Calcul de l'Impôt sur le Revenu au Luxembourg 2026 — Classes 1, 1a et 2
⚡ En bref — Impôt sur le revenu Luxembourg 2026
Le Luxembourg applique un barème progressif à 23 tranches allant de 0 % (jusqu'à 13 230 €) à 42 % (au-delà de 234 870 €), issu de la réforme fiscale 2025. À cet impôt s'ajoute la contribution au Fonds pour l'emploi (7 % ou 9 %) de l'impôt calculé.
| Classe | Profil | Mécanisme | Impôt total (ex. 60 000 €) |
|---|---|---|---|
| Classe 1 | Célibataire, divorcé | Barème direct | ≈ 16 400 € + contribution |
| Classe 1a | Parent isolé, veuf, 65 ans+ | Barème avec abattement | Légèrement inférieur à cl. 1 |
| Classe 2 | Couple marié / partenaires | Splitting ÷2 → barème → ×2 | ≈ 9 800 € + contribution |
⚠️ Ces estimations sont indicatives. Pour un résultat définitif incluant les ajustements d'indexation 2026, utilisez le simulateur officiel ACD.
🧮 Simulateur Impôt Luxembourg 2026 — Classes 1, 1a et 2
Entrez votre revenu imposable annuel et sélectionnez votre classe d'impôt. Le simulateur applique le barème IRPP luxembourgeois issu de la réforme fiscale 2025 (23 tranches) et calcule la contribution au Fonds pour l'emploi.
Vérifier sur guichet.lu — Déclaration de revenus Luxembourg
Le portail guichet.lu permet de déposer votre déclaration de revenus en ligne, consulter votre décompte annuel (RTS) et télécharger vos attestations fiscales. Accessible aux résidents et aux frontaliers assimilés.
Accéder à guichet.lu →Barème IRPP Luxembourg — 23 tranches (réforme fiscale 2025)
Le tableau ci-dessous reproduit intégralement le barème de la classe 1 issu de la réforme fiscale 2025, applicable aux revenus déclarés en 2026. Source : Administration des contributions directes (ACD), loi du 22 décembre 2023 portant réforme fiscale.
Chaque taux s'applique uniquement sur la fraction de revenu comprise dans la tranche correspondante — il ne s'agit pas d'un taux global. Le taux marginal le plus élevé atteint par un contribuable s'appelle le TMI (taux marginal d'imposition).
| # Tranche | Revenu imposable (€) | Taux marginal | Impôt max sur la tranche |
|---|---|---|---|
| 1 | 0 — 13 230 | 0 % | 0 € |
| 2 | 13 230 — 15 435 | 8 % | 176 € |
| 3 | 15 435 — 17 640 | 9 % | 198 € |
| 4 | 17 640 — 19 845 | 10 % | 221 € |
| 5 | 19 845 — 22 050 | 11 % | 243 € |
| 6 | 22 050 — 24 255 | 12 % | 265 € |
| 7 | 24 255 — 26 550 | 14 % | 321 € |
| 8 | 26 550 — 28 845 | 16 % | 367 € |
| 9 | 28 845 — 31 140 | 18 % | 413 € |
| 10 | 31 140 — 33 435 | 20 % | 459 € |
| 11 | 33 435 — 35 730 | 22 % | 505 € |
| 12 | 35 730 — 38 025 | 24 % | 551 € |
| 13 | 38 025 — 40 320 | 26 % | 597 € |
| 14 | 40 320 — 42 615 | 28 % | 643 € |
| 15 | 42 615 — 44 910 | 30 % | 689 € |
| 16 | 44 910 — 47 205 | 32 % | 734 € |
| 17 | 47 205 — 49 500 | 34 % | 780 € |
| 18 | 49 500 — 51 795 | 36 % | 826 € |
| 19 | 51 795 — 54 090 | 38 % | 872 € |
| 20 | 54 090 — 117 450 | 39 % | 24 710 € |
| 21 | 117 450 — 176 160 | 40 % | 23 484 € |
| 22 | 176 160 — 234 870 | 41 % | 24 071 € |
| 23 | > 234 870 | 42 % | Sur l'excédent |
Source : Administration des contributions directes (ACD), réforme fiscale 2025 (loi du 22 décembre 2023). Les seuils peuvent faire l'objet d'ajustements d'indexation pour les revenus 2026 ; consulter impotsdirects.public.lu pour les valeurs définitives.
Les 3 classes d'impôt au Luxembourg : 1, 1a et 2
Le système fiscal luxembourgeois répartit les contribuables en trois classes qui déterminent le barème applicable et les abattements disponibles. La classe est attribuée par l'ACD sur la fiche de retenue à la source (RTS) remise à l'employeur.
Classe 1 — Le régime de droit commun
La classe 1 s'applique aux célibataires, aux personnes divorcées ou séparées, et aux personnes mariées qui optent pour une imposition individuelle. C'est le régime de droit commun : le barème s'applique directement sur le revenu imposable ajusté de la personne concernée, sans mécanisme de splitting.
Exemple : un salarié luxembourgeois célibataire touchant 75 000 € de revenu imposable est classé 1. Il paie l'impôt selon les 23 tranches jusqu'à son TMI de 39 % (tranche 20, de 54 090 € à 117 450 €), plus la contribution de solidarité à 7 %.
Classe 1a — Pour les situations familiales particulières
La classe 1a concerne trois catégories de contribuables :
- Les parents isolés ayant un ou plusieurs enfants à charge ouvrant droit à la modération d'impôt pour enfant ;
- Les veufs (sous conditions de durée) ;
- Les contribuables âgés d'au moins 65 ans au 1er janvier de l'année fiscale.
La classe 1a ouvre droit à un abattement monoparental et à des crédits d'impôt spécifiques qui réduisent l'impôt net à payer. Le barème de base reste identique à la classe 1 ; c'est l'application des abattements qui crée la différence.
Classe 2 — Imposition collective des couples
La classe 2 s'applique aux couples mariés et aux partenaires légaux (PACS luxembourgeois) qui optent pour l'imposition collective. C'est la classe la plus avantageuse pour les couples avec des revenus asymétriques, grâce au mécanisme de splitting (voir section suivante).
Les deux membres du couple peuvent exercer ou non une activité professionnelle. Si les deux travaillent, ils sont en principe imposés ensemble en classe 2, avec un mécanisme de modulation de la RTS pour éviter les régularisations importantes en fin d'année.
Un couple peut, sous conditions, opter pour une imposition individuelle en classe 1 si cela s'avère plus favorable — cas rare mais possible lorsque les deux conjoints ont des revenus très proches et bénéficient chacun d'abattements significatifs.
Le splitting classe 2 — mécanisme et avantage fiscal
Le splitting est la technique de calcul appliquée en classe 2. Son principe : les revenus imposables du ménage sont divisés par 2, le barème progressif est appliqué sur cette moitié, et le résultat est multiplié par 2. Ce mécanisme compense la progressivité du barème pour les couples.
Impôt classe 2 = calcIRPP(revenu_total ÷ 2) × 2Puis contribution Fonds pour l'emploi : impôt × 7 % (ou 9 % si revenu total > 300 000 €)
Exemple chiffré — splitting sur 100 000 € de revenus
Soit un couple marié dont le revenu imposable total est de 100 000 €. En classe 2, on calcule l'impôt sur 50 000 € (demi-revenu), puis on multiplie par 2.
Calcul sur 50 000 € (tranche par tranche) :
- 0 → 13 230 € : 0 % → 0 €
- 13 230 → 15 435 € (2 205 €) : 8 % → 176 €
- 15 435 → 17 640 € (2 205 €) : 9 % → 198 €
- 17 640 → 19 845 € (2 205 €) : 10 % → 221 €
- 19 845 → 22 050 € (2 205 €) : 11 % → 243 €
- 22 050 → 24 255 € (2 205 €) : 12 % → 265 €
- 24 255 → 26 550 € (2 295 €) : 14 % → 321 €
- 26 550 → 28 845 € (2 295 €) : 16 % → 367 €
- 28 845 → 31 140 € (2 295 €) : 18 % → 413 €
- 31 140 → 33 435 € (2 295 €) : 20 % → 459 €
- 33 435 → 35 730 € (2 295 €) : 22 % → 505 €
- 35 730 → 38 025 € (2 295 €) : 24 % → 551 €
- 38 025 → 40 320 € (2 295 €) : 26 % → 597 €
- 40 320 → 42 615 € (2 295 €) : 28 % → 643 €
- 42 615 → 44 910 € (2 295 €) : 30 % → 689 €
- 44 910 → 47 205 € (2 295 €) : 32 % → 734 €
- 47 205 → 49 500 € (2 295 €) : 34 % → 780 €
- 49 500 → 50 000 € (500 €) : 36 % → 180 €
Total sur 50 000 € ≈ 7 142 €. Après splitting : 7 142 × 2 = 14 284 €. Contribution solidarité (7 %) : 14 284 × 0,07 ≈ 1 000 €. Impôt total ≈ 15 284 € (taux moyen ≈ 15,3 %).
Sans splitting, un célibataire avec 100 000 € (classe 1) paierait environ 24 600 € + contribution. L'avantage du splitting est ici de l'ordre de 9 300 € — soit 37 % d'économie — pour un couple dont un seul conjoint travaille.
L'avantage du splitting diminue si les deux conjoints gagnent des revenus similaires : quand chacun perçoit 50 000 €, le splitting n'apporte aucun avantage par rapport à deux impositions séparées en classe 1.
Contribution au Fonds pour l'emploi — impôt de solidarité
La contribution pour le Fonds pour l'emploi, couramment appelée contribution de solidarité ou impôt de solidarité, est prélevée en supplément de l'IRPP depuis 1995. Elle finance des mesures d'emploi, de formation professionnelle et de soutien aux personnes au chômage.
| Situation | Taux | Seuil de déclenchement |
|---|---|---|
| Classe 1 ou 1a — revenu standard | 7 % | Revenu imposable ajusté ≤ 150 000 € |
| Classe 1 ou 1a — hauts revenus | 9 % | Revenu imposable ajusté > 150 000 € |
| Classe 2 — revenus standards | 7 % | Revenu imposable ajusté ≤ 300 000 € |
| Classe 2 — hauts revenus | 9 % | Revenu imposable ajusté > 300 000 € |
La contribution est calculée automatiquement par l'employeur dans la RTS mensuelle et régularisée lors du décompte annuel. Elle est mentionnée séparément sur les bulletins de salaire luxembourgeois sous la ligne «Fonds pour l'emploi» ou «contribution solidarité».
Impôt total = impôt barème + (impôt barème × taux contribution)Exemple : 10 000 € × (1 + 7 %) = 10 700 €
Frontaliers France, Belgique et Allemagne — régime fiscal applicable
Le Luxembourg est le premier employeur de frontaliers de l'Union européenne par rapport à sa taille : environ 220 000 travailleurs frontaliers (frontaliers français : ~105 000 ; belges : ~50 000 ; allemands : ~50 000 au 1er janvier 2026). La fiscalité de ces travailleurs fait l'objet de conventions bilatérales spécifiques.
Frontaliers français — Convention FR-LU du 1er avril 1958
La convention fiscale franco-luxembourgeoise du 1er avril 1958 (modifiée par avenant de 2013) attribue à titre exclusif le droit d'imposition des revenus d'activité salariée au Luxembourg, dès lors que le salarié exerce son activité physiquement au Luxembourg. Conséquence :
- Le salarié frontalier français déclare ses revenus luxembourgeois en France mais ils sont exonérés de l'IR français. Toutefois, ils entrent dans le calcul du taux effectif (réserve de progressivité) : la France utilise ces revenus pour déterminer le taux applicable aux autres revenus du foyer fiscal français.
- Le frontalier doit remplir deux déclarations : la déclaration française (2042 + 2042-C avec case 8TI pour la réserve de progressivité) et la déclaration luxembourgeoise (formulaire 100 si le revenu excède le seuil de la déclaration obligatoire).
- La règle des 19 jours de télétravail : depuis l'avenant fiscal de 2011, un frontalier français peut télétravailler depuis la France jusqu'à 19 jours par an sans perdre son imposition exclusive au Luxembourg. Au-delà de 19 jours, les jours excédentaires sont imposables en France. Cette règle a été temporairement assouplie pendant la pandémie COVID-19 ; vérifier les conditions actuelles auprès de l'ACD et de la DGFiP.
Assimilation au résident luxembourgeois
Un frontalier français (ou belge/allemand) qui perçoit au moins 90 % de ses revenus professionnels au Luxembourg peut demander à être traité comme un résident luxembourgeois pour le calcul de l'impôt. Cette option lui ouvre l'accès à l'ensemble des déductions et crédits d'impôt réservés aux résidents : déduction des intérêts d'emprunt immobilier pour résidence principale en France, déduction des cotisations épargne retraite (plans épargne retraite FAPI), etc.
La demande d'assimilation se fait via le formulaire spécifique disponible sur le portail guichet.lu et doit être renouvelée chaque année.
Frontaliers belges — Convention BE-LU
La convention fiscale belgo-luxembourgeoise attribue l'imposition des revenus d'activité salariée au Luxembourg. Ces revenus sont exonérés en Belgique avec réserve de progressivité. Le régime est globalement similaire au régime français, avec des spécificités propres au droit belge (pas de règle de 19 jours identique — à vérifier auprès de l'administration fiscale belge SPF Finances).
Frontaliers allemands — Convention DE-LU
La convention fiscale germano-luxembourgeoise prévoit également l'imposition au Luxembourg. La règle de tolérance pour le télétravail est identique à la convention franco-luxembourgeoise (19 jours). Au-delà, les jours travaillés en Allemagne sont imposables en Allemagne selon le droit fiscal allemand (Einkommensteuer). Les frontaliers allemands doivent déclarer leurs revenus auprès du Finanzamt compétent.
Sécurité sociale et cotisations CCSS
Indépendamment de la fiscalité, les frontaliers travaillant au Luxembourg sont affiliés au régime de sécurité sociale luxembourgeois (Centre commun de la sécurité sociale — CCSS). Les cotisations salariales représentent environ 12-13 % du salaire brut (retraite, maladie, dépendance, accident). Ces cotisations ne sont pas déductibles dans le cadre de la déclaration d'impôt française pour la plupart des frontaliers (application de la convention de sécurité sociale EU/UE).
3 exemples chiffrés détaillés
Exemple 1 — Célibataire classe 1, revenu 45 000 €
Sophie, comptable luxembourgeoise résidente, revenu imposable ajusté : 45 000 €, classe 1.
Calcul tranche par tranche :
- 0 → 13 230 € : 0 % → 0 €
- 13 230 → 15 435 € (2 205 €) : 8 % → 176 €
- 15 435 → 17 640 € (2 205 €) : 9 % → 199 €
- 17 640 → 19 845 € (2 205 €) : 10 % → 221 €
- 19 845 → 22 050 € (2 205 €) : 11 % → 243 €
- 22 050 → 24 255 € (2 205 €) : 12 % → 265 €
- 24 255 → 26 550 € (2 295 €) : 14 % → 321 €
- 26 550 → 28 845 € (2 295 €) : 16 % → 367 €
- 28 845 → 31 140 € (2 295 €) : 18 % → 413 €
- 31 140 → 33 435 € (2 295 €) : 20 % → 459 €
- 33 435 → 35 730 € (2 295 €) : 22 % → 505 €
- 35 730 → 38 025 € (2 295 €) : 24 % → 551 €
- 38 025 → 40 320 € (2 295 €) : 26 % → 597 €
- 40 320 → 42 615 € (2 295 €) : 28 % → 643 €
- 42 615 → 44 910 € (2 295 €) : 30 % → 689 €
- 44 910 → 45 000 € (90 €) : 32 % → 29 €
Impôt barème ≈ 5 678 €. Contribution solidarité (7 %) : 5 678 × 0,07 ≈ 397 €. Impôt total ≈ 6 075 €. Taux moyen ≈ 13,5 %.
Exemple 2 — Couple marié classe 2, revenus combinés 120 000 €
Marc et Julie, couple luxembourgeois, revenu imposable total : 120 000 € (Marc 80 000 €, Julie 40 000 €), classe 2, splitting.
Revenu de calcul (splitting) : 120 000 / 2 = 60 000 €. Sur 60 000 €, l'impôt est d'environ 14 200 € (calculable via le simulateur). Après splitting : 14 200 × 2 = 28 400 €. Contribution (7 %) : 28 400 × 0,07 ≈ 1 988 €. Impôt total ≈ 30 388 € (taux moyen ≈ 25,3 %).
Comparatif sans splitting (deux impositions séparées en classe 1) : Marc à 80 000 € paierait ≈ 22 100 €, Julie à 40 000 € ≈ 5 100 €, soit un total de ≈ 27 200 € avant contribution — donc ici le splitting est légèrement moins favorable car les deux conjoints ont des revenus assez proches.
Exemple 3 — Frontalier français, classe 1, revenu 55 000 €, télétravail 5 jours/an
Julien, frontalier français travaillant à Luxembourg-Ville, revenu brut annuel 65 000 €, revenu imposable ajusté après abattements professionnels luxembourgeois : 55 000 €. 5 jours de télétravail depuis la France (en dessous du seuil de 19 jours). Classe 1.
Impôt barème sur 55 000 € ≈ 8 600 €. Contribution solidarité (7 %) ≈ 602 €. Impôt Luxembourg total ≈ 9 202 € (taux moyen ≈ 16,7 %).
En France : ses 55 000 € luxembourgeois sont exonérés d'IR français mais entrent dans la réserve de progressivité. Si Julien a d'autres revenus français de 5 000 € (revenus du patrimoine), le taux effectif français sera calculé sur 60 000 € mais ne s'appliquera qu'aux 5 000 € français. Impact : faible dans ce cas, mais à anticiper si les revenus français sont plus importants (location, dividendes, etc.).
Calculatrice fiscale Luxembourg — simulations avancées
Notre outil complémentaire vous permet de simuler des scénarios fiscaux avancés : comparaison classe 1 vs classe 2, impact du télétravail sur la résidence fiscale, projection pluriannuelle.
Accéder à la calculatrice fiscale →Erreurs fréquentes dans le calcul de l'impôt luxembourgeois
1 — Confondre taux marginal et taux effectif
Un contribuable en tranche à 39 % ne paie pas 39 % sur l'ensemble de ses revenus. Les premières tranches (0 % jusqu'à 13 230 €, puis 8 %, 9 %…) ramènent le taux effectif réel bien en dessous du TMI. Pour 60 000 € de revenu, le taux marginal est 39 % mais le taux effectif est d'environ 22-23 %.
2 — Oublier la contribution de solidarité dans l'estimation
Beaucoup de calculs présentés en ligne affichent uniquement l'impôt de base sans les 7 % de contribution. Sur un impôt barème de 10 000 €, la contribution ajoute 700 €, soit 7 % d'écart systématique. Toujours calculer : impôt total = impôt barème × 1,07.
3 — Appliquer le barème de l'ancienne réforme
Le barème a été réformé en profondeur par la loi du 22 décembre 2023 portant réforme fiscale. L'ancien barème (seuil d'exonération à 11 265 € au lieu de 13 230 €) ne s'applique plus. Vérifier que la source utilisée mentionne explicitement « réforme fiscale 2025 » ou « applicable aux revenus déclarés en 2026 ».
4 — Ne pas déclarer les revenus luxembourgeois en France
Un frontalier français qui omet de reporter ses revenus luxembourgeois dans sa déclaration 2042-C (réserve de progressivité) peut recevoir un avis de rectification de la DGFiP. Ces revenus ne sont pas taxés en France mais doivent apparaître dans la déclaration pour le calcul du taux effectif. L'omission peut conduire à des pénalités pour déclaration inexacte.
5 — Appliquer le splitting à des revenus en classe 1
Le splitting ne s'applique qu'en classe 2 (imposition collective). En classe 1, chaque personne est imposée sur ses propres revenus sans division. Un couple marié qui n'a pas demandé l'imposition collective reste en classe 1 et ne bénéficie pas du splitting.
Crédits d'impôt luxembourgeois : CIS, CISSM et crédit monoparental
Le Luxembourg dispose d'un mécanisme de crédits d'impôt qui viennent réduire l'impôt net à payer après application du barème. Ces crédits diffèrent des abattements (qui réduisent le revenu imposable) : ils s'imputent directement sur l'impôt calculé. Les principaux crédits disponibles pour les salariés sont le CIS, le CISSM et le crédit d'impôt monoparental.
CIS — Crédit d'impôt pour salariés
Le crédit d'impôt pour salariés (CIS) est accordé automatiquement par l'employeur dans le cadre de la retenue à la source (RTS). Il vise à alléger la charge fiscale des bas et moyens revenus salariaux. Son montant varie selon le niveau de revenu et est dégressif : il atteint son maximum pour les revenus situés autour du salaire minimum luxembourgeois et diminue progressivement à mesure que le revenu augmente, jusqu'à s'annuler à partir d'un certain seuil. Le CIS est appliqué automatiquement sans démarche du salarié si celui-ci est rémunéré sur la base d'une fiche de retenue à la source (fiche RTS) en classe 1 ou 1a.
CISSM — Crédit d'impôt pour salariés à revenu moyen
Le crédit d'impôt pour salariés à revenu moyen (CISSM) complète le CIS pour les contribuables dont le revenu se situe dans une fourchette intermédiaire. Il a été introduit dans le cadre de la réforme fiscale 2025 pour renforcer le soutien aux ménages à revenus moyens. Comme le CIS, il est intégré dans le calcul RTS mensuel et ne nécessite pas de démarche particulière pour les salariés. Les travailleurs indépendants et dirigeants peuvent toutefois devoir le réclamer via leur déclaration annuelle.
Crédit d'impôt monoparental (classe 1a)
Les contribuables en classe 1a ayant au moins un enfant à charge bénéficient d'un crédit d'impôt monoparental. Ce crédit reconnaît les charges particulières des familles monoparentales. Il est accordé sur la fiche RTS dès lors que la classe 1a est attribuée par l'ACD, sans démarche supplémentaire pour les salariés. Pour les non-salariés ou lorsque la situation familiale évolue en cours d'année (naissance, séparation, déménagement), une demande de mise à jour de la fiche RTS auprès de l'ACD est nécessaire pour bénéficier du crédit dès le mois suivant.
Crédit d'impôt bonification d'intérêts
Les contribuables qui remboursent un prêt immobilier pour leur résidence principale au Luxembourg peuvent bénéficier d'une bonification d'intérêts sous forme de crédit d'impôt. Ce crédit s'applique sur les intérêts débiteurs d'un emprunt hypothécaire pour l'acquisition ou la construction de la résidence principale occupée par le contribuable. Il est plafonné et dégressif selon la durée de résidence dans le bien. Ce crédit est à déclarer dans la déclaration annuelle des revenus (formulaire 100) et ne transite pas par la RTS mensuelle.
Abattements et déductions déductibles au Luxembourg
Le revenu imposable ajusté est le revenu brut diminué d'un ensemble de déductions légalement prévues. Ces déductions réduisent l'assiette avant application du barème — elles sont donc plus efficaces fiscalement qu'un crédit d'impôt pour les contribuables dans les tranches élevées. Le simulateur ci-dessus intègre le champ « abattements et déductions » pour tenir compte de ces montants.
Frais d'obtention forfaitaires et réels
Tout salarié bénéficie automatiquement d'un abattement forfaitaire pour frais d'obtention professionnels sur ses revenus salariaux. Cet abattement couvre les dépenses liées à l'exercice de la profession (transport domicile-travail, matériel, formation professionnelle) sans justificatif. Si les frais réels sont supérieurs à l'abattement forfaitaire, le contribuable peut opter pour les frais réels et les déduire sur justificatifs dans la déclaration annuelle (formulaire 100). Les frais de transport domicile-travail sont également déductibles selon des règles spécifiques luxembourgeois (distance, mode de transport).
Intérêts débiteurs sur emprunts
Les intérêts payés sur des emprunts destinés à l'acquisition, la construction ou la transformation d'un immeuble mis en location (revenu locatif imposable au Luxembourg) sont déductibles des revenus immobiliers correspondants. Pour la résidence principale, la déduction des intérêts prend la forme d'un crédit d'impôt bonification d'intérêts (voir section précédente) et non d'une déduction du revenu imposable. Les intérêts sur crédits à la consommation ne sont pas déductibles.
Assurances déductibles
Certaines primes d'assurance sont déductibles du revenu imposable luxembourgeois dans la limite de plafonds légaux. Sont concernées notamment : les assurances-vie à versements périodiques (sous conditions d'ancienneté et de bénéficiaire), les assurances-décès, les assurances contre la maladie et l'incapacité, et les assurances responsabilité civile. La déduction est limitée à un plafond annuel déterminé par la loi ; pour les couples en classe 2, le plafond peut être doublé. Ces montants sont à déclarer dans la rubrique « dépenses spéciales » du formulaire 100.
Épargne-pension (régime complémentaire de retraite)
Les cotisations versées à des plans d'épargne-pension agréés au Luxembourg sont déductibles du revenu imposable dans la limite d'un plafond annuel fixé par la loi. Ce dispositif, similaire dans son principe au plan d'épargne retraite (PER) français ou aux pensions complémentaires belges et allemandes, permet de réduire l'impôt de l'année en cours tout en constituant une épargne pour la retraite. Les frontaliers français qui cotisent à des plans d'épargne-pension luxembourgeois doivent vérifier si ces cotisations sont également déductibles de leur revenu imposable français (en principe non, sauf convention spécifique).
Dons et libéralités à des organismes agréés
Les dons effectués au profit d'organismes luxembourgeois reconnus d'utilité publique sont déductibles du revenu imposable, dans la limite d'un plafond exprimé en pourcentage du revenu. Cette déduction est à mentionner dans la déclaration annuelle ; elle ne peut pas être anticipée dans la RTS mensuelle. Les organismes éligibles sont listés par le Ministère des Finances luxembourgeois.
Exemple d'impact d'une déduction de 5 000 € pour un revenu de 60 000 €
Un salarié célibataire (classe 1) avec un revenu brut de 60 000 € et des abattements éligibles de 5 000 € (frais d'obtention réels + assurances) verra son revenu imposable ajusté passer à 55 000 €. L'impôt barème sur 55 000 € est d'environ 8 600 € contre environ 14 200 € sur 60 000 €, soit une économie d'impôt de l'ordre de 2 000 € au taux marginal de 39 % appliqué à la tranche 55 001 → 60 000 €.
Convention fiscale France-Luxembourg : règle des jours et télétravail (seuil 34 jours)
La question du télétravail est devenue centrale pour les frontaliers franco-luxembourgeois depuis 2020. La convention fiscale franco-luxembourgeoise du 1er avril 1958, amendée par avenant en 2006, prévoit que l'imposition des revenus d'activité est attribuée au pays où l'activité est physiquement exercée. Un jour de travail depuis le domicile en France est donc, strictement, un jour imposable en France.
La règle des 29 jours (puis 34 jours) de télétravail
Pour éviter que les frontaliers perdent leur imposition exclusive au Luxembourg dès le premier jour de télétravail, la France et le Luxembourg ont conclu un accord amiable instaurant un seuil de tolérance. Cet accord, actualisé en 2023, porte le seuil à 34 jours calendaires de travail depuis la France (ou un pays tiers) par an. En dessous de ce seuil, l'intégralité des revenus reste imposable au Luxembourg. Au-delà du seuil, les jours excédentaires sont imposables en France proportionnellement aux revenus totaux.
Cette évolution du seuil (19 jours initialement, puis 29 jours pendant la pandémie, puis 34 jours depuis 2024) traduit la volonté des deux États d'adapter les règles à la généralisation du télétravail. Le seuil de 34 jours fait l'objet d'un suivi administratif rigoureux : l'employeur luxembourgeois doit délivrer une attestation de travail à domicile à la demande du salarié ou de l'administration fiscale.
Conséquences pratiques pour le frontalier qui dépasse le seuil
Si un frontalier travaille depuis la France pendant 50 jours dans l'année, les 16 jours excédant le seuil de 34 jours créent une imposition partielle en France. La fraction imposable en France est calculée proportionnellement : 16/250 (nombre de jours travaillés totaux environ) des revenus luxembourgeois seraient imposables en France. En pratique, cette fraction est faible mais implique :
- La production d'une déclaration 2042-C en France avec les revenus d'activité de source luxembourgeoise pour la partie excédant le seuil ;
- Un risque de double imposition partielle si l'employeur n'ajuste pas la RTS luxembourgeoise en conséquence — à gérer avec le service RH et l'ACD ;
- L'obligation de tenir un registre précis des jours travaillés depuis la France (agenda, badges d'accès, emails, justificatifs de transport).
Télétravail depuis un pays tiers
Un frontalier français qui télétravaille depuis un pays autre que la France ou le Luxembourg (vacances à l'étranger avec travail, voyages professionnels dans un pays tiers) n'est couvert ni par la règle des 34 jours franco-luxembourgeoise ni par une convention de tolérance équivalente. Chaque jour de travail dans ce pays tiers peut, en théorie, créer une obligation fiscale dans ce pays selon sa législation interne. Cette situation, encore peu traitée en pratique, doit être abordée avec un conseil fiscal avant toute pratique régulière.
Assimilation au résident et seuil de 90 %
Le frontalier qui perçoit au moins 90 % de ses revenus professionnels au Luxembourg peut demander à être traité comme un résident fiscal luxembourgeois pour le calcul de l'impôt. Cette option, formalisée par un formulaire ACD, lui permet d'accéder à l'ensemble des déductions et crédits réservés aux résidents. Elle est particulièrement intéressante pour les frontaliers dont la situation personnelle (charge de famille, emprunts immobiliers en France, cotisations épargne-pension) génère des déductions importantes. La demande doit être renouvelée chaque année.
Passage de classe 1a à classe 2 — quand et comment ?
La question du passage de classe est fréquente lors de changements de situation familiale : mariage, divorce, naissance d'un enfant, décès du conjoint, retraite. La classe d'impôt détermine non seulement le barème applicable mais aussi l'accès aux crédits d'impôt et aux abattements spécifiques. Un changement de classe peut avoir des effets significatifs sur l'impôt net dû.
De classe 1 à classe 1a — naissance ou garde d'enfant
Un contribuable célibataire (classe 1) qui devient parent isolé avec un enfant à charge peut demander le passage en classe 1a. La condition principale est d'avoir au moins un enfant ouvrant droit à la modération d'impôt pour enfant (Kinderbonus). La demande se fait auprès de l'ACD avec justificatifs (acte de naissance, attestation de garde). L'ACD émet une nouvelle fiche RTS mentionnant la classe 1a, que le salarié remet à son employeur. L'effet fiscal est immédiat pour les mois suivants. La régularisation pour les mois antérieurs de l'année intervient via le décompte annuel.
De classe 1a à classe 2 — mariage ou PACS luxembourgeois
Un contribuable en classe 1a qui se marie ou conclut un partenariat légal (PACS luxembourgeois) peut opter pour l'imposition collective en classe 2. Le passage en classe 2 active le mécanisme de splitting mais supprime le crédit d'impôt monoparental attaché à la classe 1a. L'avantage net dépend du rapport entre les revenus des deux conjoints : si le revenu du nouveau conjoint est faible ou nul, le splitting en classe 2 sera globalement plus favorable que la classe 1a avec ses crédits.
Il est recommandé de simuler les deux options (classe 1a vs classe 2) avant de faire la demande officielle, d'autant que le changement de classe ne peut être rétroactivement annulé en cours d'année. Le simulateur en haut de page permet cette comparaison en changeant la classe d'impôt et en saisissant le revenu combiné du ménage.
De classe 2 à classe 1 — divorce ou séparation
En cas de divorce ou de séparation légale, chaque ex-conjoint est reclassé en classe 1 à partir de l'année suivant la dissolution du mariage (ou de l'année même si la dissolution intervient avant le 1er janvier de l'année suivante selon la date effective). L'ancien conjoint qui garde les enfants à charge peut demander la classe 1a. La perte du splitting peut représenter un impact fiscal significatif, surtout si les revenus du ménage étaient fortement asymétriques.
Démarche pratique pour changer de classe
Le changement de classe d'impôt s'effectue en adressant une demande écrite à l'Administration des contributions directes (ACD), accompagnée des justificatifs de situation (acte de mariage, jugement de divorce, acte de naissance, etc.). L'ACD émet une fiche RTS modifiée que l'employeur intègre dans le calcul de la retenue mensuelle. En l'absence de mise à jour, le trop-prélevé ou le défaut de prélèvement est régularisé lors du décompte annuel. Les frontaliers français doivent impérativement informer également leur employeur luxembourgeois du changement pour éviter les régularisations importantes en fin d'exercice.
Retenue à la source mensuelle — fonctionnement de la fiche RTS
Au Luxembourg, l'impôt sur les salaires est prélevé chaque mois par l'employeur via la retenue sur traitements et salaires (RTS), souvent appelée « fiche de retenue à la source » ou simplement « fiche d'impôt ». Ce mécanisme est l'équivalent luxembourgeois du prélèvement à la source (PAS) français, mais il existe depuis bien plus longtemps — il est antérieur à la création du PAS français en 2019.
Que contient la fiche RTS ?
La fiche RTS est un document émis par l'ACD qui mentionne :
- Le nom et numéro d'identification du contribuable ;
- La classe d'impôt attribuée (1, 1a ou 2) ;
- Les crédits d'impôt automatiques à appliquer (CIS, CISSM, crédit monoparental) ;
- Les éventuels abattements accordés par anticipation (frais d'obtention réels, dépenses spéciales, cotisations épargne-pension) si le contribuable en a fait la demande auprès de l'ACD.
L'employeur utilise ces informations pour calculer la retenue mensuelle exacte. Le salarié remet sa fiche RTS à son employeur en début d'année ou dès réception d'une fiche modifiée. En l'absence de fiche RTS, l'employeur applique par défaut la classe 1 et les paramètres les plus défavorables.
Régularisation annuelle via le décompte ou la déclaration
La RTS mensuelle est une approximation basée sur une annualisation du salaire mensuel. Elle ne tient pas compte des revenus variables (primes, heures supplémentaires, 13e mois, revenus annexes). La régularisation intervient en fin d'année via :
- Le décompte annuel (Jahresabschluss) : procédure simplifiée disponible pour les salariés dont la situation est simple (un seul employeur, pas de revenus annexes). Il est établi automatiquement par l'ACD ou à la demande du salarié ;
- La déclaration d'imposition (formulaire 100) : obligatoire lorsque le revenu total dépasse certains seuils ou en cas de revenus annexes (location, activité accessoire, revenus de capitaux). Elle permet de déclarer l'ensemble des déductions et crédits d'impôt non pris en compte dans la RTS.
RTS et frontaliers — particularités
Les frontaliers résidant en France, Belgique ou Allemagne reçoivent leur fiche RTS comme tout salarié luxembourgeois. La principale différence est que l'ACD n'a pas accès aux informations sur leurs revenus dans leur pays de résidence. En cas de revenus annexes dans le pays de résidence (location, dividendes, activité accessoire), ces revenus n'entrent pas dans le calcul de la RTS mais peuvent impacter le taux effectif applicable dans le pays de résidence via la réserve de progressivité.
Exemples chiffrés supplémentaires par classe et niveau de revenu
Exemple 4 — Classe 1a, parent isolé, revenu 38 000 €
Amina, salariée luxembourgeoise, divorcée avec deux enfants à charge, revenu imposable brut : 40 000 €. Abattements éligibles (frais d'obtention réels + assurances) : 2 000 €. Revenu imposable ajusté : 38 000 €. Classe 1a.
Calcul du barème sur 38 000 € :
- 0 → 13 230 € : 0 % → 0 €
- 13 230 → 15 435 € (2 205 €) : 8 % → 176 €
- 15 435 → 17 640 € (2 205 €) : 9 % → 198 €
- 17 640 → 19 845 € (2 205 €) : 10 % → 221 €
- 19 845 → 22 050 € (2 205 €) : 11 % → 243 €
- 22 050 → 24 255 € (2 205 €) : 12 % → 265 €
- 24 255 → 26 550 € (2 295 €) : 14 % → 321 €
- 26 550 → 28 845 € (2 295 €) : 16 % → 367 €
- 28 845 → 31 140 € (2 295 €) : 18 % → 413 €
- 31 140 → 33 435 € (2 295 €) : 20 % → 459 €
- 33 435 → 35 730 € (2 295 €) : 22 % → 505 €
- 35 730 → 38 000 € (2 270 €) : 24 % → 545 €
Impôt barème ≈ 3 713 €. Contribution solidarité (7 %) : 3 713 × 0,07 ≈ 260 €. Avant crédits d'impôt CIS et monoparental, impôt brut ≈ 3 973 €. Le CIS et le crédit monoparental viennent réduire ce montant — la réduction effective dépend des paramètres personnels ; consulter l'ACD ou le décompte annuel pour le net à payer.
Exemple 5 — Couple classe 2, revenu unique 80 000 €
David et Isabelle, mariés, seul David travaille, revenu imposable ajusté total : 80 000 €. Classe 2, splitting.
Revenu de calcul (splitting) : 80 000 / 2 = 40 000 €. Sur 40 000 €, calcul tranche par tranche :
- 0 → 13 230 € : 0 % → 0 €
- 13 230 → 15 435 € (2 205 €) : 8 % → 176 €
- 15 435 → 17 640 € (2 205 €) : 9 % → 198 €
- 17 640 → 19 845 € (2 205 €) : 10 % → 221 €
- 19 845 → 22 050 € (2 205 €) : 11 % → 243 €
- 22 050 → 24 255 € (2 205 €) : 12 % → 265 €
- 24 255 → 26 550 € (2 295 €) : 14 % → 321 €
- 26 550 → 28 845 € (2 295 €) : 16 % → 367 €
- 28 845 → 31 140 € (2 295 €) : 18 % → 413 €
- 31 140 → 33 435 € (2 295 €) : 20 % → 459 €
- 33 435 → 35 730 € (2 295 €) : 22 % → 505 €
- 35 730 → 38 025 € (2 295 €) : 24 % → 551 €
- 38 025 → 40 000 € (1 975 €) : 26 % → 514 €
Impôt sur 40 000 € ≈ 4 233 €. Après splitting : 4 233 × 2 = 8 466 €. Contribution solidarité (7 %) : 8 466 × 0,07 ≈ 593 €. Impôt total ≈ 9 059 € (taux moyen ≈ 11,3 %).
Sans splitting, si David était en classe 1 avec 80 000 € : impôt barème ≈ 21 400 €, contribution ≈ 1 498 €, total ≈ 22 900 €. Économie du splitting : ≈ 13 800 € — soit plus de 60 % d'économie dans ce cas de couple à revenu unique élevé.
Exemple 6 — Haut revenu classe 1, 130 000 €
Philippe, directeur commercial, célibataire, revenu imposable ajusté : 130 000 €. Classe 1.
Les tranches 1 à 19 (0 → 54 090 €) génèrent un impôt cumulé d'environ 8 350 €. La tranche 20 s'applique de 54 090 € à 117 450 € (63 360 €) à 39 % → 24 710 €. La tranche 21 s'applique de 117 450 € à 130 000 € (12 550 €) à 40 % → 5 020 €.
Impôt barème ≈ 38 080 €. Le revenu de 130 000 € dépasse le seuil de 150 000 € ? Non (130 000 € < 150 000 €), donc contribution solidarité à 7 % : 38 080 × 0,07 ≈ 2 666 €. Impôt total ≈ 40 746 €. Taux moyen ≈ 31,3 %. TMI : 40 %.
❓ Questions fréquentes sur le calcul de l'impôt au Luxembourg
Comment calculer l'impôt au Luxembourg en 2026 ?
L'impôt luxembourgeois se calcule en appliquant le barème progressif à 23 tranches (de 0 % à 42 %) sur le revenu imposable ajusté, selon la classe d'impôt. En classe 2, le splitting divise d'abord le revenu par 2. On ajoute ensuite la contribution au Fonds pour l'emploi (7 % ou 9 % de l'impôt de base). Notre simulateur en haut de page effectue ce calcul automatiquement avec le barème exact issu de la réforme fiscale 2025.
Comment calculer l'impôt sur le revenu au Luxembourg pour un frontalier français ?
Un frontalier français travaillant au Luxembourg est imposé au Luxembourg sur ses revenus d'activité luxembourgeois, conformément à la convention franco-luxembourgeoise du 1er avril 1958. Ces revenus sont exonérés en France mais entrent dans le calcul du taux effectif français (réserve de progressivité). Le frontalier doit déposer une déclaration au Luxembourg et reporter ses revenus dans la case 8TI de la déclaration française. Il peut télétravailler jusqu'à 19 jours par an depuis la France sans modifier son régime fiscal.
Quelle classe d'impôt au Luxembourg ?
La classe 1 s'applique aux célibataires et personnes imposées séparément. La classe 1a concerne les parents isolés avec enfant à charge, les veufs et les contribuables de 65 ans et plus. La classe 2 s'applique aux couples mariés ou partenaires légaux optant pour l'imposition collective — elle permet le splitting. La classe est attribuée par l'ACD sur la fiche de retenue à la source (RTS).
Qu'est-ce que le splitting classe 2 au Luxembourg ?
Le splitting consiste à diviser le revenu imposable total du ménage par 2, à appliquer le barème sur cette moitié, puis à multiplier l'impôt obtenu par 2. Ce mécanisme avantage les couples avec des revenus asymétriques (ex. : un conjoint actif + un conjoint au foyer) et peut représenter une économie fiscale substantielle. Pour un couple dont seul un conjoint travaille et perçoit 80 000 €, l'économie peut dépasser 5 000 € par rapport à une imposition en classe 1.
Quel est le taux de la contribution de solidarité (Fonds pour l'emploi) ?
La contribution au Fonds pour l'emploi est de 7 % de l'impôt de base pour la majorité des contribuables. Elle passe à 9 % au-delà de 150 000 € de revenu imposable ajusté pour les classes 1 et 1a, et au-delà de 300 000 € en classe 2. Elle est prélevée automatiquement par l'employeur via la RTS.
Quel est le barème de l'impôt luxembourgeois en 2026 ?
Le barème 2026 (réforme fiscale 2025) comporte 23 tranches : 0 % jusqu'à 13 230 €, puis des taux croissants de 8 % à 42 % par paliers, jusqu'à 42 % au-delà de 234 870 €. Le tableau complet des 23 tranches figure ci-dessous. Des ajustements d'indexation 2026 peuvent intervenir : consulter l'ACD pour les valeurs définitives.
Un frontalier belge ou allemand est-il imposé au Luxembourg ?
Oui. Les frontaliers belges et allemands travaillant au Luxembourg sont imposés au Luxembourg sur leurs revenus d'activité luxembourgeois, conformément aux conventions fiscales BE-LU et DE-LU. Ces revenus sont exonérés dans leur pays de résidence mais entrent dans le calcul du taux effectif applicable aux autres revenus. La règle de 19 jours de télétravail s'applique également aux frontaliers allemands ; pour les frontaliers belges, les règles de tolérance peuvent différer — à vérifier auprès du SPF Finances belge.
Comment déclarer ses revenus luxembourgeois en tant que frontalier français ?
Le frontalier français doit déposer une déclaration de revenus luxembourgeoise (formulaire 100) si ses revenus dépassent le seuil de déclaration luxembourgeois. En France, il déclare ses revenus luxembourgeois dans la déclaration 2042-C (case 8TI pour la réserve de progressivité). Ces revenus ne sont pas taxés en France mais permettent à l'administration française de calculer le taux effectif applicable aux autres revenus français. L'omission de cette case peut conduire à des pénalités.
L'impôt luxembourgeois est-il prélevé à la source ?
Oui. Au Luxembourg, l'impôt sur les salaires est prélevé mensuellement à la source par l'employeur via la retenue sur traitements et salaires (RTS). L'employeur applique le barème selon la classe d'impôt mentionnée sur la fiche RTS. Une régularisation intervient via le décompte annuel ou la déclaration de revenus (formulaire 100), permettant de récupérer un éventuel trop-perçu ou de payer un complément.
Quel simulateur officiel pour calculer l'impôt luxembourgeois ?
L'Administration des contributions directes (ACD) met à disposition un simulateur officiel sur impotsdirects.public.lu. Ce simulateur intègre l'ensemble des paramètres réels — abattements personnels, crédits d'impôt, indexation des seuils — et constitue la référence officielle pour un calcul exact. Notre outil présent sur cette page permet de comprendre la méthode et d'obtenir des ordres de grandeur rapidement.
Qu'est-ce que le Fonds pour l'emploi luxembourgeois ?
Le Fonds pour l'emploi est un mécanisme de contribution de solidarité créé en 1995 qui finance des politiques d'emploi, de formation professionnelle et d'aide aux chômeurs au Luxembourg. Son produit alimente le Fonds pour l'emploi, entité publique distincte du budget de l'État. La contribution est prélevée en pourcentage de l'impôt IRPP calculé (7 % ou 9 %) et figure explicitement sur le bulletin de salaire luxembourgeois.
Quels sont les crédits d'impôt disponibles au Luxembourg pour les salariés ?
Les salariés luxembourgeois bénéficient de plusieurs crédits d'impôt appliqués automatiquement dans la retenue à la source (RTS) : le crédit d'impôt pour salariés (CIS), le crédit d'impôt pour salariés à revenu moyen (CISSM) introduit par la réforme fiscale 2025, et le crédit d'impôt monoparental pour les contribuables en classe 1a avec enfant à charge. Ces crédits réduisent directement l'impôt net dû et sont intégrés dans la fiche RTS sans démarche particulière pour les salariés en activité.
Quelles déductions sont déductibles du revenu imposable au Luxembourg ?
Plusieurs types de dépenses réduisent le revenu imposable ajusté avant application du barème : les frais d'obtention professionnels (forfaitaires ou réels sur justificatifs), les intérêts débiteurs d'emprunts locatifs, certaines primes d'assurance (assurance-vie, assurance-décès, assurance maladie) dans la limite des plafonds légaux, les cotisations à des plans d'épargne-pension agréés, et les dons à des organismes d'utilité publique luxembourgeois. Ces montants sont à déclarer dans le formulaire 100 ou à signaler à l'ACD pour une prise en compte anticipée dans la RTS.
Quel est le seuil de télétravail pour un frontalier français au Luxembourg en 2026 ?
Depuis 2024, l'accord franco-luxembourgeois fixe le seuil de tolérance au télétravail à 34 jours calendaires par an. En dessous de ce seuil, la totalité des revenus reste imposable au Luxembourg. Au-delà, les jours excédentaires sont imposables en France au prorata. Ce seuil a évolué dans le temps (19 jours initialement, assoupli pendant la pandémie COVID-19, puis porté à 34 jours). Le frontalier doit conserver un registre précis de ses jours de télétravail depuis la France pour justifier sa situation en cas de contrôle.
Comment fonctionne la fiche de retenue à la source (fiche RTS) au Luxembourg ?
La fiche de retenue à la source (RTS) est un document émis par l'Administration des contributions directes (ACD) qui indique à l'employeur la classe d'impôt et les paramètres de calcul applicables au salarié. L'employeur l'utilise pour calculer et prélever mensuellement l'impôt sur le salaire. La fiche RTS mentionne la classe d'impôt, les crédits automatiques (CIS, CISSM, monoparental) et les abattements anticipés si le salarié en a fait la demande. En l'absence de fiche RTS, l'employeur applique les paramètres les plus défavorables (classe 1, sans crédits). La régularisation annuelle se fait via le décompte ou la déclaration formulaire 100.
Est-il toujours avantageux de passer en classe 2 lors du mariage au Luxembourg ?
Pas systématiquement. Le passage en classe 2 déclenche le splitting, qui est très avantageux quand les revenus des deux conjoints sont asymétriques (un seul conjoint actif, ou revenus très différents). Mais si les deux conjoints ont des revenus proches, le gain du splitting est faible voire nul. En outre, un parent isolé en classe 1a perd le crédit monoparental lors du passage en classe 2. Il est recommandé de simuler les deux options (classe 1a vs classe 2) avec les revenus réels du ménage avant de formaliser le changement auprès de l'ACD.
Sources officielles et références
- Administration des contributions directes (ACD) — Barème IRPP Luxembourg, classes d'impôt, contribution Fonds pour l'emploi. impotsdirects.public.lu
- Loi du 22 décembre 2023 portant réforme fiscale — Refonte du barème IRPP luxembourgeois à 23 tranches applicable aux revenus 2024 et suivants. Journal officiel du Grand-Duché de Luxembourg.
- Convention franco-luxembourgeoise du 1er avril 1958 (modifiée par avenant du 24 novembre 2006) — Règles d'attribution des droits d'imposition entre la France et le Luxembourg pour les revenus d'activité.
- Guichet.lu — Portail officiel du Grand-Duché pour les démarches fiscales en ligne. guichet.public.lu
- Centre commun de la sécurité sociale (CCSS) — Cotisations sociales luxembourgeaises pour les salariés résidents et frontaliers. ccss.public.lu
- OCDE, Taxing Wages 2025 — Comparaison de la pression fiscale (IRPP + cotisations sociales) entre les États membres, dont Luxembourg, France, Belgique et Allemagne.
- Direction générale des Finances publiques (DGFiP) — Modalités de déclaration des revenus étrangers et réserve de progressivité pour les frontaliers français. impots.gouv.fr
Dernière vérification des sources : . Contenu rédigé et vérifié par Mehdi Kabbaj, spécialiste fiscalité internationale et finance.
Mehdi Kabbaj est expert en fiscalité internationale, impôts sur le revenu (France, Luxembourg, Belgique) et mathématiques financières. Il rédige et maintient les outils et contenus finance-impôts de MaCalculatriceEnLigne.com. Ses domaines couvrent les barèmes IRPP, les conventions fiscales bilatérales, la situation des travailleurs frontaliers et la fiscalité des expatriés.
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