Calcul Salaire Gérant SARL 2026 : TNS vs Assimilé Salarié, Cotisations et Dividendes

En bref — Rémunération du gérant de SARL 2026

Le régime social du gérant de SARL dépend d'un seul critère : le pourcentage de parts sociales détenues. Au-delà de 50 %, le gérant est travailleur non salarié (TNS), affilié à la Sécurité sociale des indépendants (SSI). À 50 % ou moins, il est assimilé salarié, rattaché au régime général.

  • Gérant majoritaire (TNS) : cotisations ≈ 40–45 % de la rémunération nette (ordre de grandeur 2026, barème progressif SSI). Coût total pour la société ≈ 1,40 à 1,45 fois le net.
  • Gérant minoritaire/égalitaire (assimilé salarié) : cotisations ≈ 75–80 % de la rémunération nette. Coût total ≈ 1,75 à 1,80 fois le net.
  • PASS 2026 : 48 060 €/an (4 005 €/mois) — référence pour les plafonds de cotisations SSI.
  • Dividendes gérant majoritaire : la fraction dépassant 10 % du capital social (+ primes d'émission + comptes courants) est soumise aux cotisations TNS.
  • Ni salaire minimum ni maximum légal pour le gérant : rémunération fixée par les statuts ou décision collective des associés.

Source : service-public.gouv.fr F36235 ; code de commerce ; code de la Sécurité sociale — données vérifiées au 21/05/2026.

Statut social du gérant de SARL : le critère du pourcentage de parts

La règle est posée par le code de commerce et le code de la Sécurité sociale, confirmée par service-public.gouv.fr F36235 : c'est le pourcentage de parts sociales détenues qui détermine le régime social du gérant, pas sa qualité de gérant en elle-même, pas son niveau de rémunération, pas la dénomination de son poste.

Gérant majoritaire : TNS affilié à la SSI

Un gérant est considéré comme majoritaire s'il détient, directement ou indirectement via les parts de son conjoint, partenaire de PACS ou enfants mineurs, ou encore via les parts des autres co-gérants, plus de 50 % du capital social. Dans ce cas, il relève du statut de travailleur non salarié (TNS), affilié à la Sécurité sociale des indépendants (SSI).

La SSI, anciennement RSI, couvre depuis 2020 ses affiliés via les caisses du régime général, mais maintient un barème de cotisations distinct. Le gérant majoritaire bénéficie de la couverture maladie de base, de la retraite de base et complémentaire SSI, des allocations familiales et de la couverture invalidité-décès. Il ne cotise pas à l'assurance chômage au titre de son mandat social.

Conséquence directe : si un gérant majoritaire perd son mandat, il n'a aucun droit à l'ARE (allocation de retour à l'emploi) au titre de ce mandat, sauf s'il disposait par ailleurs d'un contrat de travail distinct pour des fonctions techniques séparables — ce qui est juridiquement impossible pour le gérant majoritaire selon la jurisprudence sociale constante.

Gérant minoritaire ou égalitaire : assimilé salarié au régime général

Un gérant qui détient 50 % ou moins du capital est assimilé salarié : il est rattaché au régime général de la Sécurité sociale, comme un cadre. Sa couverture sociale est plus étendue : maladie, retraite du régime général et de l'Agirc-Arrco, prévoyance. Il ne cotise toutefois pas à l'assurance chômage au titre du mandat social (seul un contrat de travail distinct peut ouvrir des droits ARE).

Pour le gérant égalitaire (exactement 50 % des parts), la règle est identique : il est assimilé salarié, pas TNS.

Le calcul du seuil de 50 % : les parts prises en compte

Pour apprécier le franchissement du seuil de 50 %, on additionne les parts du gérant lui-même, de son conjoint ou partenaire de PACS, de ses enfants mineurs non émancipés, et des autres gérants de la même SARL. Cette règle de cumul vise à éviter le contournement du statut TNS par la répartition artificielle des parts au sein du foyer ou entre co-gérants.

Exemple : un gérant qui détient 35 % du capital, dont le conjoint détient 20 %, est considéré comme majoritaire (35 % + 20 % = 55 % > 50 %) et relève du régime TNS.

Tableau récapitulatif — Statut social selon le pourcentage de parts (2026)
% de parts détenuesStatut socialRégimeChômage
> 50 %TNS (travailleur non salarié)SSI (anciennement RSI)Non
= 50 %Assimilé salariéRégime généralNon
< 50 %Assimilé salariéRégime généralNon

Source : code de commerce ; code de la Sécurité sociale ; service-public.gouv.fr F36235 — 2026.

Calculateur de rémunération du gérant de SARL

Saisissez votre pourcentage de parts, le niveau de rémunération nette souhaité et ajustez le taux de charges pour simuler le coût total pour la société. Le statut (TNS ou assimilé salarié) est déduit automatiquement du pourcentage de parts.

TNS : fourchette indicative 40–45 % · Assimilé salarié : 75–80 %

Cotisations sociales du gérant majoritaire (TNS/SSI) en 2026

Le gérant majoritaire de SARL est affilié à la Sécurité sociale des indépendants (SSI). Son assiette de cotisations est la rémunération nette perçue au titre de son mandat, augmentée des cotisations obligatoires elles-mêmes (base spécifique TNS). Le barème est progressif, ce qui signifie que le taux global effectif varie selon le niveau de rémunération.

Couvertures assurées par la SSI

Le gérant majoritaire cotise pour les risques suivants via la SSI :

  • Maladie-maternité de base (accès aux soins remboursés par l'Assurance Maladie)
  • Retraite de base SSI (calculée selon un barème spécifique, distinct du régime général)
  • Retraite complémentaire SSI
  • Invalidité-décès
  • Allocations familiales
  • CSG/CRDS (contribution sociale généralisée et remboursement de la dette sociale)

Non couvert : assurance chômage, indemnités journalières de maternité/paternité selon les mêmes règles que les salariés (le régime TNS offre des IJ maladie à partir du 4ème jour d'arrêt, sous conditions d'affiliation et de revenus).

Ordre de grandeur du taux de cotisations TNS 2026

Les cotisations du gérant majoritaire représentent un ordre de grandeur de 40 à 45 % de la rémunération nette (environ 30 à 31 % de la rémunération « super-brute » incluant les cotisations). Ces taux sont des fourchettes représentatives pour une rémunération annuelle comprise entre 20 000 € et 80 000 € nets.

Le PASS 2026 (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale) est de 48 060 €/an (4 005 €/mois). Au-delà du PASS, le taux de cotisations retraite de base diminue, ce qui fait légèrement baisser le taux global effectif pour les hautes rémunérations.

Formule de calcul (ordre de grandeur)
Cotisations (TNS) = Rémunération nette × Taux TNS (fourchette 40–45 %)
Coût total société = Rémunération nette + Cotisations

Le taux exact dépend du barème progressif SSI et du niveau de rémunération. Source : SSI / service-public.gouv.fr F36235.

Cotisations minimales en cas de faible ou nulle rémunération

Un gérant majoritaire affilié à la SSI est redevable de cotisations minimales, même en cas de rémunération nulle ou très faible. Ces cotisations minimales garantissent des droits minimaux à la couverture maladie et à la retraite, mais leur montant précis relève du calcul individuel de la SSI et n'est pas fourni dans ce data pack.

Cotisations du gérant assimilé salarié (minoritaire/égalitaire) en 2026

Le gérant minoritaire ou égalitaire de SARL est assimilé salarié. Son régime social est calqué sur celui d'un cadre du secteur privé, à une exception notable : il n'est pas affilié à l'assurance chômage au titre de son mandat social.

Structure des cotisations assimilé salarié

Comme pour un salarié cadre, les cotisations se divisent en part salariale (retenue sur la rémunération brute) et part patronale (à la charge de la société). L'ensemble représente un ordre de grandeur de 75 à 80 % de la rémunération nette, hors assurance chômage. Ce taux est proche du taux applicable à un cadre du régime général au-delà du PMSS (plafond mensuel de Sécurité sociale, 4 005 €/mois en 2026).

Couvertures assurées

  • Maladie-maternité du régime général (même niveau de remboursement qu'un salarié)
  • Retraite de base du régime général
  • Retraite complémentaire Agirc-Arrco
  • Prévoyance cadres (CCN 14 mars 1947)
  • Allocations familiales, CSG/CRDS

Non couvert : assurance chômage au titre du mandat social.

Formule de calcul (ordre de grandeur)
Cotisations (assimilé salarié) = Rémunération nette × Taux (fourchette 75–80 %)
Coût total société = Rémunération nette + Cotisations

Hors assurance chômage. Taux incluant parts patronale et salariale. Source : régime général / Agirc-Arrco 2026.

Comparaison des deux régimes

Pour une rémunération nette identique, le coût total est structurellement plus élevé pour l'assimilé salarié que pour le TNS. Cet écart est la contrepartie d'une meilleure protection sociale : le gérant minoritaire/égalitaire bénéficie du régime général (remboursements maladie calqués sur les salariés, retraite Agirc-Arrco), quand le gérant majoritaire TNS dispose d'une couverture SSI généralement moins favorable pour les revenus élevés.

Comparaison du coût total (exemples pour 2 500 €/mois net)
StatutRémunération netteTaux charges indicatifCotisationsCoût total société
TNS (majoritaire)2 500 €45 %1 125 €3 625 €
Assimilé salarié2 500 €80 %2 000 €4 500 €

Exemple issu du data pack §3. Taux : ordres de grandeur 2026 — non opposables à l'administration sociale.

Exemples chiffrés détaillés

Trois profils-types illustrent les configurations les plus fréquentes rencontrées par les gérants de SARL en 2026.

Exemple 1 — Gérant majoritaire, rémunération nette 2 500 €/mois

Situation : gérant majoritaire d'une SARL commerciale, détient 70 % des parts, capital social 10 000 €. Rémunération nette souhaitée : 2 500 €/mois. Taux de charges TNS retenu : 45 % (ordre de grandeur 2026).

Cotisations SSI (TNS) = 2 500 € × 45 % = 1 125 €/mois
Coût total pour la société = 2 500 + 1 125 = 3 625 €/mois
Coût annuel pour la société = 3 625 × 12 = 43 500 €/an

Vérification dividendes : seuil d'assujettissement TNS = 10 % × 10 000 €
= 1 000 €/an → dividendes au-delà de 1 000 €/an soumis aux cotisations TNS.

Ce gérant perçoit 2 500 € nets par mois, la société supporte 3 625 €. La rémunération annuelle nette est de 30 000 €, inférieure au PASS 2026 (48 060 €). Ses droits à la retraite SSI sont calculés sur la totalité de la rémunération.

Exemple 2 — Gérant assimilé salarié, rémunération nette 2 500 €/mois

Même rémunération nette souhaitée (2 500 €/mois), mais gérant minoritaire détenant 30 % des parts. Taux de charges assimilé salarié retenu : 80 %.

Cotisations (assimilé salarié) = 2 500 € × 80 % = 2 000 €/mois
Coût total pour la société = 2 500 + 2 000 = 4 500 €/mois
Coût annuel pour la société = 4 500 × 12 = 54 000 €/an

Écart vs TNS : 4 500 − 3 625 = 875 €/mois de plus pour la société.

Ce gérant assimilé salarié bénéficie du régime général (retraite Agirc-Arrco, remboursements maladie calqués sur les salariés), mais son mandat coûte structurellement plus cher à la société.

Exemple 3 — Gérant majoritaire, rémunération nette 5 000 €/mois

Gérant d'une SARL de services, détient 60 % des parts, capital social 50 000 €. Rémunération nette souhaitée : 5 000 €/mois. Taux de charges TNS : 43 % (légèrement inférieur car la rémunération annuelle dépasse le PASS, le taux retraite de base est réduit au-delà).

Cotisations SSI (TNS) = 5 000 € × 43 % = 2 150 €/mois
Coût total pour la société = 5 000 + 2 150 = 7 150 €/mois
Coût annuel pour la société = 7 150 × 12 = 85 800 €/an

Rémunération annuelle nette = 60 000 €
PASS 2026 = 48 060 € → dépassement = 11 940 € (taux retraite de base réduit au-delà)

Seuil dividendes TNS = 10 % × (50 000 + 0 comptes courants) = 5 000 €/an
Dividendes jusqu'à 5 000 €/an → prélèvements sociaux 18,6 % + IR seulement.
Dividendes au-delà de 5 000 €/an → soumis aux cotisations TNS en sus.

Dividendes du gérant de SARL : la règle du seuil de 10 %

L'arbitrage entre rémunération et dividendes est une problématique centrale pour les gérants de SARL. La règle applicable diffère selon que le gérant est majoritaire ou minoritaire/égalitaire.

Gérant majoritaire : seuil de 10 % du capital social

Pour le gérant majoritaire de SARL, les dividendes ne sont pas totalement exempts de cotisations sociales. La fraction des dividendes perçus qui dépasse 10 % du capital social + primes d'émission + sommes inscrites en compte courant d'associé est soumise aux cotisations TNS (SSI), comme si elle constituait un complément de rémunération.

Cette règle, propre aux SARL et à la SCA (société en commandite par actions), vise à éviter que les gérants majoritaires ne remplacent intégralement leur rémunération par des dividendes pour échapper aux cotisations sociales.

Formule du seuil :

Seuil = 10 % × (Capital social + Primes d'émission + Sommes en compte courant d'associé)
Fraction de dividendes soumise aux cotisations TNS = MAX(0 ; Dividendes perçus − Seuil)

Exemple de calcul du seuil

Gérant majoritaire, capital social 20 000 €, aucune prime d'émission, compte courant d'associé 15 000 €. Il perçoit 8 000 € de dividendes sur l'exercice.

Seuil = 10 % × (20 000 + 0 + 15 000) = 10 % × 35 000 = 3 500 €
Dividendes soumis aux cotisations TNS = 8 000 − 3 500 = 4 500 €
Dividendes exemptés (prélèvements sociaux 18,6 % + IR uniquement) = 3 500 €

Les 4 500 € excédentaires s'ajoutent à la rémunération TNS pour le calcul des cotisations SSI de l'exercice.

Gérant minoritaire/égalitaire : pas de cotisations sociales sur les dividendes

Pour le gérant assimilé salarié (minoritaire ou égalitaire), les dividendes ne sont pas soumis aux cotisations sociales, quelle que soit leur montant. Ils supportent uniquement les prélèvements sociaux sur les revenus du capital (18,6 %) et l'impôt sur le revenu (flat tax 31,4 % ou barème progressif selon option). Cette différence de traitement est l'un des arguments parfois avancés en faveur du statut minoritaire, mais il faut mettre en regard le surcoût en cotisations sociales sur la rémunération.

Arbitrage rémunération vs dividendes pour le gérant de SARL

La question de l'optimisation entre rémunération et dividendes est récurrente pour les gérants de SARL. Elle met en jeu plusieurs paramètres : le taux d'impôt sur les sociétés (IS) applicable à la SARL, le taux marginal d'imposition (TMI) du gérant, le niveau de cotisations sociales selon le statut, et les besoins de protection sociale.

Rémunération : charge déductible de l'IS, mais cotisations sociales

La rémunération du gérant est une charge déductible du résultat imposable à l'IS de la SARL (art. 39-1-1° CGI), dans la limite de ce qui est admis comme non manifestement excessif. Verser une rémunération réduit donc l'assiette de l'IS. En contrepartie, la rémunération génère des cotisations sociales (TNS ou assimilé salarié), ce qui représente un coût direct pour la société.

Taux d'IS applicable en 2026 : 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice (taux réduit PME) et 25 % au-delà, sous conditions (capital entièrement libéré, détenu à 75 % par des personnes physiques, chiffre d'affaires < 10 M€).

Dividendes : non déductibles de l'IS, mais moins de cotisations

Les dividendes sont prélevés sur le bénéfice après IS : ils ne sont pas déductibles de l'assiette de l'IS. Ils supportent les prélèvements sociaux de 18,6 % sur les revenus du capital et l'impôt sur le revenu (flat tax 31,4 % = PFU, ou barème progressif IR sur option). Pour le gérant majoritaire, la fraction dépassant le seuil de 10 % (voir section précédente) est aussi soumise aux cotisations TNS.

Logique de l'arbitrage

La comparaison doit se faire sur la base du coût global pour la société et du revenu net disponible pour le gérant. À titre d'illustration indicative :

  • Pour un gérant TNS à TMI élevé (41 % ou 45 %), les dividendes peuvent être fiscalement plus attractifs que la rémunération sur la marge, sous réserve de l'impact sur la protection sociale (retraite SSI, IJ maladie).
  • Pour un gérant à TMI faible (11 % ou 30 %), la rémunération déductible de l'IS peut être plus efficace, surtout si la SARL est au taux réduit d'IS à 15 %.
  • La déduction de l'IS (15 % ou 25 %) s'oppose au surcoût de cotisations TNS (≈ 45 % du net) : l'arbitrage dépend de la tranche d'IS et du niveau de protection sociale souhaité.

Ce simulateur calcule uniquement le coût de la rémunération. Pour un arbitrage complet salaire-dividendes, avec chiffrage sur 12 mois intégrant le taux d'IS et le TMI, l'outil RH Pro 2026 propose une modélisation complète.

Tableau d'arbitrage indicatif : rémunération vs dividendes pour un gérant TNS

Ce tableau illustre de manière indicative la différence de traitement entre rémunération et dividendes pour un gérant majoritaire (TNS), selon le niveau de prélèvement. Les chiffres sont des ordres de grandeur à des fins pédagogiques ; le calcul exact dépend du taux d'IS applicable, du TMI personnel, du niveau de cotisations SSI réelles et de la situation individuelle.

Arbitrage indicatif : 1 000 € bruts disponibles dans la SARL (gérant TNS majoritaire)
CanalDéduction IS ?PrélèvementsNet perçu (indicatif)
Rémunération (TNS)Oui (réduit l'IS)Cotisations TNS ≈ 45 % + IR/TMIVariable selon TMI
Dividendes ≤ seuil 10 %Non (distribués après IS)IS + prélèvements sociaux 18,6 % + IR (PFU 31,4 % ou barème)Plus faible pression si IS 15 % et TMI bas
Dividendes > seuil 10 %NonIS + cotisations TNS sur excédent + IRAvantage réduit ou nul par rapport à la rémunération

Tableau indicatif — ordres de grandeur 2026. Ne constitue pas un conseil fiscal. Consultez un expert-comptable pour un calcul personnalisé.

Impact sur la retraite

Un gérant TNS qui privilégie les dividendes au détriment d'une rémunération suffisante cotise moins pour sa retraite SSI. Les droits à la retraite étant directement liés au montant des cotisations versées, une rémunération faible peut créer des lacunes significatives dans le calcul de la pension. Le PASS 2026 (48 060 €/an) sert de référence pour les plafonds de cotisations retraite de base SSI. Pour les gérants proches de la retraite, réduire la rémunération au profit des dividendes peut diminuer les dernières années de cotisation et impacter le montant de la pension.

Outils complémentaires pour l'arbitrage

Ce simulateur calcule uniquement le coût direct de la rémunération (cotisations + coût total société). Pour un arbitrage complet intégrant le taux d'IS de la SARL (15 % ou 25 %), le TMI du gérant, l'impact sur les droits retraite sur plusieurs années et la comparaison nette-nette sur 12 mois, une modélisation spécifique est nécessaire.

Rémunération manifestement excessive : risque fiscal à connaître

Si la liberté de fixation de la rémunération du gérant est totale sur le plan du droit des sociétés, l'administration fiscale dispose d'un droit de contrôle sur le caractère déductible de cette rémunération (art. 39-1-1° CGI ; doctrine BOFiP BIC - Rémunérations dirigeants).

Une rémunération est considérée comme manifestement excessive (ou « exagérée ») lorsqu'elle excède ce qui est normalement alloué pour des fonctions similaires, eu égard aux résultats de la société. L'administration peut alors réintégrer dans le résultat imposable à l'IS la fraction jugée excessive, ce qui alourdit la charge fiscale de la SARL.

Critères d'appréciation retenus

La jurisprudence administrative et la doctrine BOFiP retiennent plusieurs critères pour apprécier le caractère manifestement excessif d'une rémunération :

  • Résultats de la société : une rémunération qui absorbe la totalité ou quasi-totalité du résultat d'exploitation peut être requalifiée, surtout si elle est disproportionnée aux bénéfices réalisés.
  • Importance et nature des fonctions : la rémunération doit être en rapport avec les fonctions réellement exercées par le gérant (direction générale, gestion commerciale, technique, administrative).
  • Comparaison avec le marché : l'administration peut se référer aux rémunérations pratiquées pour des fonctions équivalentes dans des sociétés comparables (secteur, taille, chiffre d'affaires).
  • Évolution dans le temps : une augmentation brutale de la rémunération sans lien avec les résultats de la société peut attirer l'attention lors d'un contrôle fiscal.
  • Qualifications et expérience du gérant : une rémunération élevée peut être justifiée par une expertise spécifique apportée à la société.

Conséquence d'une réintégration fiscale

Lorsque l'administration fiscale réintègre une fraction de la rémunération dans le résultat imposable à l'IS, la société supporte un IS supplémentaire sur la partie réintégrée. Par ailleurs, la rémunération réintégrée reste imposée comme revenu dans les mains du gérant au titre de l'IR — il y a donc une double taxation de fait : IS au niveau de la société + IR au niveau du gérant, sans que la déduction IS ait été accordée.

Exemple indicatif : si l'administration réintègre 30 000 € de rémunération jugée excessive dans le résultat d'une SARL soumise à l'IS à 25 %, cela génère un rappel d'IS de 30 000 € × 25 % = 7 500 €, assorti de pénalités et intérêts de retard.

Absence de rémunération : implications inverses

À l'inverse d'une rémunération excessive, une rémunération nulle ou symbolique est acceptée par l'administration fiscale. Elle ne crée pas de problème de déductibilité (puisqu'il n'y a pas de charge à déduire), mais elle prive la société de la déduction correspondante et expose le gérant à des droits sociaux insuffisants. Pour le gérant majoritaire (TNS) sans rémunération, la SSI réclame des cotisations minimales et la couverture maladie peut être réduite si les conditions de revenus minimaux ne sont pas atteintes.

Cas particuliers et profils-types

Gérant associé unique d'une EURL

L'EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) est une SARL à associé unique. Le gérant associé unique d'une EURL détient 100 % du capital et est donc systématiquement majoritaire : il relève du statut TNS et est affilié à la SSI. Les règles de cotisations, de dividendes (seuil de 10 %) et d'absence de chômage s'appliquent identiquement.

Gérant non associé

Un gérant peut ne détenir aucune part sociale. Dans ce cas, il est assimilé salarié (régime général), puisqu'il n'atteint pas le seuil de 50 %. Ce cas est fréquent lorsqu'un professionnel extérieur est nommé gérant sans entrer au capital.

Co-gérants d'une SARL

Lorsqu'une SARL est dirigée par plusieurs gérants simultanément, le seuil de 50 % pour chacun est calculé en additionnant les parts de tous les gérants (y compris celles de leurs conjoints/partenaires de PACS et enfants mineurs). Si l'ensemble des gérants détient collectivement plus de 50 % du capital, chacun d'eux est considéré comme majoritaire et affilié à la SSI.

Exemple : SARL avec deux gérants, l'un détenant 35 %, l'autre 30 %. Ensemble, ils détiennent 65 % > 50 % → les deux sont TNS, même si individuellement aucun n'atteint 50 %.

Gérant dont la rémunération fluctue

La rémunération du gérant de SARL peut être modifiée en cours d'année par décision collective des associés. Les cotisations SSI sont calculées sur la base des revenus de l'année N-2 (régularisation lors du calcul définitif des cotisations). Des acomptes provisionnels sont versés en cours d'année, puis régularisés lorsque les revenus définitifs sont connus. Ce décalage peut créer des régularisations importantes lors d'une forte variation de rémunération.

Gérant percevant uniquement des dividendes (rémunération nulle)

Un gérant majoritaire peut décider de ne pas se verser de rémunération et de se rémunérer uniquement via des dividendes. Dans ce cas, il reste affilié à la SSI et doit s'acquitter de cotisations minimales. La fraction des dividendes dépassant 10 % du capital social est soumise aux cotisations TNS. Une absence totale de rémunération peut avoir des conséquences sur la couverture maladie (indemnités journalières) et les droits à la retraite.

Gérant partiellement indemnisé lors d'un arrêt maladie

Le gérant majoritaire (TNS) bénéficie d'indemnités journalières maladie versées par la SSI, sous conditions d'affiliation et de revenus cotisés. Ces IJ TNS sont versées à partir du 4ème jour d'arrêt (délai de carence de 3 jours applicable) et calculées selon les revenus des années précédentes. Le gérant assimilé salarié, en revanche, bénéficie des IJSS du régime général selon les règles applicables aux salariés. Les deux régimes présentent des niveaux de couverture différents, notamment pour les hauts revenus où le plafond des IJSS régime général peut limiter le montant perçu.

Comparaison TNS vs assimilé salarié : protection sociale en détail

Le choix entre statut TNS et assimilé salarié ne se résume pas à un différentiel de taux de cotisations. Il engage des couvertures sociales structurellement différentes sur trois dimensions clés : la retraite, la maladie/invalidité, et l'absence d'assurance chômage dans les deux cas.

Retraite : SSI vs régime général + Agirc-Arrco

Le gérant majoritaire (TNS) cotise pour sa retraite au sein du régime SSI, qui comprend une retraite de base et une retraite complémentaire SSI spécifiques. Le calcul des droits retraite SSI diffère du régime général : les points sont acquis selon des règles propres à la SSI, et pour les hauts revenus (au-delà du PASS 2026, soit 48 060 €/an), le taux de cotisation retraite de base est réduit, ce qui limite la constitution de droits supplémentaires.

Le gérant assimilé salarié cotise pour sa retraite au régime général de la Sécurité sociale (Cnav) et à l'Agirc-Arrco pour la retraite complémentaire. Le régime Agirc-Arrco, unifié depuis 2019, offre des droits généralement plus avantageux pour les cadres à revenus intermédiaires et élevés. C'est l'un des arguments structurels en faveur du statut assimilé salarié pour les gérants souhaitant constituer des droits retraite solides.

Couverture maladie : indemnités journalières

Le gérant majoritaire (TNS) bénéficie d'indemnités journalières (IJ) maladie versées par la SSI, à partir du 4ème jour d'arrêt (délai de carence de 3 jours). Le montant de ces IJ dépend des revenus cotisés des années précédentes. Pour les gérants qui se versent une faible rémunération ou qui démarrent leur activité, les IJ SSI peuvent être peu élevées ou inexistantes si les conditions d'affiliation minimales ne sont pas remplies.

Le gérant assimilé salarié perçoit les indemnités journalières du régime général dans les mêmes conditions qu'un salarié cadre, avec un délai de carence de 3 jours également. Le plafond des IJSS régime général peut toutefois limiter le montant pour les hauts revenus.

Dans les deux cas, une complémentaire santé ou une prévoyance individuelle peut compléter la couverture de base. Les contrats Madelin (pour les TNS) permettent de déduire les cotisations de prévoyance et de retraite complémentaire facultatives de l'assiette des cotisations TNS, ce qui en améliore l'efficacité nette.

Assurance chômage : absence dans les deux statuts au titre du mandat

Ni le gérant majoritaire (TNS), ni le gérant assimilé salarié ne bénéficient de l'assurance chômage au titre de leur mandat social. Cette absence est une réalité commune aux deux statuts. En cas de cessation des fonctions, aucun des deux ne peut prétendre à l'ARE (allocation de retour à l'emploi) au titre du mandat. Le gérant assimilé salarié bénéficie certes du régime général pour les autres branches (maladie, retraite), mais l'assurance chômage reste exclue pour les deux profils dans le cadre du mandat.

Une protection contre la perte de mandat peut être souscrite via des assurances privées spécifiques aux dirigeants (contrats de prévoyance homme-clé, contrats perte de mandat), mais elles relèvent de la prévoyance facultative et non d'une obligation légale.

Tableau comparatif — Protection sociale TNS vs Assimilé salarié (2026)
BrancheGérant majoritaire (TNS)Gérant assimilé salarié
Maladie de baseSSI (via caisses régime général depuis 2020)Régime général
IJ maladie (carence)À partir du 4ème jour (3 j de carence), sous conditions de revenusÀ partir du 4ème jour (3 j de carence)
Retraite de baseRetraite SSI (barème spécifique)Régime général (Cnav)
Retraite complémentaireRetraite complémentaire SSIAgirc-Arrco
Invalidité-décèsCouvert par la SSICouvert (régime général + prévoyance cadres)
Allocations familialesOui (CAF)Oui (CAF)
Assurance chômage (mandat)NonNon

Sources : SSI / service-public.gouv.fr F36235 / code de la Sécurité sociale — données 2026.

Implications pratiques pour le gérant

Pour un gérant qui valorise fortement la retraite complémentaire Agirc-Arrco et une couverture maladie alignée sur celle des salariés, le surcoût en cotisations de l'assimilé salarié peut être perçu comme la contrepartie légitime d'une meilleure protection. Pour un gérant qui préfère optimiser le coût pour la société à court terme et qui dispose d'une épargne retraite individuelle complémentaire (PERP, PER, contrat Madelin), le statut TNS peut être plus attractif. L'arbitrage dépend de la situation personnelle, de l'horizon retraite et des objectifs de protection sociale.

Cas particuliers avancés

Conjoint du gérant : statut et implications sociales

Le conjoint du gérant majoritaire qui participe à l'activité de la SARL peut choisir entre trois statuts : conjoint collaborateur, conjoint associé ou conjoint salarié. Le choix a des conséquences directes sur sa couverture sociale et sur le calcul du seuil de 50 % pour le gérant.

Si le conjoint est également associé et détient des parts, ces parts s'ajoutent à celles du gérant pour le calcul du seuil de 50 % (règle de cumul décrite dans la section statut social). Un conjoint qui détient 20 % des parts et dont le gérant en détient 35 % font basculer le gérant en statut TNS (55 % > 50 %), même si chacun détient individuellement moins de 50 %.

Le conjoint collaborateur non associé bénéficie d'une couverture sociale spécifique liée à la SSI du gérant majoritaire, sans cotiser séparément. Le conjoint salarié bénéficie du régime général au titre de son propre contrat de travail, mais l'administration fiscale peut contrôler la réalité du travail et la cohérence de la rémunération versée.

SARL de famille : régime IR et conséquences sur la rémunération

La SARL de famille est une SARL constituée exclusivement entre membres d'une même famille en ligne directe (parents, enfants), entre frères et sœurs, ou entre conjoints et partenaires de PACS. Une telle SARL peut opter pour le régime fiscal des sociétés de personnes (imposition à l'impôt sur le revenu, dit régime de transparence fiscale), par opposition à l'IS qui s'applique par défaut.

Sous le régime IR, la rémunération du gérant n'est plus une charge déductible au niveau de la société : les associés sont imposés directement sur leur quote-part du résultat global de la société, quelle que soit la rémunération versée. Cette option peut modifier significativement la stratégie d'optimisation entre rémunération et dividendes, puisque la distinction fiscale entre les deux se réduit. Le régime social du gérant (TNS ou assimilé salarié) n'est en revanche pas affecté par l'option IR : il reste déterminé uniquement par le pourcentage de parts.

Gérant non associé : profil, régime et pratique

Un gérant de SARL peut ne détenir aucune part sociale. Cette configuration est fréquente lorsqu'un dirigeant professionnel est recruté pour gérer la société sans entrer au capital, ou lors d'une transmission d'entreprise progressive. Dans ce cas, le gérant non associé est assimilé salarié (régime général), puisqu'il ne franchit pas le seuil de 50 %.

Sa rémunération est soumise aux cotisations assimilé salarié (ordre de grandeur 75 à 80 % du net), et il bénéficie de la couverture du régime général (maladie, retraite Cnav + Agirc-Arrco, invalidité-décès). Il ne bénéficie pas de l'assurance chômage au titre du mandat social. La question de la déductibilité de sa rémunération de l'IS de la SARL se pose dans les mêmes conditions que pour tout autre gérant (art. 39-1-1° CGI).

Cogérance : règle du cumul des parts et conséquences pratiques

Lorsque plusieurs gérants dirigent la même SARL simultanément, le seuil de 50 % s'apprécie en additionnant les parts de tous les gérants, y compris celles de leurs conjoints/partenaires de PACS et enfants mineurs. Cette règle de cumul peut conduire à des situations où chaque gérant est individuellement minoritaire, mais tous sont TNS collectivement.

Exemple concret : une SARL à trois gérants détenant respectivement 25 %, 20 % et 15 % des parts. Ensemble, les trois gérants détiennent 60 % > 50 %, donc chacun d'eux est considéré comme majoritaire et relève du régime TNS — même si aucun n'atteint 50 % individuellement. Ce fonctionnement peut surprendre lors de la constitution d'une SARL avec plusieurs co-fondateurs qui se répartissent le capital à parts approximativement égales.

La conséquence pratique est que dans une SARL avec deux gérants détenant chacun 30 % (total 60 % > 50 %), les deux sont TNS, alors qu'un gérant unique avec 30 % aurait été assimilé salarié. La répartition du capital entre les gérants est donc un levier stratégique dans la structuration initiale de la SARL.

Cumul mandat de gérant et contrat de travail : ce qui est possible et ce qui est interdit

La jurisprudence sociale a posé une règle constante pour le gérant majoritaire : il ne peut pas cumuler son mandat social avec un contrat de travail au sein de la même SARL pour des fonctions identiques ou similaires à son mandat. L'absence de lien de subordination (condition fondamentale du contrat de travail) est incompatible avec la qualité de gérant majoritaire, qui est par définition en position de direction et non de subordination vis-à-vis de la société.

Pour le gérant minoritaire ou non associé, la jurisprudence admet théoriquement le cumul mandat + contrat de travail, à condition stricte que (i) les fonctions salariées soient distinctes et séparables des fonctions de gérant, (ii) un lien de subordination réel soit établi vis-à-vis de la société (ce qui suppose que des organes de direction existent au-dessus du gérant pour encadrer le salarié), et (iii) le contrat de travail ne soit pas fictif. Cette condition est difficile à remplir en pratique dans les petites structures. En cas de contestation par l'Urssaf, les Prud'hommes ou l'administration fiscale, le contrat de travail peut être requalifié.

Un gérant qui souhaite ouvrir des droits à l'assurance chômage doit donc réfléchir à la structure de sa rémunération et à son pourcentage de parts dès la création de la SARL, car le mandat social seul ne génère jamais de droit ARE.

Exemples chiffrés supplémentaires

Exemple 4 — Gérant EURL (associé unique), rémunération nette 3 000 €/mois

Situation : gérant associé unique d'une EURL, détient 100 % du capital (10 000 €). Rémunération nette souhaitée : 3 000 €/mois. Taux TNS retenu : 44 % (fourchette 2026).

Statut : TNS majoritaire (100 % > 50 %)
Cotisations SSI = 3 000 € × 44 % = 1 320 €/mois
Coût total pour la société = 3 000 + 1 320 = 4 320 €/mois
Coût annuel = 4 320 × 12 = 51 840 €/an

Rémunération nette annuelle = 36 000 €
PASS 2026 = 48 060 € → rémunération sous le PASS (plein taux retraite de base)

Seuil dividendes TNS = 10 % × 10 000 = 1 000 €/an
Dividendes jusqu'à 1 000 €/an → prélèvements sociaux 18,6 % + IR seulement.
Au-delà → cotisations TNS en sus.

Exemple 5 — Cogérance : deux gérants, chacun 30 %, rémunérations 2 000 €/mois chacun

Situation : SARL avec deux gérants co-fondateurs, détenant chacun 30 % des parts (ensemble : 60 % > 50 % → tous les deux TNS). Capital social 20 000 €. Chaque gérant souhaite une rémunération nette de 2 000 €/mois. Taux TNS : 45 %.

Statut des deux gérants : TNS (règle de cumul : 30 % + 30 % = 60 % > 50 %)
Pour chaque gérant :
  Cotisations SSI = 2 000 € × 45 % = 900 €/mois
  Coût total/gérant pour la société = 2 000 + 900 = 2 900 €/mois

Coût total pour la société (2 gérants) = 2 900 × 2 = 5 800 €/mois
Coût annuel total = 5 800 × 12 = 69 600 €/an

Seuil dividendes TNS (par gérant, prorata parts) :
  Chaque gérant = 10 % × (20 000 × 30 % part) = 10 % × 6 000 = 600 €/an
  NB : le seuil s'apprécie au niveau du gérant sur sa quote-part de dividendes.

Si les deux gérants avaient été désignés individuellement avec moins de 50 % sans co-gérance (par exemple, gérant unique avec 30 % des parts), chacun aurait été assimilé salarié avec un coût de 2 000 × 180 % = 3 600 €/mois. Le statut TNS, ici imposé par la règle de cumul, génère une économie de 700 €/mois par gérant (3 600 − 2 900 = 700 €) pour la société, mais avec une couverture sociale moindre.

Exemple 6 — Gérant majoritaire, rémunération nulle + dividendes uniquement

Situation : gérant majoritaire d'une SARL commerciale, capital 15 000 €, compte courant d'associé 5 000 €. Il décide de ne pas se verser de rémunération et de percevoir 8 000 € de dividendes sur l'exercice.

Rémunération nette = 0 €
→ Le gérant reste affilié à la SSI et doit payer des cotisations minimales.

Seuil dividendes TNS = 10 % × (15 000 + 0 primes + 5 000 CCA)
                     = 10 % × 20 000 = 2 000 €/an

Dividendes dans le seuil (≤ 2 000 €) : prélèvements sociaux 18,6 % + IR
  → 2 000 € × 18,6 % = 372 € de prélèvements sociaux

Dividendes au-delà du seuil = 8 000 − 2 000 = 6 000 €
  → soumis aux cotisations TNS (≈ 40–45 % de cet excédent)
  → cotisations estimées sur 6 000 € : environ 2 400 à 2 700 €

Note : l'absence de rémunération peut créer des IJ maladie insuffisantes
et des lacunes dans les droits à la retraite SSI.

Cet exemple illustre l'erreur fréquente consistant à croire que remplacer intégralement la rémunération par des dividendes permet d'échapper aux cotisations sociales pour le gérant majoritaire. La règle du seuil de 10 % réduit significativement l'avantage pour les SARL à faible capital social.

Erreurs fréquentes à éviter

Confondre gérant majoritaire et gérant associé unique

Tout gérant associé unique (EURL) est majoritaire, mais un gérant majoritaire n'est pas forcément associé unique. Un gérant peut être majoritaire en détenant 51 % des parts dans une SARL à plusieurs associés. La règle du cumul avec les parts du conjoint/co-gérants s'applique dans tous les cas.

Appliquer le SMIC au gérant majoritaire

Le SMIC ne s'applique pas au gérant majoritaire de SARL. Il n'a pas de contrat de travail au titre de son mandat social : le droit du travail (durée légale, SMIC, heures supplémentaires) ne lui est pas applicable pour l'exercice de ses fonctions de gérant. Cela ne signifie pas qu'il doit obligatoirement se verser une rémunération — le mandat peut être gratuit.

Croire que les dividendes évitent toujours les cotisations TNS

C'est faux pour le gérant majoritaire de SARL : la fraction des dividendes dépassant 10 % du capital social (+ primes d'émission + comptes courants) est soumise aux cotisations TNS. Cette règle est souvent ignorée lors d'une première distribution, ce qui entraîne une régularisation de cotisations SSI l'année suivante.

Ignorer le délai de calcul des cotisations SSI

Les cotisations SSI sont calculées sur la base des revenus de l'année N-2 en cours d'année (acomptes), puis régularisées en N+1 sur les revenus définitifs de N. Un gérant qui augmente fortement sa rémunération en N doit anticiper une régularisation de cotisations importante en N+1, qui peut représenter plusieurs milliers d'euros en trésorerie.

Oublier que l'assimilé salarié n'a pas de chômage au titre du mandat

Le gérant assimilé salarié n'est pas affilié à l'assurance chômage au titre de son mandat social, même s'il relève du régime général pour les autres branches. Cette spécificité est parfois source de mauvaise surprise lors de la perte du mandat.

Comparer uniquement le taux de cotisations sans regarder la protection sociale

Le taux TNS (40–45 %) est inférieur au taux assimilé salarié (75–80 %), mais la couverture sociale est différente. Le gérant TNS dispose d'une retraite SSI (généralement moins avantageuse que l'Agirc-Arrco pour les hauts revenus), d'IJ maladie plus limitées, et d'aucune couverture chômage. L'arbitrage entre les deux statuts doit intégrer la valeur des protections sociales supplémentaires offertes par le régime général.

Ne pas documenter la décision de fixation de la rémunération

La rémunération du gérant doit être fixée ou ratifiée par une décision collective des associés (assemblée générale ou consultation écrite), consignée dans un procès-verbal ou une décision écrite. L'absence de documentation peut exposer la société à une remise en cause de la déductibilité de la rémunération par l'administration fiscale.

FAQ — Rémunération du gérant de SARL (18 questions)

Quel est le statut social du gérant majoritaire de SARL ?
Le gérant majoritaire de SARL est travailleur non salarié (TNS), affilié à la Sécurité sociale des indépendants (SSI). Il est considéré comme majoritaire s'il détient (seul ou avec conjoint/partenaire de PACS et enfants mineurs, ou avec les co-gérants) plus de 50 % du capital. Il ne bénéficie pas de l'assurance chômage au titre de son mandat.
Gérant minoritaire ou égalitaire SARL : quel régime social ?
Le gérant minoritaire ou égalitaire (50 % ou moins du capital) est assimilé salarié : il est rattaché au régime général de la Sécurité sociale. Sa protection sociale est proche de celle d'un cadre, mais il n'est pas affilié à l'assurance chômage au titre du mandat social.
Quel est le taux de cotisations d'un gérant TNS en 2026 ?
Les cotisations du gérant majoritaire (TNS/SSI) représentent un ordre de grandeur de 40 à 45 % de la rémunération nette en 2026 (environ 30–31 % de la rémunération « super-brute »). Ce taux varie selon le niveau de rémunération et le barème progressif de la SSI. Le PASS 2026 est de 48 060 €.
Quel est le coût d'un gérant assimilé salarié pour la SARL ?
Pour un gérant assimilé salarié (minoritaire/égalitaire), les cotisations sociales (patronales + salariales) représentent environ 75 à 80 % de la rémunération nette, soit un coût total d'environ 1,75 à 1,80 fois la rémunération nette souhaitée. C'est l'ordre de grandeur d'un cadre du régime général, hors assurance chômage.
Y a-t-il un salaire minimum pour le gérant de SARL ?
Non. Il n'existe ni salaire minimum (le SMIC ne s'applique pas au gérant majoritaire qui n'a pas de contrat de travail) ni salaire maximum légal pour un gérant de SARL. La rémunération est fixée librement par les statuts ou une décision collective des associés. Une rémunération manifestement excessive peut toutefois être réintégrée fiscalement par l'administration.
Les dividendes du gérant majoritaire sont-ils soumis aux cotisations TNS ?
Oui, partiellement. Pour le gérant majoritaire de SARL, la fraction des dividendes qui excède 10 % du capital social (+ primes d'émission + sommes en compte courant) est soumise aux cotisations TNS. En deçà de ce seuil, les dividendes ne sont soumis qu'aux prélèvements sociaux sur les revenus du capital (18,6 %) et à l'impôt sur le revenu.
Quelle différence de coût entre gérant TNS et assimilé salarié à rémunération identique ?
Pour une rémunération nette de 2 500 €/mois : le gérant TNS coûte environ 3 625 €/mois à la société (cotisations ≈ 45 %). L'assimilé salarié coûte environ 4 500 €/mois (cotisations ≈ 80 %). Soit environ 875 €/mois de moins pour le TNS, en contrepartie d'une protection sociale réduite (pas de régime général, pas de chômage). Source : data pack §3.
Le gérant de SARL peut-il cumuler mandat social et contrat de travail ?
Le gérant majoritaire ne peut pas avoir de contrat de travail au sein de la même SARL pour l'exercice de fonctions identiques à son mandat social (jurisprudence sociale constante). Le gérant minoritaire peut théoriquement cumuler mandat et contrat de travail pour des fonctions techniques distinctes, sous réserve que le lien de subordination soit établi et que les fonctions soient réellement séparables.
Comment valider ses trimestres de retraite en tant que gérant TNS ?
La validation des trimestres de retraite pour un TNS dépend du montant de la rémunération soumise à cotisations. Une rémunération insuffisante peut créer des lacunes dans les droits à la retraite. Le PASS 2026 (48 060 €/an) est la référence pour les plafonds de cotisations retraite de base SSI.
Qu'est-ce que la SSI (Sécurité sociale des indépendants) ?
La SSI (Sécurité sociale des indépendants), anciennement RSI, est le régime de protection sociale obligatoire des travailleurs non salariés, dont les gérants majoritaires de SARL. Elle couvre la maladie de base, la retraite de base et complémentaire, les allocations familiales et l'invalidité-décès. Sa gestion est assurée par les caisses du régime général depuis 2020.
Peut-on ne pas se verser de rémunération en tant que gérant de SARL ?
Oui. Un gérant de SARL peut décider de ne pas percevoir de rémunération (mandat à titre gratuit). Dans ce cas, le gérant majoritaire est toujours affilié à la SSI et doit s'acquitter de cotisations minimales. L'absence de rémunération peut avoir des conséquences sur la couverture maladie (indemnités journalières) et les droits à la retraite.
Comment l'impôt sur les sociétés interagit-il avec la rémunération du gérant ?
La rémunération du gérant de SARL est une charge déductible du résultat imposable à l'IS (art. 39-1-1° CGI), dans la mesure où elle n'est pas manifestement excessive. Augmenter la rémunération réduit l'IS mais augmente les cotisations sociales. L'arbitrage optimal dépend du taux d'IS applicable (15 % ou 25 %) et du taux marginal d'imposition (TMI) du gérant.
Comment modifier la rémunération du gérant de SARL ?
La rémunération du gérant peut être fixée dans les statuts ou par une décision collective des associés (assemblée générale ordinaire ou consultation écrite). Elle peut être modifiée à tout moment par une nouvelle décision collective. Un procès-verbal ou une décision écrite est recommandé pour opposabilité, notamment vis-à-vis de l'administration fiscale.
Le gérant de SARL bénéficie-t-il des congés payés ?
Non. Le gérant de SARL, qu'il soit majoritaire (TNS) ou assimilé salarié, n'accumule pas de congés payés au titre de son mandat social. Il n'a pas de contrat de travail pour l'exercice de ses fonctions de gérant. Sa liberté d'organisation de son temps de travail est totale.
Le conjoint du gérant est-il pris en compte pour le calcul du seuil de 50 % ?
Oui. Pour apprécier le franchissement du seuil de 50 %, on additionne les parts du gérant, de son conjoint ou partenaire de PACS, de ses enfants mineurs non émancipés, et des autres gérants de la même SARL. Cette règle de cumul vise à éviter tout contournement du statut TNS par une répartition artificielle du capital au sein du foyer. Un gérant qui détient 35 % et dont le conjoint détient 20 % est considéré comme majoritaire (55 % > 50 %) et relève du régime TNS.
Qu'est-ce qu'une SARL de famille et en quoi diffère-t-elle sur le plan fiscal ?
La SARL de famille est une SARL constituée exclusivement entre membres d'une même famille en ligne directe (parents, enfants), entre frères et sœurs, ou entre conjoints et partenaires de PACS. Elle peut opter pour le régime fiscal des sociétés de personnes (imposition à l'IR), ce qui permet aux associés d'être imposés directement sur leur quote-part du résultat, sans passer par l'IS. Cette option modifie le traitement fiscal de la rémunération et des dividendes, mais ne change pas le régime social du gérant : celui-ci reste déterminé par son pourcentage de parts (TNS si majoritaire, assimilé salarié si minoritaire ou égalitaire). Source : code général des impôts.
Qu'est-ce que le gérant majoritaire de fait et quelles en sont les conséquences ?
Le gérant majoritaire de fait est une personne qui exerce en réalité les pouvoirs de direction sans être désignée formellement comme gérant dans les statuts. La jurisprudence peut requalifier une telle situation et engager la responsabilité personnelle de ce gérant de fait. Sur le plan social, si cette personne est par ailleurs associée majoritaire (plus de 50 % des parts en tenant compte du foyer et des co-gérants) et perçoit une rémunération au titre de ses fonctions effectives de direction, elle relève du statut TNS.
Comment fonctionne la régularisation des cotisations SSI en N+1 ?
Les cotisations SSI du gérant majoritaire sont calculées à titre provisionnel en cours d'année sur la base des revenus de l'année N-2. Une fois les revenus définitifs de l'année N connus (déclaration fiscale en N+1), la SSI procède à une régularisation. Si la rémunération a augmenté en N par rapport à N-2, un complément de cotisations est réclamé, pouvant représenter plusieurs milliers d'euros de trésorerie. À l'inverse, si la rémunération a baissé, un remboursement peut intervenir. Il est prudent d'anticiper cette régularisation en provisionnant une trésorerie suffisante dès l'année de la hausse de rémunération.

Sources officielles et références légales

  • service-public.gouv.fr — Fiche F36235 : cotisations sociales du gérant de SARL (régime TNS et assimilé salarié). Consulté le 21/05/2026.
  • Code de commerce — art. L223-18 à L223-25 : statut du gérant de SARL, mode de désignation et rémunération.
  • Code de la Sécurité sociale — art. L311-3 (assimilés salariés), L613-1 et suivants (TNS/SSI).
  • Arrêté PASS 2026 — Plafond annuel de la Sécurité sociale fixé à 48 060 €/an (4 005 €/mois) pour 2026.
  • CGI art. 39-1-1° — Déductibilité de la rémunération du gérant du résultat imposable à l'IS ; doctrine BOFiP BIC - Rémunérations des dirigeants.
  • SSI (Sécurité sociale des indépendants) — Barèmes et modalités de calcul des cotisations TNS 2026. secu-independants.fr.
  • Unédic / France Travail — Confirmation de l'absence de droit à l'ARE pour les gérants majoritaires au titre du mandat social.
  • Jurisprudence Cour de cassation — Impossibilité de cumuler mandat de gérant majoritaire et contrat de travail pour fonctions identiques (Cass. soc., jurisprudence constante).

Données vérifiées au 21/05/2026. Les taux de cotisations indiqués sont des ordres de grandeur ; le calcul définitif relève d'un expert-comptable ou d'un conseiller SSI. Mehdi Kabbaj — Ma Calculatrice En Ligne.

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Mehdi Kabbaj Expert droit des sociétés, cotisations sociales et paie des dirigeants — Ma Calculatrice En Ligne

Mehdi Kabbaj analyse les régimes sociaux des dirigeants (TNS, assimilé salarié), les mécanismes de cotisations SSI et les arbitrages de rémunération pour les gérants de SARL, EURL et SAS. Ses outils sont consultés par des dirigeants, experts-comptables et juristes. Voir le profil complet →

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