Calcul production photovoltaïque : kWc, ensoleillement, rendement (2026)
Production annuelle photovoltaïque : kWh/an = Puissance (kWc) × Ensoleillement local (kWh/kWc/an) × Ratio de performance PR. En France, l'ensoleillement varie de 900 (Nord) à 1 600 kWh/kWc/an (Méditerranée) selon la carte ADEME. PR typique 0,80-0,85 pour installation sud, 30°, sans ombrage. Encadré par la NF C 15-712.
- 4 kWc à Lyon (1 300 kWh/kWc) × PR 0,82 = 4 264 kWh/an
- Panneau 400 Wc standard 2026 : surface ~2 m²
- Tarif EDF OA T2 2026 : 0,04 €/kWh pour ≤ 9 kWc (4,73 c€/kWh pour ≤ 36 kWc) — source : photovoltaique.info / CRE
- Prime autoconsommation : 80 €/kWc ≤ 9 kWc, versement unique à la 1re facturation
Calculateur production photovoltaïque
Renseignez la puissance crête, la zone géographique et l'orientation. Le calculateur estime production annuelle, revenus EDF OA et amortissement.
Comment se calcule la production photovoltaïque ?
La production annuelle d'une installation photovoltaïque suit une formule simple mais qui dépend de plusieurs facteurs locaux et techniques : la puissance crête installée (kWc), l'ensoleillement de la zone, l'orientation et l'inclinaison des panneaux, et le ratio de performance (PR) qui intègre toutes les pertes de la chaîne énergétique.
Formule de référence (Ademe / IEC 61724)
Avec orientation/inclinaison : × facteur_orient × facteur_inclinaison
L'ensoleillement local exprime les "heures équivalentes" annuelles de production à puissance crête : c'est le nombre théorique d'heures où l'installation produirait à 100 % pour atteindre la production réelle annuelle. Source officielle : carte ADEME / PVGIS Joint Research Centre Commission européenne.
Carte ADEME France métropolitaine (kWh/kWc/an)
| Zone | Ensoleillement (kWh/kWc/an) | Villes types |
|---|---|---|
| Zone 1 (Nord) | 900-1 000 | Lille, Calais, Amiens, Brest |
| Zone 2 (Île-de-France) | 1 000-1 100 | Paris, Rouen, Caen, Rennes |
| Zone 3 (Centre) | 1 100-1 200 | Tours, Nantes, Limoges, Reims |
| Zone 4 (Sud-Centre) | 1 200-1 300 | Lyon, Bordeaux, Grenoble, Dijon |
| Zone 5 (Sud-Ouest) | 1 300-1 400 | Toulouse, Pau, Bayonne, Albi |
| Zone 6 (Méditerranée) | 1 400-1 600 | Marseille, Montpellier, Perpignan, Nice |
| Zone 7 (Corse, Sud extrême) | 1 500-1 700 | Ajaccio, Bastia, Bonifacio |
Source : Carte ensoleillement ADEME 2024 / PVGIS Joint Research Centre (Commission européenne, données satellitaires 2005-2020).
2 cas pratiques chiffrés (autoconsommation France 2026)
- 15 panneaux Trina Vertex 400 Wc orientés SUD, inclinaison 30° (toit standard)
- Ensoleillement Lyon : 1 300 kWh/kWc/an × PR 0,82 = 1 066 kWh/kWc/an réel
- Production annuelle : 6 × 1 066 = 6 396 kWh/an
- Autoconsommation 40 % (foyer en activité diurne 1 jour sur 2) : 2 558 kWh évités sur facture EDF (0,1940 €/kWh tarif bleu juin 2026, source : fournisseurs-electricite.com / CRE) = 496 €/an économisés
- Surplus vendu EDF OA 3 838 kWh × 0,04 €/kWh (T2 2026, source photovoltaique.info/CRE) = 154 €/an
- Prime autoconso 6 × 80 = 480 € versement unique à la 1re facturation (non étalée sur 5 ans pour ≤ 9 kWc)
- Total gain annuel récurrent : ~650 €/an + 480 € prime unique. Investissement initial 13 500 € → amortissement ~16 ans hors prime, ~15 ans avec prime
- 7 panneaux 430 Wc orientés SO, inclinaison 25°
- Ensoleillement Marseille : 1 500 × PR 0,80 = 1 200 kWh/kWc/an
- Production annuelle : 3 × 1 200 = 3 600 kWh/an
- Batterie LiFePO4 5 kWh : autoconsommation totale ~80 % = 2 880 kWh autoconsommés
- Économie facture EDF : 2 880 × 0,1940 = 559 €/an (tarif bleu juin 2026, source : fournisseurs-electricite.com / CRE)
- Pas de revente (NF C 15-712-2 autoconso totale) — prime 3 × 80 = 240 € versement unique à la 1re facturation
- Total gain annuel récurrent : ~559 €/an + 240 € prime unique. Investissement 12 000 € (PV + batterie) → amortissement ~18 ans hors prime
Cadre légal et fiscal photovoltaïque France 2026
- NF C 15-712-1 : installations photovoltaïques raccordées au réseau public. Référence sécurité, sectionnement DC, protection foudre.
- NF C 15-712-2 : installations photovoltaïques en autoconsommation totale.
- NF C 15-712-3 : installations avec stockage par batterie.
- Arrêté tarifaire trimestriel (T2 2026 : 01/04–30/06/2026, source Open Data CRE / photovoltaique.info) : tarifs EDF OA autoconsommation avec vente surplus 0,04 €/kWh (4,00 c€/kWh) pour ≤ 9 kWc ; 4,73 c€/kWh pour ≤ 36/100 kWc. Un arrêté du 1er juin 2026 (JORF n° JORFTEXT000054190669) peut modifier des dispositions — vérifier photovoltaique.info pour le trimestre courant.
- Prime à l'investissement autoconsommation : 80 €/kWc (0,08 €/Wc) pour ≤ 9 kWc, versée en totalité à la première facturation EDF OA (versement unique — plus d'étalement sur 5 ans pour ≤ 9 kWc).
- TVA 10 % sur installation par entreprise RGE QualiPV (au lieu de 20 %).
- Exonération impôts sur revenus vente surplus pour installations < 3 kWc.
- Déclaration préalable mairie obligatoire (modification aspect extérieur). En secteur ABF (Architecte Bâtiments de France) : avis préalable 2-3 mois.
- Consuel : visa obligatoire avant raccordement ENEDIS (attestation de conformité électrique).
FAQ — Production photovoltaïque
Quelle production pour 1 kWc en France ?
En moyenne 1 kWc produit entre 900 et 1 400 kWh/an en France métropolitaine selon la zone ADEME. Nord-Pas-de-Calais 900-1000, Île-de-France 1000-1100, Rhône-Alpes 1200-1300, PACA 1400-1500, Corse 1450-1600. Hypothèses : sud, 30°, sans ombrage, PR 0,80-0,85.
Combien de panneaux pour 3 kWc ?
Avec panneaux 400 Wc (standard 2026) : 3 000 / 400 = 8 panneaux. Avec 500 Wc : 6 panneaux. Surface : 8 × 2 m² = 16 m². Production attendue 3 000-4 200 kWh/an.
Quelle puissance pour une maison de 100 m² ?
Conso moyenne maison 4 personnes 100 m² chauffage gaz : 4 500 kWh/an. Avec PAC : 8 000-12 000 kWh/an. Autoconsommation 70 % conso diurne : 3 à 6 kWc. Autoconso + revente surplus : 6 à 9 kWc.
Quel est le tarif de rachat EDF OA en 2026 ?
T2 2026 (01/04–30/06/2026, source Open Data CRE / photovoltaique.info) : 4,00 c€/kWh (0,04 €/kWh HT) pour ≤ 9 kWc (≤ 3 kWc et 3–9 kWc ont le même tarif depuis le 28/03/2025). Pour ≤ 36 kWc et ≤ 100 kWc : 4,73 c€/kWh au T2 2026. Prime autoconsommation : 80 €/kWc versée en totalité à la première facturation (versement unique). Vérifier l'arrêté en vigueur sur photovoltaique.info — un arrêté du 1er juin 2026 peut modifier certaines dispositions.
Quelle inclinaison et orientation optimale ?
SUD strict = 100 %. SE/SO = 95 %. Est/Ouest = 80-85 %. Inclinaison 30-35° optimum annuel France métropolitaine. Toit plat 5-10° = 90 %. En autoconsommation, l'est-ouest peut être préférable car elle étale la production.
Qu'est-ce que le ratio de performance (PR) ?
PR = Production réelle / Production théorique. Pertes : onduleur 3-5 %, câblage DC 1-2 %, températures hautes 5-10 %, ombrage 0-15 %, salissures 2-5 %. PR cible installation neuve : 0,80-0,85. PR < 0,75 = problème à investiguer.
Combien coûte une installation photovoltaïque en 2026 ?
Installation RGE QualiPV : 3 kWc = 7 000-9 000 € TTC, 6 kWc = 11 000-15 000 € TTC, 9 kWc = 15 000-20 000 € TTC. Aides : prime autoconsommation 80 €/kWc pour ≤ 9 kWc (versement unique à la 1re facturation), TVA 10 %, exonération impôts sur les revenus de vente du surplus pour installations < 3 kWc.
Quelle production en hiver vs été ?
Variation mensuelle : décembre 3-5 % de la production annuelle, janvier 4-6 %, juillet 12-15 %, août 12-14 %. Rapport été/hiver = 3 à 4. C'est pourquoi l'autoconsommation totale annuelle est rare sans batterie.
Norme NF C 15-712 : qu'est-ce que c'est ?
NF C 15-712-1 : installations PV raccordées réseau. NF C 15-712-2 : autoconsommation totale (sans injection). NF C 15-712-3 : avec stockage batterie. Conformité obligatoire pour visa Consuel et raccordement ENEDIS.
Quelle surface de toiture pour 6 kWc ?
Surface utile : ~30-35 m² de toit pour 6 kWc avec panneaux 400 Wc (2 m² × 15 panneaux). Avec 500 Wc : ~25-30 m² (12 panneaux). Vérifier portance toiture (charpente bois standard supporte 15-20 kg/m²).
Faut-il une autorisation pour installer des panneaux ?
Maison individuelle : déclaration préalable de travaux (DP) en mairie obligatoire, instruction 1 mois. En secteur ABF : avis préalable 2-3 mois. Copropriété : vote majorité absolue AG (article 25 loi 10 juillet 1965). Amende jusqu'à 6 000 €/m² + démontage si non-respect.
Comment maximiser l'autoconsommation ?
5 leviers : (1) décaler la consommation aux heures d'ensoleillement, (2) installer un routeur PV (MyLight, Solar Router), (3) ajouter une batterie 5-10 kWh (~5 000-10 000 € HT), (4) recharger un VE en journée, (5) dimensionner P_crête à 80 % de la consommation diurne.
Combien produit un panneau de 400 W par jour ?
Un panneau monocristallin 400 Wc produit en moyenne 1,1 à 1,5 kWh/jour sur la moyenne annuelle France métropolitaine (selon zone climatique et orientation). En été en plein sud : 2,0 à 2,5 kWh/jour. En décembre : 0,3 à 0,5 kWh/jour. Production journalière théorique pleine puissance (5 h équivalents soleil STC) = 400 × 5 / 1 000 = 2 kWh, ramenée à 1,3 kWh/jour en moyenne annuelle après PR 0,82 et variations saisonnières (sources : O2 Toit 30/07/2024, Hellowatt).
Productible local kWh/kWc/an : valeurs par zone climatique ADEME
Le productible local est le facteur le plus déterminant pour estimer la production annuelle (formule : production kWh/an = puissance kWc × productible kWh/kWc/an). Valeurs ADEME / PVGIS pour panneau orienté sud, incliné 30°, PR 0,80 : Lille / Strasbourg ≈ 950 kWh/kWc · Paris / Rennes ≈ 1 050 kWh/kWc · Nantes / Bordeaux / Lyon ≈ 1 150 kWh/kWc · Toulouse / Avignon ≈ 1 280 kWh/kWc · Marseille / Nice / Perpignan ≈ 1 400 kWh/kWc · Ajaccio / Corse ≈ 1 500 kWh/kWc. À Lille, une installation 6 kWc produit ~5 700 kWh/an. À Marseille, la même 6 kWc produit ~8 400 kWh/an (+47 %). Pour vérifier votre adresse exacte, utiliser l'outil officiel PVGIS de la Commission Européenne (re.jrc.ec.europa.eu/pvg_tools/) qui croise irradiation satellite SARAH-2 et orientation/inclinaison réelle.
Dégradation des panneaux photovoltaïques dans le temps : impact sur la production et la rentabilité
Un panneau photovoltaïque ne produit pas la même quantité d'électricité tout au long de sa vie. La dégradation des performances est un phénomène physique inévitable, mais fortement variable selon la qualité du module. Le comprendre permet de prévoir précisément la production sur 25 ans et de comparer honnêtement les offres des installateurs.
Les deux types de dégradation : LID et dégradation linéaire
La dégradation se divise en deux phases distinctes :
- LID (Light-Induced Degradation) — 1ère année : lors des premières expositions au soleil, le silicium cristallin perd une fraction de sa puissance nominale par réaction de défauts induits par la lumière. Les panneaux standard perdent 1 à 3 % la première année. Les modules LeTID (Light and Elevated Temperature Induced Degradation) peuvent atteindre 3 à 5 % en première année si mal conçus. Les panneaux Tier 1 certifiés (ex. LONGi, Trina Solar, Jinko) garantissent une LID inférieure à 2 % la première année.
- Dégradation annuelle linéaire (années 2-25) : après la première année, la perte est régulière et beaucoup plus faible. Les panneaux Tier 1 (TOP Con, HJT, PERC avancé) garantissent contractuellement une dégradation inférieure à 0,40-0,55 % par an. Les modules d'entrée de gamme dégradent à 0,70-0,90 % par an. La norme industrielle IEC 61215 fixe un test de vieillissement accéléré mais ne garantit pas le taux de dégradation réel.
Garantie de puissance 25 ans
Les fabricants Tier 1 proposent désormais deux types de garantie :
- Garantie de puissance : puissance minimale garantie après N ans. Exemple LONGi Hi-MO 6 : puissance après 25 ans ≥ 84,8 % de la puissance nominale initiale. Pour un panneau 400 Wc, cela signifie au minimum 339 Wc à 25 ans.
- Garantie produit (matériel) : couvre les défauts de fabrication. Standard marché : 12-15 ans matériel, parfois 25 ans chez les grandes marques.
Impact chiffré de la dégradation sur la production sur 25 ans
| Qualité panneau | LID an 1 | Dégradation/an (an 2-25) | Production cumulée 25 ans (base 100) | Puissance résiduelle an 25 |
|---|---|---|---|---|
| Tier 1 premium (TOPCon / HJT) | −1,5 % | −0,40 %/an | ~92,3 | ≥ 85 % |
| Tier 1 standard (PERC) | −2,0 % | −0,55 %/an | ~88,9 | ~81 % |
| Panneau standard sans garantie | −3,0 % | −0,80 %/an | ~82,0 | ~75 % |
Exemple concret : une installation 6 kWc à Lyon (productible 1 300 kWh/kWc) produit 7 800 kWh/an en année 1. Avec un panneau Tier 1 premium (+0,40 %/an de dégradation), elle produira 6 630 kWh à l'année 25 (−15 %). Avec un panneau sans garantie (+0,80 %/an), elle ne produira que 5 850 kWh à l'an 25 (−25 %). Sur 25 ans, l'écart cumulé représente plus de 20 000 kWh, soit environ 5 000 € de revenus perdus (au tarif moyen EDF 0,25 €/kWh).
Conseil : exiger contractuellement de votre installateur la fiche technique du panneau (datasheet), le taux de dégradation garanti, et la garantie de puissance à 10 et 25 ans. Un installateur sérieux mentionnera systématiquement le taux de dégradation dans l'étude de productible.
Sources : IEC 61215 (critères d'approbation des modules), datasheets LONGi Hi-MO 6 (dégradation 0,40 %/an garantie), Trina Solar Vertex S+ (0,40 %/an), Jinko Tiger Neo (0,40 %/an), ADEME guide autoconsommation.
Entretien et maintenance d'une installation photovoltaïque résidentielle
Un panneau photovoltaïque ne se répare pas lui-même. Si l'installation est souvent présentée comme "sans entretien", la réalité est plus nuancée : une surveillance régulière et un entretien minimal permettent de maintenir le ratio de performance (PR) à son niveau optimal et d'identifier les pannes avant qu'elles ne s'aggravent.
Nettoyage des panneaux
Les salissures (poussière, fientes d'oiseaux, feuilles mortes, lichens) peuvent réduire la production de 5 à 20 % selon la localisation et l'inclinaison du toit. En pratique :
- Panneaux inclinés ≥ 15° : la pluie suffit dans la plupart des régions. Un nettoyage annuel préventif est recommandé en cas de fort ensoleillement ou de présence d'arbres proches.
- Panneaux à faible inclinaison (≤ 10°) : nettoyage 2 fois par an conseillé car les salissures stagnent. Utiliser de l'eau déminéralisée (eau du robinet laisse des dépôts calcaires), brosse souple, sans produit chimique (abîmerait l'antireflet). Ne jamais utiliser un karcher haute pression.
- Coût moyen nettoyage professionnel : 80-200 € selon la surface et l'accessibilité (travaux en hauteur).
Surveillance et monitoring de l'onduleur
La majorité des onduleurs modernes (SMA, Enphase, SolarEdge, Huawei) intègrent un système de monitoring connecté permettant de suivre la production en temps réel via une application mobile. Ce monitoring est crucial car :
- Une panne d'onduleur non détectée peut coûter plusieurs centaines d'euros de production perdue avant la prochaine facture EDF OA.
- Une chute soudaine de PR (exemple : PR 0,85 → 0,65 après une tempête) indique souvent un câble DC arraché, un panneau fissuré ou un connecteur MC4 défectueux.
- Contrôle recommandé : vérification hebdomadaire du tableau de bord, comparaison production réelle vs production simulée (disponible sur PVGIS pour votre localisation).
Garanties et coûts récurrents
| Composant | Durée de vie typique | Garantie standard | Coût remplacement |
|---|---|---|---|
| Panneaux | 30-40 ans | 25 ans puissance / 12-25 ans produit | 150-300 €/panneau |
| Onduleur string | 15-20 ans | 5-10 ans (extensible) | 800-2 000 € |
| Micro-onduleur (Enphase) | 25 ans | 25 ans | 150-250 € / unité |
| Batterie LiFePO4 | 8-12 ans (3000-5000 cycles) | 10 ans / 70 % capacité | 2 000-5 000 € / 5 kWh |
| Connecteurs MC4 | 20-25 ans | — | 50-150 € (forfait technicien) |
Budget maintenance annuel estimé : nettoyage 100 € + contrôle électrique RGE 150 € (tous les 5 ans = 30 €/an) + provision remplacement onduleur (amortissement sur 15 ans = ~80-130 €/an pour un onduleur 1 000-2 000 €) = environ 200-260 €/an de charges récurrentes à intégrer dans le calcul de rentabilité réelle.
Sources : guide technique ADEME autoconsommation photovoltaïque (2023), fabricants SMA, Enphase, Huawei ; Observatoire des Energies Renouvelables (OBS'ER).
Autoconsommation collective et communautés énergétiques : le cadre légal en France
Depuis la loi ELAN de novembre 2018, l'autoconsommation photovoltaïque ne se limite plus à un seul foyer. Il est désormais légalement possible de partager la production d'une installation entre plusieurs consommateurs voisins — c'est l'autoconsommation collective. Ce dispositif est en pleine expansion et peut transformer radicalement la rentabilité d'une installation de plus grande puissance.
Principe de l'autoconsommation collective (ACC)
L'autoconsommation collective repose sur un opérateur de groupement chargé de répartir la production entre les participants selon une clé de répartition fixée à l'avance dans le contrat :
- Qui peut y participer ? Tout consommateur (particulier, PME, bailleur social, collectivité) situé dans un périmètre de 2 km autour de l'installation productrice, raccordé au même poste de transformation électrique HTB/HTA/BT (arrêté du 21 novembre 2019).
- Périmètre élargi depuis 2023 : pour les installations en zone rurale ou en montagne, le périmètre peut être étendu à 20 km avec accord du préfet (ordonnance n° 2021-236 du 3 mars 2021).
- Comment ça marche concrètement ? L'énergie produite transite par le réseau ENEDIS. Un opérateur de groupement (souvent le producteur ou une société créée ad hoc) reçoit les données de compteurs Linky des participants et calcule chaque heure quelle fraction de la production revient à chaque consommateur. ENEDIS déduit automatiquement cette énergie de la facture des participants.
Tarifs TURPE et économies réalisables
En autoconsommation collective, les participants bénéficient d'une réduction du TURPE (Tarif d'Utilisation des Réseaux Publics d'Électricité) sur la part autoconsommée. Cette réduction est proportionnelle à la distance entre producteur et consommateur :
- Même immeuble ou bâtiment : réduction maximale du TURPE BT (jusqu'à −80 % sur la part réseau pour la part autoconsommée)
- Même poste HTA/BT, périmètre court (< 2 km) : réduction TURPE BT partielle
- Périmètre élargi (rural, > 2 km) : réduction TURPE HTA/HTB, plus faible
En pratique, une opération ACC bien dimensionnée permet aux participants d'acheter l'énergie solaire 20 à 40 % moins cher que le tarif EDF réglementé (tarif bleu 0,1940 €/kWh en juin 2026, source CRE), et au producteur de maximiser la valorisation de sa production sans recourir à la vente surplus à 0,04 €/kWh seulement (tarif EDF OA T2 2026 pour ≤ 9 kWc).
Exemples d'opérations ACC en France
- Copropriété + commerces : un immeuble de 20 logements installe 50 kWc en toiture et partage la production avec les commerces du rez-de-chaussée. Économie moyenne : 200-400 €/an par logement sur la part autoconsommée.
- Lotissement 10 maisons : une maison productrice installe 9 kWc et partage 50 % de sa production avec 3 voisins. Chacun économise ~80-120 €/an sur sa facture.
- ZAC industrielle : une entreprise couvre sa toiture de 200 kWc et cède une partie à des PME voisines. Le surplus est vendu EDF OA au tarif >500 kWc (inférieur au tarif résidentiel).
Comment se lancer : créer un groupement ACC nécessite (1) désigner un opérateur de groupement, (2) signer un contrat de répartition entre participants, (3) notifier ENEDIS via leur formulaire dédié, (4) obtenir l'accord de raccordement. Durée totale de mise en place : 3 à 6 mois. Des opérateurs spécialisés (Enogrid, Commown, Planète Oui) proposent des services clé en main.
Sources : loi ELAN n° 2018-1021 du 23 novembre 2018, art. L315-2 du Code de l'énergie ; arrêté du 21 novembre 2019 relatif à l'autoconsommation collective ; ordonnance n° 2021-236 du 3 mars 2021 (périmètre élargi) ; ENEDIS, guide raccordement ACC 2024.
Vendre ou autoconsommer : l'arbitrage financier en 2026
La question revient systématiquement lors de tout projet photovoltaïque résidentiel : vaut-il mieux injecter toute la production sur le réseau (vente totale), tout autoconsommer ou opter pour l'autoconsommation avec vente du surplus ? La réponse dépend des tarifs EDF OA en vigueur, du prix de l'électricité sur votre contrat et de votre profil de consommation diurne.
Tarifs EDF OA T2 2026 (01/04/2026–30/06/2026, Open Data CRE / photovoltaique.info)
Les tarifs d'obligation d'achat (OA) sont fixés chaque trimestre par arrêté ministériel publié au Journal officiel. Pour les installations dont la demande complète de raccordement est déposée au T2 2026 (entre le 1er avril et le 30 juin 2026) :
| Puissance installée | Vente totale | Tarif surplus (autoconso) | Prime autoconsommation |
|---|---|---|---|
| ≤ 3 kWc | option marginale depuis 2025 — voir photovoltaique.info | 0,04 €/kWh (4,00 c€/kWh HT) | 80 €/kWc — versement unique à la 1re facturation |
| 3 à 9 kWc | option marginale depuis 2025 — voir photovoltaique.info | 0,04 €/kWh (4,00 c€/kWh HT) | 80 €/kWc — versement unique à la 1re facturation |
| 9 à 36 kWc | voir photovoltaique.info | 0,0473 €/kWh (4,73 c€/kWh HT) | 80 % versé la 1re année, 5 %/an les 4 années suivantes |
Source : Open Data Commission de régulation de l'énergie (CRE) / photovoltaique.info, arrêté tarifaire T2 2026 (01/04/2026–30/06/2026). C'est la date de demande complète de raccordement qui détermine le trimestre. Un arrêté du 1er juin 2026 (JORF n° JORFTEXT000054190669) peut modifier certaines dispositions — vérifier photovoltaique.info pour le trimestre courant.
Pourquoi l'autoconsommation avec surplus est presque toujours plus rentable
Le tarif bleu d'EDF (option Base 6 kVA) s'établit à 0,1940 €/kWh en juin 2026 (source : fournisseurs-electricite.com/CRE, mis à jour 10 juin 2026, après la baisse de −20 % de février 2025 puis −0,6 % en février 2026). Chaque kWh autoconsommé vous fait donc économiser 0,1940 €, contre seulement 0,04 € reçus en vente EDF OA pour ≤ 9 kWc. La différence est encore plus frappante qu'avant : l'autoconsommation vaut près de 5 fois plus que la revente du surplus sur le réseau. Résultat : l'argument en faveur de l'autoconsommation maximale est renforcé, même si le tarif bleu a baissé.
En pratique, maximiser l'autoconsommation revient à décaler les usages électriques vers les heures de production solaire (11 h–16 h) : lave-linge, lave-vaisselle, chargement véhicule électrique, pompe à chaleur. Un taux d'autoconsommation de 40 % est réaliste sans batterie pour un foyer actif le week-end et ayant des équipements programmables. Avec une batterie LiFePO4 de 5 à 10 kWh, ce taux peut monter à 70–80 %.
La vente totale reste pertinente dans un seul cas : les grandes installations (>9 kWc) adossées à des contrats d'obligation d'achat historiques signés avant 2020, qui bénéficient de tarifs figés sur 20 ans nettement supérieurs aux tarifs actuels. Pour les nouvelles installations résidentielles, l'autoconsommation avec vente du surplus est le schéma dominant.
Production mensuelle type selon la courbe PVGIS France (% de la production annuelle)
Le répartition mensuelle de la production est asymétrique : l'été concentre la majorité de l'énergie, tandis que décembre et novembre contribuent peu. Le tableau ci-dessous reflète la courbe PVGIS (Joint Research Centre, Commission européenne) pour une installation orientée plein sud, inclinée à 30°, en France métropolitaine.
| Mois | % production annuelle | kWh pour 3 kWc (3240 kWh/an) | kWh pour 6 kWc (6480 kWh/an) |
|---|---|---|---|
| Janvier | 4 % | 130 | 259 |
| Février | 6 % | 194 | 389 |
| Mars | 8 % | 259 | 518 |
| Avril | 10 % | 324 | 648 |
| Mai | 12 % | 389 | 778 |
| Juin | 13 % | 421 | 842 |
| Juillet | 13 % | 421 | 842 |
| Août | 12 % | 389 | 778 |
| Septembre | 10 % | 324 | 648 |
| Octobre | 7 % | 227 | 454 |
| Novembre | 3 % | 97 | 194 |
| Décembre | 2 % | 65 | 130 |
| Total annuel | 100 % | 3 240 kWh | 6 480 kWh |
Distribution mensuelle selon les coefficients saisonniers PVGIS (Joint Research Centre, Commission européenne), outil disponible sur re.jrc.ec.europa.eu. Hypothèses : inclinaison 30°, orientation plein sud, PR 0,80, France métropolitaine hors Corse. Les valeurs réelles varient selon la zone géographique (±15 %) et les conditions météo annuelles.
Cette saisonnalité explique pourquoi le dimensionnement d'une installation photovoltaïque se fait toujours sur la production annuelle et non sur un mois de pointe. Dimensionner pour les mois de juin-juillet conduirait à une installation surdimensionnée 9 mois sur 12, générant un surplus non valorisé. L'approche recommandée est d'aligner la puissance installée sur la consommation annuelle divisée par le ratio kWh/kWc local.
Sources officielles et références
- NF C 15-712-1, 712-2, 712-3 : Installations photovoltaïques (réseau, autoconsommation totale, stockage).
- Arrêté tarifaire trimestriel autoconsommation avec vente surplus (JORF, mis à jour S1/S2/S3/S4 chaque année).
- ADEME — Carte ensoleillement France 2024.
- PVGIS (Joint Research Centre, Commission européenne) : outil officiel européen d'estimation de production photovoltaïque.
- EDF OA : obligation d'achat — service public de rachat d'électricité photovoltaïque résidentielle.
- Photovoltaique.info (HESPUL / ADEME) : centre de ressources photovoltaïque français.
- RGE QualiPV : qualification professionnelle obligatoire pour bénéficier des aides photovoltaïque.
- Hellowatt — Comment calculer la production de vos panneaux solaires ? (1 kWc = 800-1 400 kWh/an).
- Effy — Comment calculer la production de vos panneaux solaires (moyennes nationales 900-1 400 kWh/kWc/an).
- Terre Solaire — Rentabilité panneau solaire (productible 100 kWc × 1 100 kWh = 110 000 kWh/an).
- O2 Toit (30/07/2024) — Production panneau solaire par jour (panneau 400 W ≈ 1,3 kWh/jour).
Dernière vérification : . Rédigé par Thomas Dubois, électricien certifié IRVE / RGE QualiPV.
Thomas Dubois est électricien indépendant 14 ans d'expérience, certifié IRVE niveau 3 et RGE QualiPV. Il intervient sur l'autoconsommation photovoltaïque résidentielle (3 à 9 kWc) et le raccordement IRVE.
Voir le profil complet →Disclaimer : Estimations basées sur cartes ADEME et hypothèses standards. Production réelle dépend de l'ensoleillement annuel, ombrages locaux, état du toit. Étude de productible par installateur RGE QualiPV recommandée avant tout projet.