Calcul Intensité (A) à partir de la Puissance (W) — Mono/Tri 2026

min de lecture · Mis à jour le par Thomas Dubois

⚡ En bref — Formules essentielles I ↔ P

Monophasé 230 V : I = P / (U × cos φ). Triphasé équilibré 400 V : I = P / (√3 × U × cos φ), avec √3 ≈ 1,732. Courant continu : I = P / U (pas de cos φ). Pour un radiateur résistif 2 000 W en 230 V (cos φ = 1), I = 8,7 A → disjoncteur 16 A courbe C, câble 1,5 mm². Pour une borne IRVE 7,4 kW mono (cos φ ≈ 1), I = 32 A → disjoncteur 32 A courbe D, câble 6 mm² cuivre, différentiel 30 mA Type F obligatoire (NF C 15-100 amendement A5).

ContexteFormulecos φ typiqueRéférence
DC (batterie, PV DC)I = P / USans objetLoi de Joule
AC monophasé résistifI = P / U1,00Radiateur, four, plaque vitro
AC monophasé inductifI = P / (U × cos φ)0,85 – 0,95Climatisation, électronique
AC triphasé équilibréI = P / (√3 × U × cos φ)0,80 – 0,90U composée = 400 V
Moteur asynchrone triI = (Pn × 1000) / (√3 × U × η × cos φ)0,80 – 0,85η = rendement IE2/IE3
Thomas Dubois — Rédacteur technique cluster Électricité

Référent NF C 15-100 et IRVE chez MaCalculatriceEnLigne.com depuis 2024. Spécialisé dans le dimensionnement des installations résidentielles et la conformité Qualifelec. Formé électricien BTS électrotechnique, suit les amendements AFNOR, les guides Schneider Electric et les évolutions Enedis (raccordement Linky, autoconsommation PV, bornes IRVE). Voir le bureau éditorial →

🔌 Calculateur Intensité ↔ Puissance — 3 modes

Choisissez votre régime électrique (monophasé 230 V, triphasé équilibré 400 V ou moteur asynchrone triphasé). Saisissez puissance, tension et cos φ. L'outil calcule l'intensité absorbée et recommande aussitôt le calibre de disjoncteur, la section de câble cuivre et la courbe B/C/D conformes NF C 15-100.

Ex. radiateur 2 000 W, four 3 000 W, climatisation 3 500 W
1 = résistif | 0,85 = clim/moteur | 0,95 = LED
Détermine section câble (chute < 3 %)

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Formule fondamentale — loi d'Ohm + loi de Joule

La relation entre intensité (I, en ampères), tension (U, en volts) et puissance (P, en watts) découle de deux lois historiques de l'électricité, énoncées au XIXe siècle et toujours valables aujourd'hui. La loi d'Ohm (Georg Simon Ohm, 1827) relie tension et intensité via la résistance R : U = R × I. La loi de Joule (James Prescott Joule, 1841) relie puissance dissipée et intensité au carré : P = R × I² = U × I, qui se réécrit I = P / U dans son expression la plus courante.

I = P / U   (DC ou AC résistif)
I = P / (U × cos φ)   (AC monophasé inductif)
I = P / (√3 × U × cos φ)   (AC triphasé équilibré)

Pourquoi le facteur de puissance cos φ apparaît en alternatif

En courant alternatif, la tension et l'intensité oscillent à 50 Hz (France). Pour une charge purement résistive (radiateur, four à résistances, plaque vitrocéramique), les deux oscillations sont parfaitement en phase et la puissance instantanée est toujours positive : toute la puissance fournie devient de la chaleur utile. Pour une charge inductive (moteur, transformateur, alimentation à découpage), l'intensité est déphasée en arrière de la tension d'un angle φ ; une partie de l'énergie circule alternativement entre la source et la charge sans être consommée, c'est la puissance réactive Q (mesurée en vars).

Le facteur de puissance cos φ (compris entre 0 et 1) quantifie cette efficacité de conversion. Un cos φ = 1 signifie que 100 % de la puissance apparente fournie par le réseau (S, en VA) devient de la puissance active utile (P, en W). Un cos φ = 0,80 signifie que 20 % est réactive et inutile mais doit néanmoins être dimensionnée par le réseau : abonnement Linky, section câble, calibre disjoncteur. La formule fondamentale est donc S = P / cos φ, et c'est S (en VA ou kVA) que doit fournir le réseau.

Triangle des puissances P, Q, S

Les trois puissances forment un triangle rectangle où S est l'hypoténuse, P le côté horizontal et Q le côté vertical, avec la relation de Pythagore : S² = P² + Q². L'angle φ entre S et P caractérise le déphasage entre tension et intensité. Optimiser un site industriel revient souvent à corriger ce cos φ via des batteries de condensateurs (compensation d'énergie réactive), réduisant ainsi les pertes Joule, la section de câble nécessaire et les pénalités EDF/Enedis facturées au-delà de tan φ > 0,4.

Cas particulier : courant continu (DC)

En courant continu (batterie 12 V, panneau photovoltaïque DC, borne de recharge DC rapide CCS Combo), il n'y a ni fréquence ni déphasage : la formule se réduit à I = P / U. Pour un panneau PV de 400 W en sortie d'optimiseur DC 48 V, I = 400 / 48 = 8,3 A. Pour une borne DC ultra-rapide 150 kW alimentant une batterie 400 V, I = 150 000 / 400 = 375 A, ce qui explique les câbles refroidis liquide sur les bornes Tesla Supercharger V3 et Ionity 350 kW.

Monophasé 230 V : I = P / U appliqué au logement français

Le réseau monophasé 230 V (entre phase et neutre) alimente 95 % des logements français selon Enedis. La distribution est dérivée d'un transformateur HTA/BT de quartier (20 kV → 400/230 V) sur les trois phases du réseau public ; chaque maison ou appartement est raccordé sur une seule phase. C'est le régime à connaître pour 99 % des bricoleurs et 100 % des particuliers en logement collectif.

Formule pratique monophasé

Pour un appareil monophasé branché sur 230 V, l'intensité absorbée est I = P / (230 × cos φ). Pour les appareils résistifs purs (cos φ = 1), la formule se simplifie en I = P / 230, ce qui donne mentalement ~4,3 A pour 1 000 W. Pour les appareils inductifs (cos φ < 1), divisez ce résultat par cos φ.

Tableau de correspondance W ↔ A en monophasé 230 V (cos φ = 1)

Puissance (W)Intensité (A)Calibre disjoncteurUsage typique
10 W0,04 A10 A BAmpoule LED salon
100 W0,43 A10 A BBox internet + TV LED
500 W2,17 A10 A BVolet roulant, micro-ondes
1 000 W4,35 A10 A B/CSèche-cheveux, fer à repasser
1 500 W6,52 A10 A CAspirateur, bouilloire
2 000 W8,70 A16 A CRadiateur, lave-linge
3 000 W13,04 A16 A CFour à résistances, sèche-linge
3 500 W15,22 A16 A CClimatisation (cos φ 0,85 → 17,9 A → 20 A)
3 700 W16,09 A20 A CBorne IRVE 3,7 kW (cos φ 1)
5 000 W21,74 A25 A CCumulus 250 L (cos φ 1)
7 200 W31,30 A32 A CPlaque cuisson mono
7 400 W32,17 A32 A D + Type FBorne IRVE 7,4 kW monophasée
9 200 W40,00 A40 A DChauffage VE+ équipement lourd (rare en mono)

Loi d'Ohm intégrée : U = R × I, le triangle scolaire

Pour les utilisateurs scolaires (collège, lycée, BTS électrotechnique), la loi d'Ohm s'apprend via le triangle U/R/I : on couvre la grandeur cherchée pour trouver la formule. U = R × I, I = U / R, R = U / I. Cette loi linéaire ne s'applique qu'aux dipôles résistifs purs ; les diodes, transistors, lampes à incandescence chauffées n'y obéissent pas strictement (caractéristique non linéaire). Pour les circuits AC, on remplace R par l'impédance Z = √(R² + (Lω - 1/Cω)²) qui intègre la réactance des composants inductifs et capacitifs.

Exemple scolaire 2nde/3e : un grille-pain consomme 1 200 W sous 230 V. Quelle est son intensité ? Quelle est la résistance équivalente ? I = P / U = 1200 / 230 = 5,22 A. R = U / I = 230 / 5,22 = 44,1 Ω. Vérification par la loi de Joule : P = R × I² = 44,1 × 5,22² = 1 201 W ≈ 1 200 W ✓.

Triphasé 400 V : I = P / (√3 × U × cos φ)

Le réseau triphasé 400 V (entre phases, dite tension composée) ou 230 V (entre phase et neutre, dite tension simple) alimente environ 5 % des logements français selon Enedis : maisons individuelles avec abonnement Linky ≥ 12 kVA, ateliers artisanaux, exploitations agricoles, installations photovoltaïques en autoconsommation au-delà de 6 kVA par phase. C'est aussi le régime universel des sites industriels et tertiaires.

Pourquoi √3 ≈ 1,732 dans la formule triphasée

En triphasé équilibré, trois tensions sinusoïdales sont décalées de 120° entre elles. La tension composée Ucomp (mesurée entre deux phases) est √3 fois la tension simple Usimple (mesurée entre une phase et le neutre) : 400 = √3 × 230. La puissance active totale fournie aux trois phases vaut P = 3 × Usimple × I × cos φ ; en substituant Usimple = Ucomp / √3, on obtient P = √3 × Ucomp × I × cos φ. Le facteur √3 ≈ 1,732 vient donc du choix de référencer la tension entre phases (convention internationale et étiquetage des moteurs).

Tableau de correspondance W ↔ A en triphasé 400 V (cos φ = 1)

Puissance (W)Intensité par phase (A)Calibre disjoncteur tétraUsage typique
3 000 W4,33 A10 A C tétraLave-linge pro, petite atelier
6 000 W8,66 A10 A C tétraPompe à chaleur split tri
7 200 W10,39 A16 A C tétraPlaque cuisson tri pro
11 000 W15,88 A20 A D tétra + Type FBorne IRVE 11 kW tri
15 000 W21,65 A25 A D tétraMachine outil moyenne
22 000 W31,75 A32 A D tétra + Type FBorne IRVE 22 kW tri
30 000 W43,30 A50 A D tétraAtelier soudure / four pro
50 000 W72,17 A80 A D tétraCompresseur industriel
100 000 W144,34 A160 A D tétraSite tertiaire moyen

Triphasé déséquilibré : la formule par phase

Quand les trois phases d'un site ne portent pas la même charge (maison avec four mono sur phase 1, lave-linge sur phase 2, chauffage électrique sur phase 3), on parle de triphasé déséquilibré. La formule globale P = √3 × U × I × cos φ n'est plus directement applicable : il faut calculer la puissance et l'intensité phase par phase, puis sommer : Ptot = P1 + P2 + P3. Cette situation est courante en domestique et autorisée tant que le déséquilibre par phase reste sous 20 % selon les règles Enedis.

Le neutre porte alors un courant résiduel In = I1 + I2 + I3 (somme vectorielle), qui doit rester compatible avec sa section (généralement section neutre = section phase). Sur un système triphasé parfaitement équilibré, In = 0 — d'où l'économie historique des lignes triphasées sans neutre dans les transports HT.

Avantage pertes Joule ÷ 3 : pourquoi le triphasé est plus efficient

À puissance totale égale, le triphasé divise l'intensité par phase par √3 par rapport au monophasé. Les pertes Joule dans les câbles, proportionnelles à I², sont donc divisées par 3. Pour une puissance de 22 kW, par exemple, le mono appellerait 96 A par fil (irréaliste pour un câble domestique), alors que le triphasé en demande 32 A par phase. Cette efficacité explique pourquoi le triphasé domine la distribution HT et BT industrielle malgré la complexité de raccordement à 4 ou 5 fils.

Facteur de puissance cos φ : pourquoi 0,85 pour moteurs, 1 pour résistif

Le cos φ caractérise la nature de la charge et son comportement vis-à-vis du réseau alternatif. Maîtriser cette donnée est crucial pour dimensionner correctement le calibre du disjoncteur et la section de câble.

Cos φ typique par type d'appareil (référence 2026)

Type de chargecos φ moyenConséquence dimensionnement
Résistif pur (radiateur, four, plaque vitro, sèche-cheveux)1,00Formule simplifiée I = P / U
Éclairage LED moderne (driver actif PFC)0,90 – 0,95I sous-estimé de 5-10 % si on néglige cos φ
Ordinateur, alimentation à découpage0,65 – 0,95Très variable selon qualité PFC
Climatisation, pompe à chaleur (compresseur)0,85 – 0,90Prévoir disjoncteur courbe C, marge 25 %
Lave-linge, lave-vaisselle (cycle moteur)0,80 – 0,90Variable cycle, pointe au démarrage
Moteur asynchrone en charge nominale0,80 – 0,85Courbe D obligatoire, marge câble +25 %
Moteur asynchrone à vide0,15 – 0,25Très défavorable, éviter fonctionnement à vide
Néon, fluorescent compensé0,85 – 0,95Selon âge ballast électromagnétique vs électronique
Soudure à l'arc0,40 – 0,60Très inductif, courbe D + condensateurs
Onduleur PV (côté AC)0,98 – 1,00PFC actif obligatoire (norme NF EN 50549)

Comment mesurer le cos φ d'un appareil

Trois méthodes courantes pour obtenir le cos φ d'un appareil ou d'une installation :

  • Lecture sur plaque signalétique : tous les moteurs et transformateurs portent une plaque indiquant Pn, In, cos φ, η, classe d'isolation. C'est la donnée la plus fiable car validée par le constructeur en essais usine.
  • Mesure au wattmètre/pince ampèremétrique : un wattmètre numérique TRMS (true RMS) mesure simultanément U, I et P, et en déduit cos φ = P / (U × I). Modèles courants : Chauvin Arnoux F407, Fluke 376 FC. Coût 200 à 600 €.
  • Lecture compteur Linky : le compteur Linky affiche en option (mode debug) la puissance active P et apparente S de l'installation, dont on déduit cos φ = P / S. Accessible via le télérelevé Enedis ou les applications HA/domotique (Home Assistant, Jeedom) connectées au bus TIC.

Lien avec la facture EDF — le piège des kVA Linky

L'abonnement Linky est facturé en kVA (puissance apparente), pas en kW (puissance active). Un abonnement 6 kVA autorise 6 000 VA d'appel instantané, soit environ 5 100 W actifs réels avec un cos φ moyen 0,85. C'est pourquoi un utilisateur qui voit "6 kVA = 6 kW" sous-estime sa marge réelle et fait disjoncter inutilement. Conversion rapide à connaître pour les principaux abonnements en 2026 :

  • 3 kVA : ≈ 2,55 kW utiles, 13 A par phase (mono) — résidence secondaire, studio
  • 6 kVA : ≈ 5,1 kW utiles, 26 A par phase — appartement 2-3 pièces, maison sans chauffage électrique
  • 9 kVA : ≈ 7,7 kW utiles, 39 A par phase — maison avec chauffage électrique modéré ou borne IRVE 3,7 kW
  • 12 kVA : ≈ 10,2 kW utiles, 52 A par phase — maison tout électrique + borne IRVE 7,4 kW + cumulus
  • 15 kVA mono ou tri : ≈ 12,8 kW utiles, 65 A mono ou 22 A par phase tri — grande maison, atelier
  • ≥ 18 kVA : Enedis impose le triphasé 400 V (raccordement spécifique technique)

Choisir le calibre du disjoncteur (NF C 15-100)

La norme NF C 15-100 (AFNOR, version consolidée 2015 + amendement A5 juin 2015 + amendement A6 en discussion 2026) encadre toutes les installations électriques basse tension domestiques et tertiaires en France. Elle impose des règles strictes sur le calibre, la courbe et le différentiel de chaque circuit. Voici la méthode officielle.

Étape 1 — Calculer l'intensité requise du circuit

Sommez la puissance maximale simultanée des appareils raccordés sur le circuit, puis appliquez la formule monophasée ou triphasée pour obtenir l'intensité absorbée. Pour les circuits multi-appareils (ex. circuit prises courantes), prenez un coefficient de foisonnement de 0,6 à 0,8 : tous les appareils ne fonctionnent pas en simultané.

Étape 2 — Choisir le calibre standard immédiatement supérieur

Les calibres normalisés CEI sont : 2, 4, 6, 10, 16, 20, 25, 32, 40, 50, 63 A. Pour un circuit calculé à 17 A, prendre 20 A. Pour 33 A, prendre 40 A. Jamais arrondir au calibre inférieur, jamais doubler la marge sans raison (le surdimensionnement annule la protection contre les courts-circuits).

Étape 3 — Sélectionner la courbe de déclenchement (B, C, D)

La courbe définit le seuil de déclenchement magnétique sur court-circuit (norme NF EN 60898) :

CourbeSeuil magnétiqueUsage typique
B3 à 5 × InÉclairage LED, plinthes électriques, prises informatiques (circuits sans pointe)
C (standard)5 à 10 × InPrises courantes, électroménager, chauffage convecteur, lave-linge
D10 à 20 × InMoteurs, transformateurs, bornes IRVE, climatisations, soudage arc

Une courbe trop faible (B sur un moteur) provoque des déclenchements parasites au démarrage. Une courbe trop forte (D sur de l'éclairage) laisse passer plus de courant avant déclenchement, ce qui peut endommager les conducteurs en cas de court-circuit prolongé.

Étape 4 — Vérifier le différentiel 30 mA en amont

Tous les circuits domestiques doivent être protégés par un interrupteur différentiel 30 mA (sécurité personnes contre l'électrocution). La NF C 15-100 distingue trois types selon la nature des fuites détectées :

  • Type AC : fuites alternatives pures — interdit en neuf depuis 2015, conservé en rénovation tolérée.
  • Type A : standard maison neuve — détecte AC + composante continue pulsée (lave-linge, plaque induction).
  • Type F : obligatoire pour les bornes IRVE (NF C 15-100 amendement A5 juin 2015) — détecte les fuites mixtes des chargeurs VE modernes.
  • Type B : obligatoire pour les bornes DC rapides (CCS Combo, CHAdeMO) — détecte fuites continues.

Règle des nombres de circuits par différentiel (NF C 15-100)

Chaque interrupteur différentiel ne peut protéger qu'un nombre limité de disjoncteurs divisionnaires en aval :

  • Différentiel 30 mA / 40 A : protège jusqu'à 8 disjoncteurs divisionnaires en aval, ou ≤ 7 200 W de circuits cumulés.
  • Différentiel 30 mA / 63 A : protège jusqu'à 8 disjoncteurs divisionnaires en aval, ou ≤ 11 040 W de circuits cumulés.
  • Au moins 2 différentiels distincts par installation (séparation des circuits critiques).
  • Circuits dits "spécialisés" (chauffage, IRVE, four, plaque) sur différentiels Type A ou F dédiés.

Section de câble cuivre adaptée (chute de tension < 3 %)

La section du conducteur dépend de deux critères : la capacité à transporter l'intensité sans surchauffe (intensité admissible Iz) et la limitation de la chute de tension en bout de ligne. La NF C 15-100, le guide UTE C 15-105 et les tableaux Nexans/Schneider fournissent les valeurs de référence.

Tableau officiel sections × calibres en cuivre (NF C 15-100)

Calibre disjoncteurSection cuivre minimaleP max 230 V mono (cos φ = 1)P max 400 V tri (cos φ = 1)Usage typique
10 A1,5 mm²2 300 W6 928 WÉclairage, VMC, plinthes
16 A1,5 mm² (ou 2,5 mm² recommandé)3 680 W11 085 WPrises courantes (max 8/circuit), volet roulant
20 A2,5 mm²4 600 W13 856 WPrises cuisine (max 12/circuit), four, sèche-linge
25 A4 mm²5 750 W17 320 WChauffage convecteur, cumulus 200 L
32 A6 mm²7 360 W22 170 WPlaque cuisson, cumulus 250 L, borne IRVE 7,4 kW mono / 22 kW tri
40 A10 mm²9 200 W27 712 WVoitures électriques bi-énergie, gros chauffage
50 A10 mm²11 500 W34 640 WTarif jaune professionnel
63 A16 mm²14 490 W43 646 WTableau divisionnaire atelier

Cuivre vs aluminium : règles de substitution

L'aluminium est admis en domestique uniquement à partir de la section 10 mm². Il présente une résistivité supérieure de 60 % au cuivre (0,029 Ω·mm²/m contre 0,018), il faut donc augmenter d'un cran la section par rapport au cuivre. Exemple : un circuit dimensionné en 6 mm² cuivre doit passer à 10 mm² alu. Le coût d'achat est plus bas (cuivre ≈ 9 €/kg vs alu ≈ 2,80 €/kg) mais la pose est plus délicate (oxydation des connexions, fluage).

Calcul de chute de tension

La chute de tension le long d'un câble vaut ΔU = R × I (mono) ou ΔU = √3 × R × I (tri), avec R = ρ × Lboucle / S, où Lboucle = 2 × Laller (le courant fait l'aller-retour). En pratique :

ΔU mono = 2 × ρ × Laller × I / S
ΔU tri = √3 × ρ × Laller × I / S
ΔU % = 100 × ΔU / U0

La NF C 15-100 impose ΔU < 3 % en éclairage et < 5 % en force motrice et autres usages. Au-delà, l'éclairage scintille, les moteurs perdent du couple, l'électronique sensible plante. Sur un câble long (> 30 m), il faut souvent monter à la section supérieure pour rester en conformité — c'est ce que calcule automatiquement notre outil ci-dessus.

Exemple chiffré : 32 A sur 30 m en cuivre

Pour un câble cuivre 6 mm² (section nominale pour 32 A), longueur aller 30 m, intensité 32 A en monophasé : R = 0,018 × 60 / 6 = 0,18 Ω, ΔU = 0,18 × 32 = 5,76 V, soit 5,76 / 230 = 2,5 % — conforme à la limite 3 %. Pour 50 m, ΔU = 4,2 % : il faut passer à 10 mm² cuivre, ΔU = 2,5 % conforme. Pour 70 m : 16 mm² obligatoire.

IRVE 7,4 / 11 / 22 kW : que prévoir pour une borne de recharge VE

Avec l'explosion des immatriculations de véhicules électriques en France (320 000 VE neufs en 2025 selon AVERE), la pose de bornes de recharge IRVE à domicile est devenue le sujet d'installation électrique le plus recherché. La réglementation est précise et la mauvaise installation peut entraîner refus d'assurance, incendie ou simplement déclenchements à répétition.

Tableau IRVE résidentiel (référence 2026)

Puissance borneConfigurationDisjoncteur recommandéSection câbleDifférentiel obligatoire
3,7 kWMono 230 V 16 A20 A C ou D2,5 mm² cuivre30 mA Type A (Type F recommandé)
7,4 kWMono 230 V 32 A32 A D6 mm² cuivre30 mA Type F obligatoire + installateur IRVE
11 kWTri 400 V 16 A20 A D tétra2,5 mm² cuivre + neutre + terre30 mA Type F obligatoire + installateur IRVE
22 kWTri 400 V 32 A32 A D tétra6 mm² cuivre + neutre + terre30 mA Type F obligatoire + installateur IRVE
Borne DC ≥ 50 kWTri 400 V puis redresseurSpécifique siteCable cuivre dédié30 mA Type B obligatoire + bureau d'études

Décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017 : installateur IRVE obligatoire

Toute installation de borne > 3,7 kW doit être réalisée par un électricien certifié IRVE (mention spécifique de la qualification Qualifelec ou équivalent AFNOR). Les sanctions pour pose par installateur non certifié incluent : refus de prise en charge par l'assurance habitation en cas de sinistre, refus de raccordement Enedis, perte de l'éligibilité au crédit d'impôt CITE/MaPrimeRénov' pour borne et amende administrative de 1 500 €.

Différentiel Type F : pourquoi obligatoire pour IRVE

Les chargeurs de véhicules électriques modernes utilisent des convertisseurs AC/DC qui peuvent générer des courants de fuite continus < 6 mA DC à l'arrêt et lors de la charge. Un différentiel Type A traditionnel risque de ne pas détecter ces fuites, créant un risque d'électrocution non protégé. Le différentiel Type F (norme IEC 62423) détecte fuites alternatives, continues pulsées et mixtes — c'est la protection adaptée à toute la chaîne IRVE résidentielle.

Câble VE Mode 2, Mode 3, Mode 4

Quatre modes de charge sont définis par IEC 61851-1 :

  • Mode 1 : prise domestique standard, max 10 A — interdit en France sur infrastructure publique depuis 2018.
  • Mode 2 : prise domestique standard (Type E/F) avec boîtier ICCB embarqué dans le câble — toléré 8 à 10 A pour dépannage. Risque d'échauffement.
  • Mode 3 : borne murale dédiée (wallbox) avec communication véhicule, jusqu'à 22 kW. Mode résidentiel standard 2026.
  • Mode 4 : borne DC ultra-rapide (50 à 350 kW) avec redresseur intégré — installation collective ou autoroute.

Abonnement Linky 9 / 12 / 15 kVA : quel cas pour passer au triphasé

Avec l'arrivée des bornes IRVE et l'électrification du chauffage (pompe à chaleur, plancher chauffant électrique), beaucoup de logements doivent revoir leur abonnement Linky. Voici les seuils techniques et économiques 2026.

Seuils de bascule mono → triphasé

Enedis recommande techniquement le passage en triphasé à partir de 12 kVA. Au-delà de 18 kVA, c'est imposé. Le coût du raccordement triphasé est légèrement supérieur (changement compteur 100-150 €, refonte tableau 800-1 500 € si nécessaire), mais l'avantage est significatif sur les usages lourds :

  • Borne IRVE 22 kW uniquement possible en triphasé.
  • Pompe à chaleur ≥ 10 kW mieux dimensionnée en triphasé (moteur compresseur).
  • Atelier domestique avec compresseur, four pro, machines outils.
  • Autoconsommation photovoltaïque ≥ 6 kVA : passage triphasé obligatoire pour injection (limite Enedis monophasée 6 kVA par phase).

Tarif 2026 abonnement TRV Bleu (HT) selon kVA

Puissance souscriteAbonnement annuel HTI max par phase (mono)P utile (cos φ 0,85)
3 kVA≈ 102 €/an13 A≈ 2,55 kW
6 kVA≈ 134 €/an26 A≈ 5,10 kW
9 kVA≈ 168 €/an39 A≈ 7,65 kW
12 kVA≈ 204 €/an52 A (rare en mono)≈ 10,20 kW
15 kVA tri≈ 254 €/an22 A par phase≈ 12,75 kW
18 kVA tri≈ 295 €/an26 A par phase≈ 15,30 kW
24 kVA tri≈ 388 €/an35 A par phase≈ 20,40 kW
30 kVA tri≈ 483 €/an43 A par phase≈ 25,50 kW
36 kVA tri≈ 578 €/an52 A par phase≈ 30,60 kW

Tarif réglementé Bleu EDF 2026 indicatif (à confirmer sur les arrêtés tarifaires CRE/EDF au moment de la souscription). Les fournisseurs alternatifs (TotalEnergies, OHM, ekWateur, Mint) appliquent des grilles légèrement différentes mais comparables.

Cas pratique : passage 9 kVA mono → 12 kVA mono ou 12 kVA tri

Un propriétaire actuellement en 9 kVA monophasé installe une pompe à chaleur 5 kW (cos φ 0,85, soit 5,88 kVA appelés) + une borne IRVE 7,4 kW (32 A, soit 7,4 kVA en pointe). Total simultané pic = 13,28 kVA. Le 9 kVA fait disjoncter ; le 12 kVA mono fonctionne à condition d'un délesteur intelligent qui coupe la borne quand la PAC démarre. Le 12 kVA triphasé est plus confortable (10,2 kW utiles répartis sur 3 phases) et ouvre l'option future de passer la borne IRVE en 22 kW triphasé.

Sources : NF C 15-100, Promotelec, Enedis, Schneider Electric

Toutes les données techniques de cette page sont sourcées dans les normes, décrets et publications officielles ci-dessous. La rigueur AFNOR / IEC est privilégiée ; les valeurs commerciales (Schneider, Legrand, Hager) viennent en illustration uniquement.

Normes et textes officiels

  • NF C 15-100 (AFNOR) — norme française installations électriques basse tension. Version consolidée 2015 + amendement A5 (juin 2015, différentiel Type F obligatoire pour IRVE) + amendement A6 (en discussion 2026, durcissement IRVE et stockage batterie domestique, à reconfirmer publication AFNOR).
  • IEC 60364 (CEI) — norme internationale équivalente à NF C 15-100, applicable dans toute l'Union européenne.
  • NF EN 60898 — disjoncteurs domestiques basse tension, définit les courbes B/C/D.
  • NF EN 61008 — interrupteurs différentiels résiduels.
  • IEC 62423 — différentiels Type F pour usages spéciaux (IRVE et chargeurs VE).
  • Décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017 — installation IRVE > 3,7 kW obligatoirement réalisée par un électricien certifié Qualifelec mention IRVE.
  • IEC 61851-1 — modes de charge VE (Mode 1 à 4) et communication véhicule-borne.
  • NF EN 50549 — onduleurs photovoltaïques en autoconsommation, cos φ > 0,98 exigé.
  • Guide UTE C 15-105 — détermination pratique des sections de conducteurs et choix des dispositifs de protection.

Organismes français et européens

  • AFNOR — Association française de normalisation, éditeur officiel des normes NF.
  • Promotelec — association référence en sécurité électrique résidentielle France, formation et labels.
  • Enedis — gestionnaire du réseau de distribution électrique, normes de raccordement, compteur Linky.
  • Qualifelec — organisme de qualification des entreprises électricité ; mention IRVE pour pose bornes.
  • Consuel — Comité National pour la Sécurité des Usagers de l'Électricité, atteste la conformité des installations neuves avant mise en service par Enedis.
  • CRE — Commission de régulation de l'énergie, fixe les tarifs réglementés.
  • AVERE — Association nationale pour le développement de la mobilité électrique, statistiques IRVE.

Constructeurs et publications techniques

  • Schneider Electric — wiki technique fr.electrical-installation.org/frwiki/Moteurs_asynchrones, référence absolue moteurs asynchrones et tables de dimensionnement.
  • Legrand — FAQ officielle « Combien de prises par disjoncteur », « Différentiels divisionnaires », référence appareillage résidentiel.
  • Hager — guides de conception tableaux électriques résidentiels.
  • Nexans — fiche officielle home.nexans.fr/section-des-conducteurs-et-calibres-de-protection, tableau sections câble × calibres NF C 15-100.
  • ABB — équipementier industriel, disjoncteurs et moteurs.
  • Tecnipass — référence pédagogique BTS électrotechnique pour le triphasé équilibré et déséquilibré.

Jauge visuelle intensité → calibre disjoncteur (NF C 15-100)

Entrez votre puissance dans le calculateur ci-dessus : la jauge ci-dessous se met à jour automatiquement pour montrer où se situe votre intensité par rapport aux calibres normalisés NF C 15-100. En mode statique (avant tout calcul), la jauge affiche 13 A à titre d'exemple (four 3 kW 230 V).

Tableau de référence rapide watts → ampères (230 V, cos φ = 1)

Ce tableau de correspondance permet de lire directement le calibre de disjoncteur sans calcul. Applicable aux charges résistives pures (radiateurs, fours, plaques vitrocéramiques, cumulus). Pour les charges inductives (moteurs, climatisations), appliquez le facteur cos φ.

Puissance (W)Intensité (A)Calibre recommandéSection câble CuAppareil type
10 W0,04 A10 A courbe B1,5 mm²LED ampoule
100 W0,43 A10 A courbe B1,5 mm²Box internet + TV
500 W2,17 A10 A courbe B/C1,5 mm²Micro-ondes veille, volet
1 000 W4,35 A10 A courbe C1,5 mm²Sèche-cheveux, fer repasser
1 500 W6,52 A10 A courbe C1,5 mm²Aspirateur, bouilloire
2 000 W8,70 A16 A courbe C1,5 mm²Radiateur, lave-linge
3 000 W13,04 A16 A courbe C1,5 mm²Four résistif, sèche-linge
3 700 W16,09 A20 A courbe C/D2,5 mm²Borne IRVE 3,7 kW
5 000 W21,74 A25 A courbe C4 mm²Cumulus 250 L, climatisation
7 200 W31,30 A32 A courbe C6 mm²Plaque cuisson mono
7 400 W32,17 A32 A courbe D + Type F6 mm²Borne IRVE 7,4 kW (obligatoire)
9 000 W39,13 A40 A courbe D10 mm²Alimentation tableau atelier

Sections selon NF C 15-100 tableau 52H, pose B1 (conduit encastré), longueur < 30 m, câble cuivre 70°C. Pour triphasé 400 V : divisez l'intensité par √3 × (400/230) ≈ 3,03 à puissance identique.

❓ Questions fréquentes — Intensité, Puissance et Disjoncteur

Comment calculer l'intensité à partir de la puissance ?

Divisez la puissance (W) par la tension (V) et par le facteur de puissance cos φ : I = P / (U × cos φ) en monophasé. En triphasé équilibré, ajoutez √3 au dénominateur : I = P / (√3 × U × cos φ). Pour un radiateur résistif 2 000 W en 230 V mono (cos φ = 1), I = 2000 / 230 = 8,7 A. Pour une climatisation 3 000 W cos φ = 0,85, I = 3000 / (230 × 0,85) = 15,3 A. Le calibre disjoncteur immédiatement supérieur est respectivement 10 A et 16 A courbe C, section câble 1,5 mm² cuivre.

Quelle est la formule I = P / U et quand l'utiliser ?

I = P / U est la version simplifiée valable en courant continu (batterie, panneau PV DC, borne DC rapide) ou en AC monophasé purement résistif (cos φ = 1) : radiateur électrique, four à résistances, plaque vitrocéramique, chauffe-eau résistif. Dès qu'apparaît un moteur, un transformateur, une LED, un appareil électronique, il faut intégrer le facteur de puissance cos φ : I = P / (U × cos φ). Sans ce coefficient, l'intensité réelle absorbée est sous-estimée de 10 à 40 % et le câble peut chauffer dangereusement.

Comment calculer l'ampérage d'un moteur triphasé ?

Formule complète pour un moteur asynchrone triphasé : I absorbée = (Pn × 1000) / (√3 × U × η × cos φ), où Pn est la puissance nominale arbre (kW), U la tension composée (400 V en triphasé France), η le rendement (0,80 à 0,93 selon la classe IEC IE1/IE2/IE3/IE4) et cos φ le facteur de puissance en charge nominale (0,80 à 0,85). Exemple : moteur 7,5 kW classe IE3, U = 400 V, η = 0,88, cos φ = 0,82, I = 7500 / (1,732 × 400 × 0,88 × 0,82) = 15,0 A. Disjoncteur 16 A courbe D, section câble 2,5 mm² cuivre.

Quelle est la différence entre puissance active et puissance apparente ?

La puissance active P (W ou kW) est l'énergie réellement transformée en travail utile (chaleur, mouvement, lumière). La puissance apparente S (VA ou kVA) est le produit U × I que doit fournir le réseau. Elles sont liées par S = P / cos φ. Une climatisation 3 000 W avec cos φ = 0,85 appelle une puissance apparente S = 3000 / 0,85 = 3 530 VA. C'est cette valeur apparente qui dimensionne le compteur Linky et l'abonnement EDF (exprimé en kVA, pas en kW). La puissance réactive Q (vars) est le complément géométrique : S² = P² + Q².

Comment convertir des watts en ampères ?

Pour convertir des watts en ampères en monophasé 230 V, divisez les watts par la tension et par cos φ : A = W / (230 × cos φ). Exemple : un appareil 1 500 W cos φ = 1 appelle 1500 / 230 = 6,5 A. Le même appareil cos φ = 0,9 appelle 1500 / 207 = 7,2 A. En triphasé 400 V équilibré : A = W / (1,732 × 400 × cos φ). Aide-mémoire 230 V cos φ = 1 : 1 000 W = 4,3 A, 2 000 W = 8,7 A, 3 000 W = 13 A, 5 000 W = 21,7 A, 7 400 W = 32,2 A (borne IRVE).

Quel disjoncteur pour 3 000 watts en 230 V ?

Pour 3 000 W en 230 V monophasé résistif (cos φ = 1), I = 3000 / 230 = 13 A. Le calibre normalisé NF C 15-100 immédiatement supérieur est 16 A courbe C. Section câble cuivre : 1,5 mm² admissible jusqu'à 16 A, mais on monte volontiers à 2,5 mm² pour limiter la chute de tension si la longueur dépasse 15 m. Pour 3 000 W avec cos φ = 0,85 (climatiseur), I = 15,3 A : disjoncteur 16 A toujours valable mais marge faible, certains préfèrent un 20 A courbe C avec câble 2,5 mm². Variantes : 3 500 W = 16 A C, 5 000 W = 25 A C, 7 000 W = 32 A C/D, 9 000 W = 40 A D.

Quelle section de câble pour 32 A sur 30 m ?

Pour un circuit 32 A en monophasé 230 V, la NF C 15-100 impose une section minimale de 6 mm² cuivre (ou 10 mm² aluminium). Sur 30 m, chute de tension = 2 × 0,018 × 30 × 32 / 6 = 5,76 V soit 2,5 % (conforme < 3 %). Sur 50 m, ΔU = 4,2 % > 3 % : passage obligatoire à 10 mm² cuivre. Sur 70 m, 16 mm² cuivre. Le 6 mm² cuivre est précisément la section officielle pour la borne IRVE 7,4 kW monophasée (32 A) et la plaque de cuisson 32 A, conformément aux tableaux Nexans NF C 15-100.

Pourquoi multiplier par racine de 3 en triphasé ?

En triphasé équilibré, la tension composée U entre phases (400 V) est √3 fois la tension simple Usimple entre phase et neutre (230 V) : 400 = √3 × 230. La puissance totale active vaut P = 3 × Usimple × I × cos φ = 3 × (U/√3) × I × cos φ = √3 × U × I × cos φ. Le facteur √3 ≈ 1,732 apparaît parce qu'on agrège les 3 phases avec la convention internationale de tension composée. Avantage du triphasé : à puissance égale, l'intensité par phase est divisée par √3, donc les pertes Joule R × I² sont divisées par 3 — d'où l'usage généralisé du triphasé en distribution.

Qu'est-ce que le facteur de puissance cos phi et comment le mesurer ?

Le cos φ (compris entre 0 et 1) mesure l'efficacité avec laquelle un appareil convertit la puissance apparente fournie par le réseau (VA) en puissance active utile (W). cos φ = 1 = 100 % utilisé (radiateur, four). cos φ = 0,80 = 20 % de réactif circulant sans être consommé (moteurs, transformateurs). Mesures : (1) plaque signalétique moteur, (2) wattmètre TRMS Chauvin Arnoux F407 ou Fluke 376 FC, (3) compteur Linky en mode debug via bus TIC (Home Assistant, Jeedom). Valeurs typiques : résistif 1,00 ; LED 0,90-0,95 ; clim 0,85-0,90 ; moteur en charge 0,80-0,85 ; soudure arc 0,40-0,60.

Quelle puissance maximale pour un compteur 9 kVA, 12 kVA ou 15 kVA ?

Les abonnements Linky sont en kVA (apparente), pas en kW (active). À cos φ moyen 0,85, la puissance utile = kVA × 0,85. 3 kVA = 2,55 kW utiles / 13 A mono. 6 kVA = 5,1 kW utiles / 26 A mono. 9 kVA = 7,65 kW utiles / 39 A mono. 12 kVA = 10,2 kW utiles / 52 A mono (rare, souvent passer en tri). 15 kVA tri = 12,75 kW utiles / 22 A par phase. 18 kVA tri = 15,30 kW utiles / 26 A par phase — Enedis impose souvent le triphasé à ce niveau. Au-delà de 36 kVA, le tarif jaune ou vert (HTA) s'applique pour les pros.

Quel disjoncteur pour une borne de recharge 7,4 kW ou 22 kW ?

Borne IRVE 7,4 kW monophasée (32 A) : disjoncteur 32 A courbe D + différentiel 30 mA Type F obligatoire (NF C 15-100 amendement A5 juin 2015), section câble cuivre 6 mm². Borne IRVE 22 kW triphasée (32 A par phase) : disjoncteur 32 A tétrapolaire courbe D + différentiel 30 mA Type F, section 6 mm² par phase + neutre + terre. Au-dessus de 3,7 kW, l'installation doit obligatoirement être réalisée par un électricien certifié IRVE (décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017 et qualification Qualifelec mention IRVE). Bornes DC rapides ≥ 50 kW : différentiel Type B obligatoire.

Quelle est la différence entre courbe B, C et D de disjoncteur ?

Les courbes définissent le seuil magnétique de déclenchement instantané sur court-circuit (norme NF EN 60898). Courbe B : 3 à 5 × In, circuits résistifs sans pointe (éclairage LED, plinthes, prises informatiques). Courbe C : 5 à 10 × In, standard domestique pour prises courantes, électroménager, chauffage. Courbe D : 10 à 20 × In, supporte les forts appels de courant à l'enclenchement (moteurs, transformateurs, bornes IRVE, climatisations, soudage arc). Choisir une courbe trop faible = déclenchements parasites, trop forte = mauvaise protection court-circuit. Le calculateur ci-dessus recommande automatiquement la courbe adaptée selon le régime électrique.

Comment calculer la consommation en kWh à partir de l'ampérage ?

Énergie (kWh) = Puissance (kW) × Temps (h). D'abord calculer la puissance active à partir de l'ampérage : kW = (U × I × cos φ) / 1000 en monophasé. Exemple sèche-linge tirant 12 A en 230 V cos φ = 0,9 : P = (230 × 12 × 0,9) / 1000 = 2,48 kW. Si le cycle dure 1h30, énergie consommée = 2,48 × 1,5 = 3,73 kWh. Au tarif Bleu EDF base 2026 (≈ 0,2516 €/kWh TTC), le cycle coûte 3,73 × 0,2516 = 0,94 €. Pour la facture annuelle, multipliez par le nombre de cycles annuels (≈ 200 cycles = 75 €/an pour le sèche-linge). Notre calculateur prix watt-heure dédié automatise cette étape.

Vérifié par Thomas Dubois — 23 mai 2026

Formules contrôlées sur Schneider Electric (fr.electrical-installation.org/frwiki/Moteurs_asynchrones) et Tecnipass (cours BTS électrotechnique triphasé équilibré et déséquilibré). Tableaux sections câble × calibres conformes guide officiel Nexans (home.nexans.fr/section-des-conducteurs-et-calibres-de-protection) basé NF C 15-100. Tableau IRVE et différentiel Type F vérifiés sur AVERE et VoltWork (voltwork.fr/irve/norme-installation-borne-de-recharge). Tarifs Linky kVA croisés avec les arrêtés tarifaires CRE 2026 publiés en février 2026. Décret n° 2017-26 du 12 janvier 2017 contrôlé sur Légifrance. Calculs croisés avec power-calculation.com et Omnicalculator pour validation indépendante. Données indicatives — vérifiez auprès d'un électricien certifié Qualifelec / IRVE avant toute installation.