Calcul SJR chômage 2026 : ARE, France Travail, plafond 75 %

min de lecture · Mis à jour le 26 mai 2026

⚠️ Information juridique — Droit du travail et assurance chômage

Le calcul du SJR (Salaire Journalier de Référence) et de l'ARE (Allocation de Retour à l'Emploi) est régi par les articles L5421-1, L5422-1, R5422-1 et R5422-2 du Code du travail ainsi que par la convention d'assurance chômage (règlement général annexé) et le décret 2024-853. Ce simulateur est fourni à titre indicatif. France Travail (ex-Pôle emploi, renommé au 1er janvier 2024) est seul habilité à calculer vos droits réels, en tenant compte de l'ensemble de votre dossier. Les montants du plancher journalier évoluent : vérifiez la valeur en vigueur sur france-travail.fr avant toute décision.

⚡ En bref

Le SJR (Salaire Journalier de Référence) = somme des salaires bruts de la période de référence ÷ jours travaillés. L'ARE journalière = formule la plus favorable entre (40,4 % × SJR + 13,11 €) et (57 % × SJR). L'ARE est plafonnée à 75 % du SJR et ne peut être inférieure au plancher journalier (31,97 €/jour en 2025 — réévalué, vérifiez sur France Travail pour 2026). Durée maximale : 24 mois (standard), 30 mois (53-54 ans), 36 mois (55 ans et plus). Dégressivité de 30 % à partir du 7e mois pour les hauts salaires.

  • Salaire brut mensuel 2 500 € × 12 mois → SJR ≈ 82,19 € → ARE ≈ 46,84 €/jour (57 % × SJR)
  • Salaire brut mensuel 3 800 € × 24 mois → SJR ≈ 124,93 € → ARE ≈ 93,70 €/jour (plafond 75 %)
  • Période référence : 24 mois (moins de 53 ans) ou 36 mois (53 ans et plus)
  • Plancher 2025 : 31,97 €/jour (≈ 959 €/mois pour 30 jours)
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🧮 Simulateur SJR et ARE chômage 2026

Renseignez votre salaire brut mensuel moyen, la durée de la période de référence et votre âge pour obtenir votre SJR estimé et votre ARE journalière et mensuelle. Les deux formules Unédic sont calculées automatiquement — le simulateur retient la plus favorable.

Incluez primes et 13e mois lissés sur le mois. SMIC 2026 : 1 823,03 €/mois brut.

24 mois max pour les moins de 53 ans. 36 mois max pour les 53 ans et plus.

L'âge détermine la durée maximale d'indemnisation (24, 30 ou 36 mois).

Comparatif ARE selon les deux formules Unédic pour différents niveaux de SJR Formule A : 40,4%×SJR + 13,11€ Formule B : 57%×SJR SJR 50€ ARE≈33,3€ SJR 80€ ARE≈45,6€ SJR 120€ ARE≈68,4€ SJR 180€ Plaf. 75%→135€ Plafond

Lecture : pour SJR 120 €, formule B (57 %) = 68,4 €/j est plus favorable que formule A (40,4 % × 120 + 13,11 = 61,59 €/j). Pour SJR 180 €, le plafond de 75 % s'applique (135 €/j au lieu de 102,6 €/j formule A).

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Qu'est-ce que le SJR (Salaire Journalier de Référence) ?

Le Salaire Journalier de Référence est la donnée pivot du calcul de l'assurance chômage française. Il représente le revenu brut moyen journalier que percevait le salarié pendant sa période d'activité, et sert de base unique à la détermination du montant de l'Allocation de Retour à l'Emploi (ARE) qui lui sera versée par France Travail.

La notion de SJR a été introduite et codifiée aux articles R5422-1 et R5422-2 du Code du travail (anciennement gérés par le règlement annexé à la convention d'assurance chômage conclue entre l'UNEDIC, le MEDEF, la CPME et l'U2P). Depuis la loi pour le plein emploi du 18 décembre 2023, la gouvernance de l'assurance chômage a été partiellement réformée, mais les règles de calcul du SJR restent stables dans leur principe.

Qui a droit à l'ARE ?

Pour percevoir l'ARE, vous devez simultanément : être involontairement privé d'emploi (licenciement, rupture conventionnelle, fin de CDD, démission légitime reconnue par France Travail), avoir cotisé au moins 6 mois (soit 130 jours ou 910 heures travaillés) dans les 24 derniers mois (36 mois pour les 53 ans et plus), être physiquement apte à travailler, être inscrit comme demandeur d'emploi et résider en France. La démission simple n'ouvre pas de droits, sauf cas de démissions légitimes listées par le règlement général (suivre un conjoint, démission pour création d'entreprise avec projet validé CPF, etc.).

France Travail (ex-Pôle emploi) depuis le 1er janvier 2024

Pôle emploi a officiellement changé de nom pour devenir France Travail le 1er janvier 2024, conformément à la loi n° 2023-1196 du 18 décembre 2023 pour le plein emploi. Ce changement de nom ne modifie pas les droits en cours ni les règles de calcul du SJR et de l'ARE. Les demandeurs d'emploi inscrits avant le 1er janvier 2024 n'ont aucune démarche à effectuer — leurs droits continuent dans les mêmes conditions. Les documents France Travail remplacent progressivement les documents Pôle emploi (attestation employeur, notification de droits).

Formule calcul SJR : rémunérations brutes ÷ jours travaillés

SJR = Σ rémunérations brutes soumises à contributions chômage sur la PRC ÷ nombre de jours travaillés (inclus congés payés assimilés)

Numérateur : quelles rémunérations inclure ?

Le numérateur du SJR comprend l'ensemble des rémunérations brutes soumises aux contributions chômage perçues pendant la période de référence. Concrètement, on additionne :

  • Le salaire de base brut de chaque mois travaillé sur la période
  • Les heures supplémentaires brutes (majorées ou non, selon le contrat)
  • Le 13e mois si versé sur la période — au prorata si la prime est annuelle
  • Les primes de performance, de résultat ou d'objectifs soumises à cotisations
  • La prime d'ancienneté versée mensuellement
  • Les avantages en nature soumis à cotisations (voiture de fonction, logement)
  • Les indemnités de déplacement soumises à cotisations (la part excédant l'exonération URSSAF)

En revanche, sont exclus du numérateur : l'indemnité légale de licenciement, l'indemnité de rupture conventionnelle (dans la limite de l'exonération), les remboursements de frais professionnels (tickets restaurant, indemnités kilométriques dans les limites URSSAF), les indemnités compensatrices de congés payés (sauf si elles sont soumises à cotisations).

Dénominateur : comment compter les jours travaillés ?

Le dénominateur est le nombre de jours calendaires pendant lesquels vous avez travaillé sur la période de référence, augmenté des jours de congés payés légaux correspondants. La pratique Unédic consiste à additionner :

  • Jours calendaires de présence effective au travail (y compris week-ends si le contrat couvre ces jours)
  • Jours de congés payés acquis et pris (ou indemnisés) au cours de la période
  • Jours fériés chômés et payés par l'employeur

Ne comptent pas dans le dénominateur : les jours d'arrêt maladie, les jours de grève, les jours de congé parental, les jours de formation hors entreprise. Cette règle d'exclusion du dénominateur est cruciale : si vous avez eu un long arrêt maladie pendant la PRC, votre SJR sera calculé sur un diviseur réduit, ce qui augmente mécaniquement votre SJR.

Exemple de calcul SJR pour un salarié à 2 500 €/mois brut sur 12 mois

Salaire brut total PRC = 2 500 € × 12 = 30 000 €. Jours travaillés + congés : 12 mois × 30,42 jours de référence = 365 jours. SJR = 30 000 ÷ 365 = 82,19 €/jour. Cette valeur sert ensuite de base aux deux formules ARE.

Formule ARE 2026 : deux options, la plus favorable retenue

L'Unédic impose deux formules de calcul de l'ARE journalière brute. France Travail applique automatiquement celle qui donne le montant le plus élevé, dans la limite du plafond de 75 % du SJR.

FormuleCalculPour SJR = 82 €Résultat
A — Fixe + proportionnel40,4 % × SJR + 13,11 €40,4 % × 82 + 13,1146,23 €/j
B — Tout proportionnel57 % × SJR57 % × 8246,74 €/j
Montant retenu (formule la plus favorable) 46,74 €/j
Plafond théorique 75 % du SJR61,50 €/j
Plancher (2025 — à vérifier 2026)31,97 €/j

Pourquoi deux formules ?

La formule A (40,4 % × SJR + 13,11 €) intègre une partie fixe (13,11 €) qui favorise les bas salaires : pour un SJR faible, la composante fixe représente une fraction significative de l'allocation. La formule B (57 % du SJR) est purement proportionnelle et favorise les SJR élevés. Le point de bascule se situe aux alentours d'un SJR de 75,50 €/jour : en dessous, la formule A est plus favorable ; au-delà, c'est la formule B.

L'ARE est-elle brute ou nette ?

L'ARE calculée par les formules ci-dessus est une allocation brute. France Travail y applique la CSG (taux réduit de 6,2 % au-dessus du seuil d'exonération) et la CRDS (0,5 %), ce qui donne l'ARE nette versée sur votre compte bancaire. En pratique, pour un allocataire non exonéré, l'ARE nette représente environ 93,3 % de l'ARE brute.

Plafonds, plancher et limites de l'ARE 2026

Plafond de 75 % du SJR

Quelle que soit la formule retenue, l'ARE journalière ne peut pas dépasser 75 % du SJR. Ce plafond est prévu par l'article 14 du Règlement général annexé à la convention d'assurance chômage. Concrètement, pour un SJR de 180 €/jour, le plafond serait 135 €/jour. La formule B donnerait 57 % × 180 = 102,60 €/jour — inférieure au plafond, donc non plafonnée dans ce cas. En revanche, si le SJR est très élevé (ex. : dirigeant salarié à haut salaire avec SJR 300 €), la formule B donnerait 171 €/j mais le plafond de 75 % × 300 = 225 €/j ne s'applique pas car 171 < 225.

Plancher journalier (31,97 €/jour en 2025)

L'ARE ne peut pas être inférieure au plancher journalier, fixé à 31,97 €/jour au 1er juillet 2025 (soit environ 959 €/mois pour 30 jours, représentant 57 % du SMIC horaire brut 2025 × 35 h × 52/12). Ce seuil est indexé sur le SMIC et révisé régulièrement. Pour 2026, consultez le montant actualisé sur france-travail.fr. Si votre salaire était très bas et que les deux formules donnent moins que le plancher, France Travail verse quand même le plancher — à condition que vous ayez les droits ouverts.

Plafond journalier ARE (à noter pour les hauts salaires)

Il n'existe pas de plafond absolu en valeur pour l'ARE journalière en dehors du plafond des 75 % du SJR. Toutefois, les contributions chômage sont prélevées sur les salaires dans la limite de 4 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), ce qui plafonne mécaniquement le SJR des cadres très bien rémunérés.

Tableau récapitulatif des paramètres ARE 2025

ParamètreValeur 2025Base légale
Plancher ARE journalier31,97 €/jRèglement général UNEDIC art. 14
Plafond ARE (% SJR)75 % du SJRConvention assurance chômage art. 14
Taux fixe formule A40,4 %Art. R5422-2 Code du travail
Partie fixe formule A13,11 €Art. R5422-2 Code du travail
Taux formule B57 %Art. R5422-2 Code du travail
Seuil dégressivité92,40 €/j (1er nov. 2023)Décret 2023-33
Taux de dégressivité30 %Décret 2023-33, art. 2
Délai d'application dégressivitéÀ partir du 7e moisDécret 2024-853

Durée d'indemnisation 2026 : 24, 30 ou 36 mois selon l'âge

La durée maximale d'indemnisation dépend de votre âge à la date de fin de contrat :

  • Moins de 53 ans : 24 mois maximum (730 jours calendaires)
  • 53 à 54 ans : 30 mois maximum (913 jours calendaires)
  • 55 ans et plus : 36 mois maximum (1 095 jours calendaires)

La durée d'indemnisation est déterminée par la durée de cotisation constatée lors de l'ouverture des droits. Elle correspond au nombre de jours travaillés sur la période de référence, dans la limite du maximum applicable selon l'âge.

Dégressivité de 30 % à partir du 7e mois

Depuis le décret n° 2023-33 du 26 janvier 2023 (renforcé par le décret 2024-853), une dégressivité de 30 % s'applique à partir du 7e mois d'indemnisation pour les demandeurs d'emploi réunissant ces deux conditions :

  1. Leur ARE journalière brute est supérieure à 92,40 €/jour au 1er novembre 2023 (seuil révisé périodiquement)
  2. Leur ancien salaire brut mensuel de référence était supérieur à 4 916,35 €/mois brut

Après dégressivité, l'ARE réduite de 30 % ne peut pas être inférieure au plancher journalier de 31,97 €/jour. La dégressivité est suspendue pendant les périodes de maladie, maternité ou accident du travail.

Différé d'indemnisation : carence fixe et différé spécifique

Avant le premier versement, deux délais s'accumulent. Le délai de carence fixe de 7 jours calendaires s'applique systématiquement à toute nouvelle ouverture de droits. Le différé d'indemnisation spécifique est calculé sur les indemnités supra-légales versées lors de la rupture du contrat (indemnité de licenciement au-delà du minimum légal, part de l'indemnité de rupture conventionnelle dépassant le minimum légal), divisées par le salaire journalier de référence (105,4 €/j en 2023). Ce différé est plafonné à 150 jours calendaires (30 jours pour les licenciements économiques). Les deux délais s'ajoutent et sont décomptés simultanément.

Période de référence (PRC) : 24 ou 36 derniers mois selon l'âge

La période de référence calcul (PRC) est la fenêtre temporelle sur laquelle sont comptabilisés les salaires bruts et les jours travaillés pour le calcul du SJR. Elle est définie par l'article R5422-1 du Code du travail :

  • Moins de 53 ans : les 24 derniers mois (soit 730 jours calendaires) précédant la fin du dernier contrat de travail
  • 53 ans et plus : les 36 derniers mois (soit 1 095 jours calendaires) précédant la fin du dernier contrat de travail

La PRC se compte à rebours depuis la date de fin du dernier contrat (date d'effet de la rupture, pas la date de notification). Si vous avez eu plusieurs contrats successifs (CDD enchaînés, intérim, CDI précédents), les rémunérations et jours travaillés de chacun sont agrégés.

Mois inclus vs mois exclus de la PRC

Tous les mois où vous avez travaillé et perçu un salaire soumis à contributions chômage sont inclus. Sont en revanche neutres (ni inclus dans le numérateur, ni comptés dans le dénominateur) : les mois de maladie intégralement couverts par un arrêt, les mois de maternité/paternité, les périodes de congé parental à temps plein, les périodes de formation professionnelle. Cette neutralité est favorable : elle ne diminue pas le SJR et peut allonger la PRC réelle.

Cas particulier : plusieurs employeurs successifs

Si vous avez travaillé pour plusieurs employeurs sur la PRC (par exemple : CDI chez un employeur jusqu'en mars, puis CDD chez un autre jusqu'en décembre), France Travail agrège l'ensemble des rémunérations brutes soumises à contributions chômage et l'ensemble des jours travaillés de tous ces contrats. Chaque employeur devra vous remettre une attestation employeur France Travail (anciennement attestation Pôle emploi) qui détaille ces informations mois par mois.

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Cas pratiques chiffrés (3 profils représentatifs)

Cas 1 — Salarié 2 500 €/mois, 12 mois de PRC, 40 ans

Marie, 40 ans, a été licenciée après 12 mois de CDI. Son salaire brut mensuel était de 2 500 €, sans primes.

  • Rémunérations brutes PRC = 2 500 × 12 = 30 000 €
  • Jours travaillés PRC = 365 jours (12 mois complets)
  • SJR = 30 000 ÷ 365 = 82,19 €/jour
  • Formule A = 40,4 % × 82,19 + 13,11 = 33,20 + 13,11 = 46,31 €/j
  • Formule B = 57 % × 82,19 = 46,85 €/j
  • ARE retenue (formule B plus favorable) = 46,85 €/j brut
  • ARE nette estimée (−6,7 % CSG/CRDS) ≈ 43,70 €/j1 311 €/mois (30j)
  • Durée maximale = 12 mois (durée PRC < 24 mois max)

Vérification plafond 75 % : 75 % × 82,19 = 61,64 €/j — ARE 46,85 €/j < plafond ✓

Vérification plancher : 46,85 €/j > 31,97 €/j ✓

Cas 2 — Salarié 3 800 €/mois + prime annuelle 4 000 €, 24 mois, 48 ans — dégressivité

Thomas, 48 ans, a fait l'objet d'une rupture conventionnelle après 24 mois de CDI. Salaire mensuel brut 3 800 € + prime annuelle 4 000 €.

  • Rémunérations brutes PRC = (3 800 × 24) + 4 000 = 91 200 + 4 000 = 95 200 €
  • Jours travaillés PRC = 730 jours
  • SJR = 95 200 ÷ 730 = 130,41 €/jour
  • Formule A = 40,4 % × 130,41 + 13,11 = 52,69 + 13,11 = 65,80 €/j
  • Formule B = 57 % × 130,41 = 74,33 €/j
  • Plafond 75 % = 75 % × 130,41 = 97,81 €/j — ARE formule B 74,33 < plafond ✓
  • ARE brute mois 1 à 6 = 74,33 €/j
  • Dégressivité au 7e mois : ARE < 92,40 €/j → dégressivité ne s'applique pas ici (74,33 < 92,40). Thomas est à la limite mais n'atteint pas le seuil.
  • Durée maximale = 24 mois

Cas 3 — Cadre 5 500 €/mois, 36 mois PRC, 56 ans, dégressivité applicable

Isabelle, 56 ans, cadre licenciée économique après 36 mois chez son dernier employeur. Salaire brut mensuel 5 500 €, prime annuelle 6 000 €.

  • PRC = 36 mois (53 ans et plus au moment de la rupture)
  • Rémunérations brutes PRC = (5 500 × 36) + (6 000 × 3) = 198 000 + 18 000 = 216 000 €
  • Jours travaillés PRC = 1 095 jours
  • SJR = 216 000 ÷ 1 095 = 197,26 €/jour
  • Formule A = 40,4 % × 197,26 + 13,11 = 79,69 + 13,11 = 92,80 €/j
  • Formule B = 57 % × 197,26 = 112,44 €/j
  • Plafond 75 % = 75 % × 197,26 = 147,95 €/j — non atteint ✓
  • ARE brute mois 1 à 6 = 112,44 €/j3 373 €/mois
  • Dégressivité : ARE 112,44 €/j > seuil 92,40 €/j ET salaire > 4 916 €/mois → dégressivité applicable
  • ARE après 7e mois = 112,44 × (1 − 30 %) = 78,71 €/j ≈ 2 361 €/mois
  • Durée maximale = 36 mois (55 ans et plus)

Erreurs récurrentes dans le calcul du SJR et de l'ARE

Confondre salaire brut et salaire net dans le numérateur

Le SJR se calcule sur les rémunérations brutes soumises à contributions chômage, pas sur le salaire net. Utiliser le net conduirait à sous-estimer le SJR d'environ 20 à 25 %. Si vous ne connaissez pas votre salaire brut exact, référez-vous à vos bulletins de paie (ligne "Salaire brut" avant déduction des cotisations salariales) ou à votre attestation employeur France Travail.

Oublier les primes et le 13e mois dans le calcul

Beaucoup de salariés calculent leur SJR en ne tenant compte que de leur salaire de base mensuel. Or, la prime de 13e mois, les primes de performance et les primes d'ancienneté entrent dans le SJR (si elles sont soumises à contributions chômage). Un salarié à 2 000 €/mois + 13e mois = 26 000 €/an voit son SJR augmenter de 8,3 % par rapport à un salarié à 2 000 €/mois sans prime.

Mal identifier la période de référence

La PRC ne commence pas obligatoirement 24 mois avant la date de fin de contrat. Si vous avez eu des périodes d'arrêt maladie, de maternité ou de congé parental durant ces 24 mois, ces périodes sont neutralisées et la PRC peut s'étendre au-delà de 24 mois calendaires pour trouver 24 mois effectivement travaillés. De même, si vous avez eu une période de chômage antérieure entre deux emplois, seuls les mois travaillés comptent.

Ignorer le délai de carence et le différé d'indemnisation

Le délai de carence de 7 jours s'applique systématiquement. Le différé spécifique — souvent oublié en cas de rupture conventionnelle négociée avec une indemnité supérieure au minimum légal — peut atteindre 150 jours (5 mois). Un salarié qui reçoit 30 000 € d'indemnités supra-légales verra son différé spécifique = 30 000 ÷ 105,4 ≈ 285 jours, plafonné à 150 jours. Soit près de 5 mois sans ARE après la fin de contrat.

Confondre France Travail et Pôle emploi pour les documents

Depuis le 1er janvier 2024, tous les documents sont émis sous la marque France Travail. Les attestations employeur, notifications de droits et avis de situation doivent désormais porter le logo France Travail. Les documents Pôle emploi antérieurs à janvier 2024 restent valides pour vos droits, mais toute nouvelle démarche se fait sur le site france-travail.fr.

Sources officielles

  • Légifrance — Code du travail art. L5421-1 : conditions d'ouverture des droits à l'assurance chômage — legifrance.gouv.fr
  • Légifrance — Code du travail art. L5422-1 : durée et conditions d'indemnisation — legifrance.gouv.fr
  • Légifrance — Code du travail art. R5422-1 et R5422-2 : période de référence et formule SJR/ARE
  • France Travail (ex-Pôle emploi) : simulation officielle, attestation employeur — france-travail.fr
  • UNEDIC : convention d'assurance chômage, règlement général annexé, notices explicatives — unedic.org
  • Décret n° 2024-853 du 25 juillet 2024 : réforme des règles de l'assurance chômage (conditions d'éligibilité renforcées, dégressivité)
  • Loi n° 2023-1196 du 18 décembre 2023 pour le plein emploi — renommage Pôle emploi en France Travail
  • Service-public.fr — fiche pratique SJR et ARE : service-public.fr/particuliers/vosdroits/F14860

❓ Questions fréquentes sur le SJR et l'ARE

Comment calculer son SJR chômage ?

Additionnez toutes vos rémunérations brutes soumises à contributions chômage sur votre période de référence (24 ou 36 mois selon l'âge). Divisez ce total par le nombre de jours travaillés (jours calendaires effectivement travaillés + congés payés assimilés) sur la même période. Le résultat est votre SJR, base du calcul ARE.

Quel est le plancher de l'ARE en 2026 ?

Le plancher journalier de l'ARE était de 31,97 €/jour en 2025, soit environ 959 €/mois pour 30 jours. Ce montant est révisé périodiquement par France Travail en indexation sur le SMIC. Pour connaître le plancher exact en vigueur en 2026, consultez france-travail.fr ou appelez le 3949.

Comment s'applique le plafond de 75 % du SJR ?

Après avoir calculé l'ARE journalière avec les deux formules et retenu la plus favorable, France Travail vérifie que le résultat ne dépasse pas 75 % du SJR. Si c'est le cas, l'ARE est réduite à 75 % du SJR. Ce plafond concerne surtout les salariés à très haut SJR (par exemple un SJR de 50 € → plafond 37,50 €/j mais l'ARE formulée serait inférieure ; un SJR 160 € → plafond 120 €/j, formule B 91,2 € en dessous du plafond).

Qu'est-ce que la dégressivité de 30 % et à partir de quand s'applique-t-elle ?

La dégressivité de 30 % s'applique à partir du 7e mois d'indemnisation pour les demandeurs dont l'ARE dépasse 92,40 €/j (seuil au 1er novembre 2023) et dont l'ancien salaire mensuel brut était supérieur à environ 4 916 €. L'ARE réduite ne peut pas descendre sous le plancher de 31,97 €/j. La dégressivité est suspendue si vous retrouvez un emploi puis rechômez, ou pendant les arrêts maladie.

Quelle est la période de référence pour le calcul du SJR ?

La période de référence calcul (PRC) est constituée des 24 derniers mois précédant la date de fin de contrat pour les demandeurs de moins de 53 ans, et des 36 derniers mois pour les 53 ans et plus. Seuls les mois effectivement travaillés sont comptés dans le dénominateur. Les périodes de maladie, maternité, formation ou congé parental sont neutralisées.

Le SJR se calcule-t-il sur le brut ou le net ?

Le SJR se calcule sur les rémunérations brutes soumises aux contributions chômage (art. R5422-2 du Code du travail). Ce sont les montants que vous trouvez sur la ligne "Salaire brut" de vos bulletins de paie, avant déduction des cotisations salariales. N'utilisez jamais le net à payer pour calculer votre SJR — vous sous-estimeriez vos droits d'environ 20 à 25 %.

Les primes et le 13e mois sont-ils inclus dans le SJR ?

Oui. Toutes les rémunérations brutes soumises aux contributions chômage sur la PRC entrent dans le numérateur du SJR : salaire de base, heures supplémentaires, primes d'objectifs, prime d'ancienneté, 13e mois, prime de vacances soumise à cotisations. En revanche, les remboursements de frais (dans la limite des exonérations URSSAF) et les indemnités de rupture sont exclus.

Les 53 ans et les 55 ans ont-ils une durée d'indemnisation de 36 mois ?

Les 53 à 54 ans bénéficient de 30 mois maximum (pas 36). La durée de 36 mois est réservée aux demandeurs d'emploi âgés de 55 ans et plus au moment de la fin du contrat. Par ailleurs, la période de référence pour ces catégories est de 36 mois (au lieu de 24), ce qui peut significativement augmenter le SJR si les salaires récents sont plus élevés que les anciens.

Quelle différence entre France Travail et Pôle emploi pour mes droits ?

Aucune différence en termes de droits. Pôle emploi a été renommé France Travail au 1er janvier 2024 par la loi n° 2023-1196. Les règles de calcul du SJR, de l'ARE, les montants plancher et plafond, les durées d'indemnisation n'ont pas changé du seul fait de ce renommage. Les droits ouverts avant 2024 continuent dans les mêmes conditions.

Peut-on cumuler ARE et salaire d'une activité reprise ?

Oui. Le cumul emploi-ARE permet de maintenir une partie de l'allocation lorsque vous reprenez une activité salariée ou non-salariée, sous conditions de déclaration mensuelle. France Travail calcule un nombre de jours non indemnisés en fonction du salaire repris brut divisé par votre SJR. L'ARE est versée pour les jours restants et votre durée de droits s'allonge d'autant. Vous devez déclarer chaque mois votre activité sur france-travail.fr.

Qu'est-ce que le différé d'indemnisation et comment est-il calculé ?

Le différé d'indemnisation spécifique est calculé sur les indemnités supra-légales reçues lors de la rupture du contrat (la part dépassant le minimum légal de licenciement ou de rupture conventionnelle). Formule : différé = indemnités supra-légales ÷ 105,4 €/j (seuil 2023), plafonné à 150 jours pour les hors licenciement économique (30 jours pour les licenciements économiques). Ce différé s'ajoute au délai de carence fixe de 7 jours.

Qu'est-ce que l'ARCE et en quoi diffère-t-elle de l'ARE mensuelle ?

L'ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d'Entreprise) est une alternative à l'ARE mensuelle pour les demandeurs d'emploi qui créent ou reprennent une entreprise. Elle consiste à recevoir 60 % du reliquat de droits ARE non encore consommés en deux versements (au démarrage et 6 mois après). L'ARCE donne un capital immédiat mais représente moins que la totalité des droits ARE. Elle nécessite une demande auprès de France Travail et ne peut être combinée avec l'ACRE (exonération de cotisations).