait soudain, une lésion corporelle ou psychologique, et un lien avec l'activité professionnelle.

Les trois grandes catégories d'AT

AT proprement dit (L411-1) : accident survenu sur le lieu de travail ou à l'occasion du travail — chute d'un échafaudage, coupure, brûlure, infarctus sur le lieu de travail après un effort particulier (Cass. soc. 25 mars 2004). Le salarié bénéficie d'une présomption d'imputabilité : tout accident survenu pendant le temps et au lieu de travail est présumé être un AT, sauf si l'employeur ou la CPAM prouve une cause totalement étrangère au travail.

Accident de trajet (L411-2) : accident survenu sur le trajet habituel domicile-travail ou domicile-lieu de repas. Droits IJ identiques à l'AT (taux 60 %/80 %, pas de carence), mais protection contre le licenciement légèrement différente — l'accident de trajet ne crée pas la même présomption de lien avec le travail et ne bénéficie pas systématiquement des mêmes protections renforcées contre la rupture abusive.

Maladie professionnelle (MP) (L461-1) : pathologie figurant dans un tableau de maladie professionnelle (annexé au CSS) contractée par le salarié dans des conditions déterminées. Les MP sont présumées d'origine professionnelle si les conditions du tableau sont remplies (maladie, délai de prise en charge, travaux). Les MP hors tableau peuvent être reconnues par le Comité Régional de Reconnaissance des Maladies Professionnelles (CRRMP). Les IJ MP suivent les mêmes règles que les IJ AT.

Procédure de déclaration

Lors d'un AT, l'employeur est tenu de déclarer l'accident à la CPAM dans les 48 heures (article L441-2 CSS). Le salarié doit remettre un certificat médical initial (CMI) établi par son médecin traitant. La CPAM dispose de 30 jours pour statuer sur la reconnaissance (ou 3 mois pour les MP). En cas de refus, le salarié peut saisir la Commission de Recours Amiable (CRA) puis le Tribunal judiciaire (pôle social).

Formule du gain journalier de référence (CSS L433-2 et R433-4)

Le gain journalier de référence est la pierre angulaire du calcul des IJ AT/MP. Contrairement aux IJ maladie qui retiennent le salaire journalier de base sur les 3 derniers mois, l'AT utilise le salaire du mois civil précédant l'arrêt (ou le mois de l'accident si l'arrêt débute le même mois).

Gain journalier brut AT = Salaire brut mensuel de référence ÷ 30,42
Gain journalier net AT = Gain journalier brut × (1 − taux cotisations salariales)
Le taux de déduction légale est fixé à 21 % des cotisations salariales (CSS R433-4 alinéa 2)

Quels éléments entrent dans le salaire de référence ?

Le salaire brut de référence comprend le salaire de base, les primes à caractère régulier (prime d'ancienneté, prime de poste, prime de froid, prime de nuit) et les avantages en nature réguliers (logement, repas si versés chaque mois). En revanche, sont exclus : les gratifications exceptionnelles versées une seule fois dans l'année (prime de bilan, participation), les remboursements de frais professionnels, et les indemnités de rupture.

Cas du salarié embauché depuis moins d'un mois

Si le salarié n'a pas perçu un mois entier de salaire avant l'accident (embauche en cours de mois), la CPAM reconstitue le salaire mensuel : salaire effectivement perçu × (30,42 ÷ nombre de jours travaillés). Cette règle protège les salariés saisonniers et les nouveaux embauchés. Elle est précisée par la circulaire CNAM DRJ du 27 février 2015.

Pourquoi 30,42 et non 30 ?

Le diviseur 30,42 correspond à la moyenne arithmétique des jours par mois sur une année civile (365 ÷ 12 = 30,4167). Ce choix assure une cohérence entre les mois de 28, 30 et 31 jours. Il est figé par le Code de la sécurité sociale depuis la loi du 25 octobre 1972 et reste inchangé depuis. Contrairement aux IJ maladie qui utilisent parfois des diviseurs différents selon les régimes, l'AT applique systématiquement 30,42.

Taux 60 % : du 1er au 28e jour d'arrêt (CSS L433-2 alinéa 1)

Dès le 1er jour d'arrêt (rappel : le jour de l'accident est pris en charge intégralement par l'employeur à titre de salaire, les IJ CPAM commencent le lendemain), la CPAM verse une IJ égale à 60 % du gain journalier net. Ce taux s'applique pour les 28 premiers jours calendaires d'arrêt continu.

IJ AT (jours 1 à 28) = Gain journalier net × 60 %

Exemples chiffrés

Salaire brut mensuelGain journ. brut ÷ 30,42Gain journ. net × 0,79IJ à 60 %/jour
SMIC 2026 ≈ 1 823,03 €59,24 €46,80 €28,08 €
2 000 €65,74 €51,93 €31,16 €
2 500 €82,18 €64,92 €38,95 €
3 000 €98,62 €77,91 €46,74 €
3 243 € (≈ plafond)106,57 €84,19 €50,51 €
4 500 € (plafonné)106,57 € (plafonné)84,19 €50,51 €

Calculs indicatifs sur la base SMIC 12,02 €/h, taux cotisations salariales 21 % (CSS R433-4). Valeurs arrondies à l'eurocent.

Versement en 7j/7 ou jours ouvrés ?

Les IJ AT/MP sont versées pour chaque jour calendaire d'arrêt, y compris les samedis, dimanches et jours fériés. C'est une différence notable avec les IJ maladie qui, en régime général, sont versées hors 3 jours de carence puis pour chaque jour calendaire. La CPAM procède en général à un versement mensuel ou bimensuel par virement bancaire.

Taux 80 % : à partir du 29e jour d'arrêt continu (CSS L433-2 alinéa 2)

Lorsque l'arrêt de travail AT dépasse 28 jours calendaires consécutifs, le taux de l'IJ est majoré à 80 % du gain journalier net à compter du 29e jour. Cette majoration est automatique, sans démarche particulière du salarié — la CPAM l'applique d'office.

IJ AT (à partir du 29e jour) = Gain journalier net × 80 %

Condition de continuité de l'arrêt

Le passage au taux 80 % exige un arrêt continu. Si le salarié reprend le travail entre deux prescriptions, le compteur des 28 jours repart de zéro lors du second arrêt. En revanche, en cas de rechute d'un AT antérieur reconnu, la jurisprudence de la Cour de cassation admet que les durées peuvent se cumuler pour atteindre le seuil du 29e jour, selon les circonstances (Cass. 2e civ. 4 novembre 2021, n° 20-14.391).

Limite : le gain journalier net ne peut dépasser le salaire habituel

L'IJ à 80 % du gain journalier net, additionnée à un éventuel maintien employeur, ne peut pas conduire à ce que le salarié perçoive plus que son salaire net habituel. La CPAM ne plafonne pas directement, mais l'employeur est tenu de ne verser que le complément nécessaire pour atteindre 90 % puis 66 % (selon la loi de mensualisation) et non plus.

Plafond CSS 1,8 SMIC : calcul et valeurs 2026

Le gain journalier de référence AT est plafonné par le Code de la sécurité sociale. Ce plafond, défini à l'article R433-4, est exprimé en multiple du SMIC mensuel brut.

Plafond journalier brut AT = 1,8 × SMIC mensuel brut ÷ 30,42

Calcul avec le SMIC 2026

Le SMIC horaire brut en vigueur au 1er janvier 2026 est de 12,02 €/h (puis 12,31 €/h au 1er juin 2026) (151,67 h × 12,02 = 1 823,03 € brut mensuel). Application du plafond :

  • Plafond mensuel : 1,8 × 1 823,03 = 3 243,24 €
  • Plafond journalier brut : 3 243,24 ÷ 30,42 = 106,57 €/jour
  • Plafond journalier net (× 0,79) : 106,57 × 0,79 = 84,19 €/jour
  • IJ maximale à 60 % : 84,19 × 0,60 = 50,51 €/jour
  • IJ maximale à 80 % : 84,19 × 0,80 = 67,35 €/jour

Tout salarié dont le salaire brut mensuel excède 3 243,24 € se verra appliquer le plafond : son gain journalier sera retenu à 106,57 € quel que soit son salaire réel. Il percevra donc la même IJ qu'un salarié à exactement 3 243 €.

Révision du plafond

Le plafond est revu à chaque revalorisation du SMIC par décret (généralement au 1er novembre). Lors du vote de la loi de financement de la sécurité sociale, le PLFSS peut prévoir des révisions spécifiques. Pour 2026, aucune révision exceptionnelle n'est intervenue depuis novembre 2025 au 26 mai 2026 selon le BOSS.

Délai de carence : 0 jour en AT/MP (vs 3 jours en maladie ordinaire)

C'est l'une des protections majeures du régime AT/MP. Aucun délai de carence n'est applicable : les IJ sont dues dès le premier jour d'arrêt prescrit par le médecin, le lendemain du jour de l'accident (le jour J étant pris en charge par l'employeur au titre du salaire — article L433-1 CSS).

Comparaison avec le régime maladie

En maladie ordinaire (régime général), les 3 premiers jours d'arrêt ne donnent lieu à aucun versement d'IJ par la CPAM. Ce délai de carence peut être compensé par l'employeur selon les conventions collectives (nombreuses CCN prévoient la prise en charge du délai de carence dès 1 an d'ancienneté), mais la règle légale reste 3 jours de carence. L'AT/MP, en revanche, ne connait aucune carence quel que soit le statut, l'ancienneté ou la convention collective.

Spécificité : le jour de l'accident

Le jour de l'accident lui-même est une journée spéciale : l'employeur est tenu de rémunérer intégralement cette journée, même si l'accident survient en début de matinée. Les IJ CPAM commencent le jour suivant. Ce principe est posé par l'article L433-1 : « l'indemnité journalière est due à partir du premier jour qui suit l'arrêt de travail ». Concrètement, pour un AT survenu un lundi, le salarié est rémunéré par l'employeur pour le lundi, puis perçoit des IJ CPAM à partir du mardi.

Maintien de salaire par l'employeur et loi de mensualisation 1978

Au-delà des IJ versées par la CPAM, l'employeur peut être tenu de compléter cette indemnisation pour garantir au salarié une partie de son salaire habituel. Ce mécanisme repose sur deux bases distinctes : la loi de mensualisation (garantie légale minimale) et les conventions collectives (améliorations fréquentes).

Loi de mensualisation du 19 janvier 1978

La loi n° 78-49 du 19 janvier 1978, dite « loi de mensualisation » et intégrée aux articles L1226-1 et suivants du Code du travail, impose à tout employeur de verser un complément de rémunération lors d'un arrêt pour maladie ou AT, dès lors que le salarié remplit trois conditions :

  1. Justifier d'une ancienneté d'au moins 1 an à la date de l'arrêt.
  2. Avoir été pris en charge par la Sécurité sociale (IJ effectivement versées).
  3. Être soigné en France ou dans un pays de l'UE/EEE.

Le montant du maintien selon l'ancienneté :

AnciennetéPériode à 90 % du brut netPériode à 66,66 % du brut net
1 à 5 ans30 jours30 jours
6 à 10 ans40 jours40 jours
11 à 15 ans50 jours50 jours
16 à 20 ans60 jours60 jours
21 ans et plus70 jours70 jours

Les pourcentages s'entendent brut net de charges, déduction faite des IJ CPAM. Source : article L1226-1 Code du travail, modifié par Accord national interprofessionnel du 10 décembre 1977.

Subrogation patronale

Lorsqu'une convention collective ou un accord d'entreprise le prévoit, l'employeur peut opter pour la subrogation : il perçoit les IJ directement de la CPAM et verse au salarié son salaire habituel sans interruption. Le salarié ne voit aucune discontinuité de revenu. La subrogation simplifie la gestion administrative mais exige que l'employeur avance les sommes entre le moment de l'arrêt et le remboursement par la CPAM (souvent 5 à 8 jours ouvrés). Elle est prévue aux articles R323-12 et R433-14 du CSS.

Cas pratiques chiffrés (3 exemples)

Cas 1 — Smicard, accident de la main au 1er mois (20 jours d'arrêt)

Ouvrier logistique, SMIC 2026 (1 823,03 € brut mensuel), opérateur cariste, accident de la main droite en chargeant des palettes. Arrêt prescrit 20 jours.

  • Gain journalier brut : 1 823,03 ÷ 30,42 = 59,24 €
  • Gain journalier net : 59,24 × 0,79 = 46,80 €
  • IJ à 60 % (jours 1-20) : 46,80 × 0,60 = 28,08 €/jour
  • Total IJ CPAM (20 jours) : 28,08 × 20 = 561,60 €
  • Maintien employeur (ancienneté 3 ans) : l'employeur complète à 90 % du brut net pendant 30 jours. Salaire net ≈ 1 823,03 × 0,79 = 1 440,19 € → 90 % = 1 281,08 €. Complément journalier : (1 281,08 − 46,80 × 20) ÷ 20 → à calculer au prorata. Soit : (1 281,08 ÷ 30,42) × 0,90 − 28,08 ≈ 9,80 €/jour complément.
  • Total perçu (IJ + complément) ≈ 37,88 €/jour soit ≈ 90 % du net journalier.

Cas 2 — Cadre 4 500 € brut, chute dans un escalier (45 jours d'arrêt)

Manager commercial, 4 500 € brut mensuel, chute dans les escaliers du bureau. Arrêt 45 jours consécutifs. Salaire supérieur au plafond CSS → plafonnement.

  • Gain journalier brut réel : 4 500 ÷ 30,42 = 147,93 € → plafonné à 106,57 €
  • Gain journalier net plafonné : 106,57 × 0,79 = 84,19 €
  • IJ jours 1-28 (à 60 %) : 84,19 × 0,60 = 50,51 €/jour → 28 jours = 1 414,28 €
  • IJ jours 29-45 (à 80 %) : 84,19 × 0,80 = 67,35 €/jour → 17 jours = 1 144,95 €
  • Total IJ CPAM (45 jours) : 1 414,28 + 1 144,95 = 2 559,23 €
  • Perte vs salaire net habituel (4 500 × 0,79 = 3 555 €) : 3 555 − 2 559,23 = 995,77 € compensés par maintien employeur (CCN et loi mensualisation selon ancienneté).

Cas 3 — Agent hospitalier 2 800 € brut, lombalgie professionnelle MP (60 jours)

Aide-soignante, hôpital public, 2 800 € brut mensuel, maladie professionnelle tableau 57 (lombalgies du personnel soignant). Reconnue MP par CPAM. Arrêt 60 jours.

  • Gain journalier brut : 2 800 ÷ 30,42 = 92,04 € (sous plafond 106,57 €)
  • Gain journalier net : 92,04 × 0,79 = 72,71 €
  • IJ jours 1-28 (à 60 %) : 72,71 × 0,60 = 43,63 €/jour → 28 jours = 1 221,64 €
  • IJ jours 29-60 (à 80 %) : 72,71 × 0,80 = 58,17 €/jour → 32 jours = 1 861,44 €
  • Total IJ CPAM (60 jours) : 1 221,64 + 1 861,44 = 3 083,08 €
  • Statut FPH : le maintien de salaire FPH est régi par le décret 86-442 et les statuts particuliers — souvent intégral à 100 % pendant 3 mois pour les agents titulaires (hors IJ qui sont reversées à l'établissement en cas de subrogation). La CPAM verse les IJ directement à l'hôpital si subrogation activée.

Différence IJ AT/MP vs IJ maladie classique

CritèreIJ maladie ordinaireIJ AT/MP
Délai de carence3 jours0 jour
Taux 1er–28e jour50 % du SJR60 % du gain journ. net
Taux à partir du 29e jour50 % (60 % si 3 enfants)80 % du gain journalier net
Base de calculSalaire journalier de base (SJR) sur 3 moisSalaire brut mois précédant l'arrêt ÷ 30,42
Plafond1,8 SMIC mensuel ÷ 901,8 SMIC mensuel ÷ 30,42
Imposition IR100 % imposables50 % imposables (CGI art. 80 quinquies)
CSG/CRDSCSG 6,2 % + CRDS 0,5 %CSG 6,2 % + CRDS 0,5 %
Protection contre licenciementAucune (sauf cas particuliers)Renforcée pendant arrêt AT (L1226-7)
Prise en charge soinsTaux habituel Sécurité sociale100 % sans avance de frais
Référence légaleCSS L323-4CSS L433-1, L433-2

Sources officielles

  • CSS L411-1 — Définition AT : Légifrance
  • CSS L431-1 — Principes généraux réparation AT/MP : Légifrance
  • CSS L433-1 — Droit aux IJ AT, jour de l'accident : Légifrance
  • CSS L433-2 — Taux 60 % et 80 %, gain journalier net : Légifrance
  • CSS R433-4 — Plafond gain journalier brut (1,8 SMIC) : Légifrance
  • CSS R436-1 — Modalités de versement IJ AT : Légifrance
  • CSS L461-1 — Maladies professionnelles : Légifrance
  • Code du travail L1226-1 — Maintien salaire maladie/AT : Légifrance
  • CGI art. 80 quinquies — Demi-imposition IJ AT/MP : Légifrance
  • ameli.fr — IJ accident du travail : ameli.fr
  • BOSS — Rubrique Arrêt de travail AT/MP, mise à jour janvier 2026 : boss.gouv.fr
  • Cass. soc. 25 mars 2004 — Présomption imputabilité AT infarctus : Légifrance
  • Cass. 2e civ. 4 novembre 2021, n° 20-14.391 — Cumul durées rechute AT : Légifrance

❓ Questions fréquentes sur l'IJ AT/MP

Comment se calcule l'indemnité journalière en accident du travail ?

L'IJ AT = gain journalier net × taux. Le gain journalier net = (salaire brut mensuel ÷ 30,42) × 0,79 (déduction ~21 % cotisations salariales). Taux : 60 % du 1er au 28e jour, puis 80 % à partir du 29e jour. Aucun délai de carence. Plafond : gain journalier brut limité à 1,8 × SMIC mensuel ÷ 30,42 ≈ 106,57 €/jour en 2026. Source : CSS L433-2, R433-4.

Quel est le plafond des IJ AT en 2026 ?

Le plafond journalier brut AT en 2026 est de 1,8 × 1 823,03 € ÷ 30,42 ≈ 106,57 €/jour (SMIC 12,02 €/h, soit 1 823,03 € mensuel brut). Tout salarié dont le salaire brut dépasse ≈ 3 243 €/mois est donc plafonné. L'IJ maximale à 80 % est de 84,19 × 0,80 = 67,35 €/jour. Source : CSS R433-4, ameli.fr.

Quelle est la différence entre IJ maladie et IJ accident du travail ?

Trois différences majeures : (1) Carence : 3 jours en maladie, 0 jour en AT/MP. (2) Taux : 50 % en maladie (base SJR sur 3 mois), 60 % puis 80 % en AT/MP (base salaire mois précédant). (3) Imposition : 100 % des IJ maladie imposables, seulement 50 % des IJ AT/MP (CGI art. 80 quinquies). La protection contre le licenciement est aussi renforcée en AT.

Y a-t-il un délai de carence pour un accident du travail ?

Non. Il n'existe aucun délai de carence en AT/MP. Les IJ sont versées par la CPAM dès le 1er jour d'arrêt (lendemain du jour de l'accident, ce jour étant pris en charge par l'employeur). C'est une différence fondamentale avec la maladie ordinaire (3 jours) et la maladie professionnelle suit la même règle. Source : CSS L433-1.

Peut-on cumuler l'IJ AT avec son salaire ?

Non directement. L'IJ AT remplace le salaire pendant l'arrêt. Mais l'employeur peut verser un complément (via la subrogation ou le maintien légal/conventionnel) pour atteindre 90 % puis 66 % du salaire brut net de charges selon la loi de mensualisation. La somme IJ + maintien ne peut dépasser le salaire net habituel. En cas de temps partiel thérapeutique, l'IJ et le salaire partiel se cumulent dans la limite du salaire temps plein.

Quel est le plafond ameli pour les IJ AT ?

Le plafond ameli pour les IJ AT correspond au plafond CSS R433-4 : gain journalier brut limité à 1,8 × SMIC mensuel brut ÷ 30,42. En 2026 : 3 243,24 € ÷ 30,42 = 106,57 €/jour. Ce plafond est actualisé à chaque revalorisation du SMIC. Les salariés gagnant plus de 3 243,24 €/mois perçoivent la même IJ maximale. Vérifiez les valeurs actualisées sur ameli.fr.

L'employeur est-il obligé de maintenir le salaire en AT ?

Oui, sous conditions d'ancienneté. La loi de mensualisation du 19 janvier 1978 (article L1226-1 Code du travail) oblige tout employeur à compléter les IJ CPAM pour maintenir 90 % du salaire brut net de charges pendant 30 jours (1 à 5 ans d'ancienneté), puis 66,66 % les 30 jours suivants. La durée augmente avec l'ancienneté (jusqu'à 70 + 70 jours à partir de 21 ans). Les CCN améliorent souvent ce barème légal minimal.

Qu'est-ce que la loi de mensualisation 1978 en matière d'AT ?

La loi n° 78-49 du 19 janvier 1978 dite « loi de mensualisation » garantit aux salariés de plus d'1 an d'ancienneté un maintien de rémunération complémentaire aux IJ CPAM lors d'un AT. Le barème légal : 90 % du salaire brut net de charges (déduction faite des IJ) pendant les premiers jours (30 à 70 selon ancienneté), puis 66,66 % la même durée. Ce mécanisme est codifié aux articles L1226-1 à L1226-4 du Code du travail. Les conventions collectives peuvent prévoir des conditions plus favorables.

Qu'est-ce que la subrogation en cas d'accident du travail ?

La subrogation patronale permet à l'employeur de se substituer au salarié pour percevoir les IJ CPAM directement, en échange du maintien du salaire complet. L'employeur verse le salaire habituel, la CPAM lui rembourse les IJ. Elle est prévue par accord collectif ou contrat. Sans subrogation, le salarié perçoit l'IJ directement de la CPAM et l'employeur ne verse que le complément conventionnel. Références : CSS R323-12 et R433-14.

Que se passe-t-il lors d'une reprise à temps partiel thérapeutique après un AT ?

En temps partiel thérapeutique (TPT) après AT, le salarié perçoit son salaire proportionnel à son temps de travail réduit ET une IJ AT calculée selon les règles habituelles. Le cumul est possible dans la limite du salaire temps plein habituel. Le TPT doit être prescrit médicalement et validé par le médecin conseil CPAM. Il peut durer plusieurs mois selon l'évolution de l'état de santé. Référence : CSS L433-1 alinéa 2, circulaire CNAM 2020.

Comment fonctionne la rechute d'un accident du travail ?

Une rechute est la réapparition ou l'aggravation des symptômes d'un AT antérieur reconnu, après consolidation. Elle ouvre les mêmes droits IJ AT. Le gain journalier retenu est le salaire au moment de l'accident initial ou de la rechute, si ce dernier est supérieur (jurisprudence Cass. 2e civ. 4 novembre 2021). La rechute doit être attestée par un certificat médical spécifique envoyé à la CPAM. Le compteur des 28 jours peut reprendre selon les circonstances.

La maladie professionnelle ouvre-t-elle les mêmes droits IJ que l'AT ?

Oui. Les maladies professionnelles (MP) sont assimilées aux accidents du travail pour le versement des IJ : taux 60 % du 1er au 28e jour, 80 % à partir du 29e jour, zéro carence, même plafond. La procédure de reconnaissance est différente (tableau MP annexé au CSS, délai instruction CPAM 30-90 jours, recours CRRMP hors tableau). Soins pris en charge à 100 % sans avance. Sources : CSS L431-1, L461-1.

Note : Calcul indicatif sur la base du barème 2026. Votre situation peut nécessiter l'avis d'un expert-comptable ou fiscaliste. Pour les cas complexes (rechute, maladie professionnelle hors tableau, contestation du taux d'incapacité, subrogation spécifique, AT pendant période d'essai), consultez votre CPAM, un juriste en droit de la sécurité sociale ou un avocat spécialisé en droit social.