Revenus Fonciers 2026 : Tableau de Calcul Micro-Foncier vs Régime Réel

min de lecture · Mis à jour le par Mehdi Kabbaj

⚡ En bref — Imposition des revenus fonciers 2026

Deux régimes d'imposition pour la location nue : le micro-foncier (abattement forfaitaire 30 %, accessible si loyers bruts ≤ 15 000 €) et le régime réel (déduction des charges justifiées, formulaire 2044, obligatoire au-delà ou sur option). Le revenu net foncier s'ajoute au revenu imposable du foyer et supporte l'IR au barème progressif plus les prélèvements sociaux à 17,2 %. Rédigé et vérifié par Mehdi Kabbaj, spécialiste fiscalité immobilière.

CritèreMicro-foncierRégime réel
Seuil d'accèsLoyers bruts ≤ 15 000 €Obligatoire > 15 000 € ou sur option
Abattement / déductions30 % forfaitaire automatiqueCharges réelles justifiées (CGI art. 31)
Base imposable70 % des loyers brutsLoyers − charges déductibles
Déficit foncierImpossibleImputable sur revenu global (10 700 €/an)
FormulaireCase 4BE — Déclaration 2042Formulaire 2044 + report 2042
Option irrévocable3 ans (puis reconduction tacite)

🧮 Simulateur Revenus Fonciers 2026 — Micro-Foncier vs Régime Réel

Renseignez vos loyers bruts annuels, vos charges réelles et votre tranche marginale d'imposition (TMI). Le simulateur compare les deux régimes, calcule IR + prélèvements sociaux et détecte automatiquement le déficit foncier.

Total des loyers encaissés, toutes propriétés nues confondues
Intérêts emprunt, travaux, taxe foncière, assurances, frais de gestion…
Votre taux marginal selon le barème IR 2026
Bailleur Loyers DGFiP IR barème progressif + PS 17,2 % Administration fiscale

🔗 Intégrer ce simulateur sur votre site

Copiez le code ci-dessous. Le widget affiche un lien dofollow vers la source, notre seule contrepartie.

Régime micro-foncier : fonctionnement, calcul et limites

Le régime micro-foncier est le régime simplifié d'imposition des revenus fonciers en France. Il s'applique de plein droit lorsque le total des revenus fonciers bruts du foyer fiscal — toutes propriétés nues confondues — ne dépasse pas 15 000 € par an. Ce seuil est apprécié sur l'ensemble des loyers encaissés, quelle que soit la date de perception (loyers d'avance inclus). Mehdi Kabbaj souligne que beaucoup de bailleurs ignorent que ce seuil est calculé par foyer fiscal, et non par bien immobilier.

L'abattement forfaitaire de 30 %

Au micro-foncier, l'administration fiscale applique automatiquement un abattement forfaitaire de 30 % sur les loyers bruts. Cet abattement est censé représenter forfaitairement l'ensemble des charges : travaux d'entretien, taxe foncière, frais de gestion, assurances, intérêts d'emprunt, etc. Vous ne pouvez déduire aucune charge réelle supplémentaire — même si elles sont légitimes et justifiables. La base imposable est donc égale à 70 % des loyers bruts encaissés.

Base imposable micro-foncier = Loyers bruts × 70 %
Abattement 30 % automatique — case 4BE de la déclaration 2042

Déclaration en case 4BE

La déclaration au régime micro-foncier est d'une simplicité remarquable : il suffit de reporter le total des loyers bruts encaissés dans l'année en case 4BE de la déclaration de revenus 2042. L'administration applique seule l'abattement de 30 % et calcule le revenu net foncier à 70 %. Aucun formulaire annexe (pas de 2044) n'est requis.

Loyers bruts annuelsAbattement 30 %Base imposable (70 %)IR (TMI 30 %)PS (17,2 %)Total
5 000 €1 500 €3 500 €1 050 €602 €1 652 €
10 000 €3 000 €7 000 €2 100 €1 204 €3 304 €
15 000 €4 500 €10 500 €3 150 €1 806 €4 956 €

Calculs établis par Mehdi Kabbaj — TMI 30 % + PS 17,2 %. Données 2026. Source : impots.gouv.fr, CGI.

Exclusions du micro-foncier

Le régime micro-foncier n'est pas universel. Plusieurs catégories de revenus en sont exclues par la loi, même si les loyers bruts restent sous 15 000 € :

  • Revenus de SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) : toujours imposés au régime réel, déclarés sur le 2044 SPE.
  • Revenus de logements bénéficiant d'un régime fiscal spécial (monuments historiques, dispositif Malraux, Robien, Périssol, Besson, Borloo).
  • Revenus de terrains nus à usage agricole loués en bail rural.
  • Revenus de locations meublées (LMNP/LMP) : soumis au régime des BIC, pas des revenus fonciers.

Un bailleur qui détient un appartement nu (loyers 9 000 €) et des parts de SCPI (revenus 4 000 €) ne peut pas opter pour le micro-foncier sur l'appartement seul : la SCPI impose le régime réel sur l'ensemble du revenu foncier.

Régime réel foncier : charges déductibles et formulaire 2044

Le régime réel foncier est le régime de droit commun lorsque les revenus fonciers bruts dépassent 15 000 € par an, ou sur option volontaire en dessous de ce seuil. Il permet de déduire l'intégralité des charges réelles justifiées, contrairement à l'abattement forfaitaire de 30 % du micro-foncier. Ce régime est formalisé par le formulaire 2044 (Déclaration des revenus fonciers).

Les charges déductibles au régime réel (CGI art. 31)

L'article 31 du Code général des impôts liste les charges déductibles des revenus fonciers. Mehdi Kabbaj les classe en sept catégories :

CatégorieDétail des charges déductiblesJustificatifs
Intérêts d'empruntIntérêts et frais d'emprunt contracté pour acquérir, conserver ou améliorer le bien loué. Frais de dossier, frais de caution, primes d'assurance décès-invalidité liée au prêt.Attestation annuelle de la banque
TravauxDépenses de réparation et d'entretien (remise en état), dépenses d'amélioration (confort sans agrandissement). Les travaux de construction ou d'agrandissement ne sont PAS déductibles.Factures artisans avec TVA
Taxe foncièreTaxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) à la charge du propriétaire. La TEOM (Taxe d'Enlèvement des Ordures Ménagères) n'est pas déductible si elle est récupérable sur le locataire.Avis de taxe foncière
AssurancesPrimes d'assurance propriétaire non occupant (PNO), assurance loyers impayés (GLI), assurance habitation si le bailleur l'a souscrite.Attestation assureur / avis d'échéance
Charges de copropriétéProvisions sur charges de copropriété (déductibles l'année de versement) moins les charges récupérables sur le locataire. Régularisation à opérer l'année suivante.Relevés de copropriété
Frais de gestionHonoraires d'agence immobilière, rémunération du syndic, frais de gérance, frais de rédaction de bail, annonces de location, frais de déplacement liés à la gestion du bien.Factures agence / relevés de compte
Frais de procédureHonoraires d'avocat, frais d'huissier, frais de procédure judiciaire liés à la gestion ou à la conservation du bien (procédure d'expulsion, recouvrement de loyers impayés).Factures avocat / huissier

Le formulaire 2044 en pratique

Le formulaire 2044 se structure en plusieurs rubriques par immeuble. Pour chaque bien loué nu, le bailleur renseigne :

  1. Les recettes brutes : loyers encaissés dans l'année civile (loyers d'avance inclus, dépôt de garantie exclu).
  2. Les charges de la propriété selon les catégories CGI art. 31.
  3. Le résultat foncier = recettes − charges. Si positif, c'est le revenu net foncier (case 4BA de la 2042). Si négatif, c'est le déficit (case 4BC pour la part imputable sur revenu global, case 4BB pour la part liée aux intérêts d'emprunt).

Mehdi Kabbaj rappelle que les provisions pour charges de copropriété sont déduites l'année de leur versement, mais qu'une régularisation est obligatoire l'année suivante : on retranche les charges non déductibles (travaux de construction ou agrandissement de l'immeuble, dépenses incombant au locataire) et on rajoute les charges déductibles qui ont été trop provisionnées.

Option pour le régime réel sous le seuil de 15 000 €

Un bailleur dont les loyers bruts sont inférieurs à 15 000 € peut opter volontairement pour le régime réel. Cette option est irrévocable pendant 3 ans : elle engage le contribuable pour l'année d'option et les deux années suivantes. Elle se reconduit ensuite tacitement d'année en année jusqu'à dénonciation. Avantage stratégique : opter pour le régime réel une année de lourds travaux (ravalement, toiture, rénovation énergétique) pour créer un déficit foncier imputable sur le revenu global.

Déficit foncier 2026 : plafonds, imputation et report sur 10 ans

Quand les charges déductibles dépassent les loyers bruts, il y a déficit foncier. Ce mécanisme est l'un des plus puissants en fiscalité immobilière pour les particuliers, car il permet de réduire l'assiette de l'impôt sur le revenu au-delà des seuls revenus fonciers. Mehdi Kabbaj le qualifie de levier fiscal légal méconnu des petits bailleurs qui rénovent.

Règle des 10 700 € — CGI art. 156

L'article 156 I-3° du Code général des impôts pose la règle fondamentale : le déficit foncier hors intérêts d'emprunt est imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an. Le mécanisme se décompose ainsi :

Déficit total = Loyers − Charges totales
Fraction hors intérêts = Loyers − (Charges − Intérêts)
Imputable revenu global = min(Déficit hors intérêts, 10 700 €)
CGI art. 156 I-3° · Intérêts d'emprunt : imputables d'abord sur les loyers

Ordre d'imputation : les intérêts d'emprunt sont imputés en premier sur les loyers bruts. Ce n'est que si les loyers excèdent les intérêts que la différence peut absorber les autres charges. Si les intérêts seuls créent un déficit, ce déficit sur intérêts n'est pas imputable sur le revenu global — il est reportable uniquement sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.

Exemple chiffré : déficit foncier avec et sans intérêts

ÉlémentMontant
Loyers bruts8 000 €
Dont intérêts d'emprunt3 500 €
Autres charges (travaux, TF, assurance…)9 200 €
Total charges12 700 €
Déficit total− 4 700 €
Déficit hors intérêts (8 000 − 3 500 − 9 200 = −4 700 ; mais intérêts absorbés par loyers → hors intérêts = 8 000 − 3 500 − 9 200 = s/o)Voir note
Imputable sur revenu global (plafond 10 700 €)4 700 €

Note : les intérêts (3 500 €) s'imputent d'abord sur les loyers (8 000 €) → solde 4 500 €. Les autres charges (9 200 €) créent un déficit hors intérêts de 9 200 − 4 500 = 4 700 €, entièrement imputable sur le revenu global (sous le plafond 10 700 €).

Plafond majoré à 21 400 € pour rénovation énergétique

La loi de finances pour 2023 a créé un plafond temporaire majoré à 21 400 € pour les déficits fonciers issus de travaux de rénovation énergétique permettant à un logement classé E, F ou G de passer en A, B, C ou D. Conditions cumulatives :

  • Devis des travaux accepté entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2025.
  • Travaux payés au plus tard le 31 décembre 2025.
  • Le bien doit être loué nu jusqu'au 31 décembre de la 3e année suivant l'imputation.

Ce plafond majoré concerne la différence entre 21 400 € et 10 700 €, soit une capacité d'imputation supplémentaire de 10 700 € sur les travaux de rénovation énergétique. La DPE (Diagnostic de Performance Énergétique) avant et après travaux est obligatoire pour justifier le passage de classe.

Report du déficit sur 10 ans

Lorsque le déficit foncier dépasse le plafond imputable sur le revenu global (10 700 € ou 21 400 €), l'excédent est reportable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes. Cette règle de report s'applique également à la totalité du déficit causé par les seuls intérêts d'emprunt. Ces déficits reportés absorbent en priorité les futurs revenus fonciers avant calcul de l'IR, réduisant mécaniquement l'imposition les années suivantes.

Imposition des revenus fonciers : IR barème progressif + prélèvements sociaux 17,2 %

Une fois la base imposable déterminée (micro-foncier : 70 % des loyers ; régime réel : loyers − charges), le revenu net foncier s'ajoute au revenu imposable total du foyer fiscal. Il supporte deux prélèvements cumulés : l'impôt sur le revenu au barème progressif et les prélèvements sociaux.

Le barème progressif IR 2026

Le revenu foncier net s'ajoute aux autres revenus du foyer et est taxé à la tranche marginale d'imposition (TMI) applicable au foyer. En 2026, le barème progressif IR est le suivant :

Fraction du revenu imposable (1 part)TauxImpact combiné avec PS (17,2 %)
Jusqu'à 11 497 €0 %17,2 % (PS seuls)
De 11 497 € à 29 315 €11 %28,2 % (11 % + 17,2 %)
De 29 315 € à 83 823 €30 %47,2 % (30 % + 17,2 %)
De 83 823 € à 180 294 €41 %58,2 % (41 % + 17,2 %)
Au-delà de 180 294 €45 %62,2 % (45 % + 17,2 %)

Barème IR 2026 (revenus 2025) — source : impots.gouv.fr, loi de finances 2026. Tranches indicatives selon revalorisation annuelle.

Les prélèvements sociaux à 17,2 %

Les prélèvements sociaux se superposent à l'IR sur la même assiette (revenu net foncier). Leur taux global de 17,2 % en 2026 se décompose en :

  • CSG (Contribution Sociale Généralisée) : 9,2 %
  • CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale) : 0,5 %
  • Prélèvement de solidarité : 7,5 %

Contrairement à l'IR, les prélèvements sociaux ne bénéficient d'aucun quotient familial, ni d'aucune réduction ou crédit d'impôt. Ils s'appliquent sur le revenu net foncier brut, sans possibilité de report d'un déficit foncier. Mehdi Kabbaj insiste sur ce point souvent mal compris : un déficit foncier efface l'IR mais jamais les prélèvements sociaux sur les futurs revenus fonciers positifs (les PS sont calculés à zéro l'année du déficit, mais sans créance sur les années suivantes).

Prélèvement à la source : revenus fonciers

Depuis le 1er janvier 2019, les revenus fonciers sont soumis au prélèvement à la source sous forme d'acomptes mensuels ou trimestriels calculés sur la base de la dernière déclaration connue. Ces acomptes (IR + PS) sont automatiquement prélevés sur le compte bancaire du bailleur par la DGFiP. En cas de variation importante des revenus ou des charges (travaux importants, vacance locative), le bailleur peut moduler à la baisse ou à la hausse ses acomptes via son espace personnel sur impots.gouv.fr.

Micro-foncier ou régime réel : méthode de décision par Mehdi Kabbaj

La question centrale est simple : vos charges réelles dépassent-elles 30 % de vos loyers bruts ? Si oui, le régime réel est préférable. Mais l'arbitrage doit tenir compte de plusieurs paramètres supplémentaires.

La règle des 30 % — pivot de la décision

L'abattement micro-foncier est de 30 %. Si vos charges réelles représentent exactement 30 % des loyers bruts, les deux régimes donnent le même résultat. Si elles dépassent 30 %, le régime réel est plus avantageux. Si elles restent sous 30 %, le micro-foncier l'est.

Taux de charges réelles = Charges réelles / Loyers bruts × 100
Si taux < 30 % → micro-foncier avantageux
Si taux > 30 % → régime réel avantageux
Source : CGI art. 32 (micro-foncier) et art. 28-31 (régime réel)

Matrice de décision

SituationRégime recommandéRaison
Charges réelles < 30 % des loyers, pas d'empruntMicro-foncierSimplicité + abattement supérieur aux charges
Charges réelles > 30 % des loyersRégime réelDéduction supérieure à l'abattement forfaitaire
Emprunt en cours avec intérêts significatifsRégime réelIntérêts déductibles → base imposable réduite
Année de gros travaux (ravalement, toiture)Régime réelPossibilité de créer un déficit foncier imputable
Loyers bruts > 15 000 €Régime réel (obligatoire)Seuil micro-foncier dépassé
Logement conventionné (Anah, Loc'Avantages)Régime réel (obligatoire)Exclusion du micro-foncier (art. 32 CGI)

Mehdi Kabbaj recommande de simuler les deux régimes chaque année, même si vous avez déjà opté pour l'un d'eux — car l'évolution des charges, des taux d'intérêt et des loyers peut modifier le régime optimal d'une année à l'autre (sous réserve de l'irrévocabilité de 3 ans si option réel).

Exemples chiffrés complets — 3 profils de bailleurs 2026

Profil 1 — Petit bailleur sans emprunt (TMI 11 %)

Situation : Marie est propriétaire d'un studio loué nu 650 €/mois à Paris 20e. Loyers bruts annuels : 7 800 €. Charges réelles : taxe foncière 900 €, assurance PNO 180 €, frais d'agence 468 €. Total charges réelles : 1 548 €. TMI 11 %.

RégimeBase imposableIR (11 %)PS (17,2 %)Total
Micro-foncier5 460 € (70 %)600,60 €939,12 €1 539,72 €
Régime réel6 252 € (loyers − charges)687,72 €1 075,34 €1 763,06 €

Verdict : le micro-foncier est plus avantageux de 223,34 €. Les charges réelles (1 548 €) représentent 19,8 % des loyers bruts, soit moins que l'abattement forfaitaire de 30 %. Marie déclare 7 800 € en case 4BE. Aucun formulaire 2044 à remplir.

Profil 2 — Bailleur avec emprunt et travaux (TMI 30 %)

Situation : Pierre détient un T3 loué 1 100 €/mois à Lyon. Loyers bruts annuels : 13 200 €. Intérêts d'emprunt : 4 800 €. Travaux de rénovation cuisine : 3 500 €. Taxe foncière : 1 200 €. Assurance PNO + GLI : 420 €. Frais de gestion agence : 924 €. Total charges réelles : 10 844 €. TMI 30 %.

RégimeBase imposableIR (30 %)PS (17,2 %)Total
Micro-foncier9 240 € (70 %)2 772 €1 589,28 €4 361,28 €
Régime réel2 356 € (loyers − charges)706,80 €405,23 €1 112,03 €

Verdict : le régime réel est plus avantageux de 3 249,25 €. Les charges réelles (10 844 €) représentent 82,2 % des loyers bruts — bien au-delà de 30 %. Pierre a tout intérêt à opter pour le régime réel et à remplir le formulaire 2044. Attention : option irrévocable 3 ans.

Profil 3 — Déficit foncier (TMI 30 %)

Situation : Sophie détient un appartement ancien avec ravalement en cours. Loyers bruts : 9 600 €. Intérêts d'emprunt : 5 200 €. Travaux de ravalement (quote-part propriétaire) : 12 000 €. Taxe foncière : 1 400 €. Assurance : 300 €. Total charges : 18 900 €. TMI 30 %.

Déficit total : 9 600 − 18 900 = −9 300 €. Calcul du déficit hors intérêts : les intérêts (5 200 €) s'imputent sur les loyers (9 600 €) → solde positif après intérêts : 4 400 €. Puis les autres charges (13 700 €) créent un déficit hors intérêts de 9 300 €. Ce déficit hors intérêts (9 300 €) est entièrement imputable sur le revenu global (inférieur au plafond de 10 700 €). Économie IR : 9 300 × 30 % = 2 790 €.

Mehdi Kabbaj souligne que si les travaux de ravalement avaient été accompagnés d'une rénovation énergétique portant le logement de classe E en classe C, le plafond majoré de 21 400 € se serait appliqué (sous réserve des conditions de devis et de paiement avant le 31 décembre 2025).

5 erreurs fréquentes des bailleurs en matière de revenus fonciers

1 — Déclarer les loyers au régime micro-foncier malgré des charges supérieures à 30 %

C'est l'erreur la plus coûteuse. Un bailleur qui a 40 % de charges réelles et déclare en micro-foncier paie l'IR sur une base trop élevée (70 % des loyers au lieu de 60 %). Sur 12 000 € de loyers annuels à TMI 30 %, cela représente une surfacturation d'IR de 12 000 × (0,70 − 0,60) × 30 % = 360 € par an, plus 12 000 × 0,10 × 17,2 % = 206,40 € de PS, soit 566 € gaspillés. Sur 10 ans, c'est 5 660 € perdus.

2 — Oublier des charges déductibles au régime réel

Beaucoup de bailleurs au régime réel oublient des charges légitimes : frais de déplacement pour visiter le bien ou rencontrer l'agence, coût des annonces de relocation, frais de téléphone proportionnel à la gestion, prime d'assurance loyers impayés (GLI), honoraires de gestion du syndic de copropriété. Mehdi Kabbaj estime que 15 à 20 % des charges déductibles légitimes sont systématiquement oubliées par les bailleurs qui remplissent le 2044 sans accompagnement.

3 — Confondre déficit foncier et déficit sur intérêts d'emprunt

Un déficit causé uniquement par des intérêts d'emprunt ne s'impute pas sur le revenu global — il se reporte uniquement sur les revenus fonciers des 10 années suivantes. Seul le déficit hors intérêts (généré par les travaux, la taxe foncière, les assurances…) est imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 €. Confondre les deux conduit à surestimer l'économie d'impôt de l'année.

4 — Ne pas respecter la condition de location continue après imputation du déficit

Si vous imputez un déficit foncier sur votre revenu global (CGI art. 156 I-3°), vous devez maintenir le bien en location nue jusqu'au 31 décembre de la 3e année suivant l'imputation. Vendre le bien, le transformer en meublé ou l'occuper personnellement dans ce délai entraîne la remise en cause de l'avantage fiscal par la DGFiP, avec majoration et intérêts de retard.

5 — Ignorer l'option réel pour profiter d'une année exceptionnelle de travaux

Un bailleur en micro-foncier peut opter pour le régime réel l'année où il prévoit de lourds travaux (ravalement, remplacement de chaudière, rénovation totale). L'option, déposée en cochant la case ad hoc de la déclaration 2042, permet de déduire l'intégralité des travaux et de générer un déficit foncier imputable sur le revenu global. Elle est irrévocable 3 ans, mais l'économie d'impôt sur l'année des travaux peut largement compenser les années suivantes où le régime réel serait moins avantageux que le micro.

Déclaration fiscale des revenus fonciers : étapes pratiques

La déclaration de revenus s'effectue chaque printemps (avril-juin). Voici le guide pas-à-pas selon le régime, par Mehdi Kabbaj.

Micro-foncier — 3 étapes

  1. Totaliser les loyers encaissés dans l'année civile, toutes propriétés nues confondues. Inclure les loyers d'avance perçus, exclure les dépôts de garantie.
  2. Reporter ce montant brut en case 4BE de la déclaration de revenus en ligne (impots.gouv.fr → Mon espace). L'administration calcule seule l'abattement de 30 % et la base imposable.
  3. Vérifier l'acompte PAS (prélèvement à la source) calculé par la DGFiP sur la base de la déclaration précédente. Si vos revenus ont varié significativement, modulez l'acompte via l'espace personnel.

Régime réel — 5 étapes

  1. Rassembler les justificatifs : relevés bancaires, factures de travaux, attestation de la banque pour les intérêts d'emprunt, avis de taxe foncière, relevés de charges de copropriété, factures d'assurance et d'agence.
  2. Remplir le formulaire 2044 : un tableau par immeuble, en distinguant les recettes brutes et chaque catégorie de charges déductibles. Le formulaire est téléchargeable sur impots.gouv.fr ou pré-rempli dans l'espace personnel si vous avez déjà déclaré l'an passé.
  3. Calculer le résultat foncier par immeuble, puis consolider. Résultat global positif → revenu net foncier (case 4BA). Résultat déficitaire → répartir entre case 4BC (déficit imputable revenu global) et case 4BB (déficit sur intérêts d'emprunt, reportable revenus fonciers).
  4. Reporter sur la déclaration 2042 principale. La déclaration 2044 doit être jointe (électroniquement si télédéclaration).
  5. Conserver les justificatifs 6 ans (délai de prescription fiscale général). En cas de contrôle, la DGFiP peut demander à justifier toutes les charges déduites.

Délais et pénalités

La date limite de dépôt de la déclaration de revenus varie par zone géographique (mi-mai à fin mai pour la télédéclaration, courant juin pour les zones B et C). Un dépôt tardif entraîne une majoration de 10 % de l'impôt dû, puis 20 % si le dépôt intervient plus de 30 jours après mise en demeure. En cas d'omission de revenus fonciers, la DGFiP peut rectifier dans un délai de 3 ans (prescription de droit commun) ou 6 ans si fraude avérée.

❓ Questions fréquentes sur les revenus fonciers 2026

Quel est le seuil du micro-foncier en 2026 ?

Le régime micro-foncier s'applique de plein droit si vos revenus fonciers bruts annuels, toutes propriétés nues confondues, sont inférieurs ou égaux à 15 000 €. Au-delà, le régime réel (formulaire 2044) est obligatoire. Vous pouvez opter volontairement pour le régime réel en dessous du seuil, mais cette option est irrévocable pendant 3 ans, puis se reconduit tacitement. Le seuil de 15 000 € est apprécié par foyer fiscal, pas par bien immobilier. Source : CGI art. 32 ; impots.gouv.fr.

Quel abattement s'applique au micro-foncier ?

L'abattement forfaitaire du micro-foncier est de 30 % des loyers bruts encaissés. Il représente forfaitairement l'ensemble des charges (travaux, taxe foncière, assurances, intérêts d'emprunt, frais de gestion). La base imposable est donc 70 % des loyers. Vous ne pouvez déduire aucune charge réelle supplémentaire. Exemple : 10 000 € de loyers → base imposable 7 000 €. Déclarez le montant brut en case 4BE de la déclaration 2042. Source : CGI art. 32 ; BOFiP RFPI-DECLA.

Quelles charges sont déductibles au régime réel foncier ?

Au régime réel (formulaire 2044), l'article 31 du CGI autorise la déduction des charges suivantes : intérêts et frais d'emprunt, dépenses de réparation, d'entretien et d'amélioration, taxe foncière sur les propriétés bâties (hors TEOM récupérable), primes d'assurance (PNO, GLI), provisions sur charges de copropriété, frais de gestion et de gérance (agence, syndic, honoraires), frais de procédure (avocat, huissier). Les travaux de construction ou d'agrandissement ne sont pas déductibles. Source : CGI art. 31 ; BOFiP BOI-RFPI-BASE-20.

Comment fonctionne le déficit foncier et quel est son plafond ?

Quand les charges déductibles dépassent les loyers, il y a déficit foncier. La fraction du déficit hors intérêts d'emprunt est imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an (CGI art. 156 I-3°). Ce plafond est porté à 21 400 € pour les rénovations énergétiques faisant passer un logement classé E, F ou G en A, B, C ou D (devis accepté entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2025, travaux payés avant le 31 décembre 2025). La fraction due aux intérêts d'emprunt et l'excédent au-delà des plafonds sont reportables sur les revenus fonciers des 10 années suivantes. Source : CGI art. 156 I-3° ; BOFiP BOI-RFPI-BASE-30-20.

Quels sont les prélèvements sociaux sur les revenus fonciers en 2026 ?

Les revenus fonciers nets (micro-foncier ou régime réel) sont soumis aux prélèvements sociaux au taux global de 17,2 % en 2026. Ce taux se décompose en CSG 9,2 %, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 %. Ils s'appliquent sur la même base que l'IR (70 % des loyers au micro ou revenu net au réel) et s'ajoutent à l'impôt sur le revenu au barème progressif. En cas de déficit foncier, les PS sont nuls pour l'année concernée mais sans droit au report sur les années suivantes. Source : CSS art. L. 136-6 ; impots.gouv.fr.

Micro-foncier ou régime réel : comment choisir ?

La règle de décision est simple : si vos charges réelles représentent moins de 30 % des loyers bruts, le micro-foncier est avantageux (l'abattement forfaitaire efface plus que vos charges réelles). Si elles dépassent 30 %, le régime réel permet une base imposable plus faible. L'arbitrage doit aussi tenir compte de la présence d'un emprunt (intérêts déductibles uniquement au réel), de l'année de gros travaux (possible déficit foncier) et du seuil de 15 000 €. Mehdi Kabbaj recommande de simuler les deux régimes avant toute option. Source : CGI art. 28-32.

Comment déclarer les revenus fonciers en micro-foncier ?

En micro-foncier, reportez le montant brut de vos loyers encaissés en case 4BE de la déclaration de revenus 2042. L'administration fiscale applique automatiquement l'abattement de 30 % et calcule la base imposable à 70 %. Aucun formulaire 2044 n'est requis. La déclaration s'effectue en ligne sur impots.gouv.fr (espace personnel) entre avril et juin selon votre département. Source : impots.gouv.fr, notice déclaration 2042.

Comment déclarer les revenus fonciers au régime réel ?

Au régime réel, remplissez le formulaire 2044 (Déclaration des revenus fonciers) : listez les loyers encaissés et toutes les charges déductibles justifiées par bien. Calculez le revenu net foncier ou le déficit. Reportez en case 4BA (revenu positif) ou case 4BC (déficit hors intérêts, imputable revenu global, max 10 700 €) ou case 4BB (déficit sur intérêts, reportable 10 ans) de la déclaration 2042. Conservez tous les justificatifs 6 ans. Source : impots.gouv.fr, formulaire 2044 et sa notice.

Le régime micro-foncier s'applique-t-il aux revenus de SCPI ?

Non. Les revenus provenant de Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI) ne peuvent pas bénéficier du régime micro-foncier. Ils sont systématiquement imposés au régime réel et doivent être déclarés sur le formulaire 2044 SPE (déclaration spéciale). Cette exclusion s'applique même si le total des revenus fonciers du foyer (SCPI + locations directes) reste inférieur à 15 000 €. Si vous détenez à la fois des SCPI et des biens en location nue directe, l'ensemble de vos revenus fonciers passe obligatoirement au régime réel. Source : CGI art. 32 ; BOFiP BOI-RFPI-DECLA-20-20.

Peut-on imputer un déficit foncier sur le revenu global la première année de détention ?

Oui, dès la première année de location, sous deux conditions. Premièrement, vous devez opter pour le régime réel (formulaire 2044). Deuxièmement, vous devez maintenir la location nue du bien jusqu'au 31 décembre de la 3e année suivant l'imputation (CGI art. 156 I-3°). Si le logement est vendu, occupé personnellement ou transformé en meublé dans ce délai, la DGFiP peut remettre en cause l'imputation du déficit, avec régularisation, majoration (10 à 40 %) et intérêts de retard (0,20 %/mois). Source : CGI art. 156 I-3° ; BOFiP BOI-RFPI-BASE-30-20-10.

Qu'est-ce que la case 4BE de la déclaration 2042 ?

La case 4BE de la déclaration de revenus 2042 est réservée aux revenus fonciers déclarés au régime micro-foncier. Vous y inscrivez le total brut des loyers encaissés dans l'année (avant tout abattement), toutes propriétés nues confondues. L'administration fiscale applique automatiquement l'abattement de 30 % pour calculer la base imposable. La case 4BE ne concerne que la location nue directe en micro-foncier — les locations meublées (BIC) et les SCPI utilisent d'autres cases. Source : notice déclaration 2042, impots.gouv.fr.

Comment calculer les prélèvements sociaux sur les revenus fonciers ?

Les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent sur la même base que l'IR : 70 % des loyers au micro-foncier, ou loyers moins charges au régime réel. Exemple : revenu net foncier de 8 000 € → PS = 8 000 × 17,2 % = 1 376 €. En cas de déficit foncier (base nulle), les PS sont également nuls cette année-là — mais il n'existe pas de mécanisme de report du déficit sur les prélèvements sociaux des années suivantes, contrairement à l'IR. Le paiement des PS s'effectue par acompte mensuel ou trimestriel (prélèvement à la source), régularisé en septembre de l'année suivant la déclaration. Source : CSS art. L. 136-6 ; impots.gouv.fr.

Sources officielles et références

  • Code général des impôts — Article 31 : Liste exhaustive des charges déductibles des revenus fonciers au régime réel. Légifrance, version consolidée 2026.
  • Code général des impôts — Article 156 : Règles d'imputation du déficit foncier sur le revenu global (plafond 10 700 €/an, plafond majoré 21 400 € pour rénovation énergétique E/F/G → A/B/C/D). Légifrance.
  • BOFiP — Bulletin Officiel des Finances Publiques : Documentation administrative sur les revenus fonciers (RFPI). bofip.impots.gouv.fr. Références : BOI-RFPI-BASE, BOI-RFPI-SPEC.
  • impots.gouv.fr : Formulaire 2044, déclaration 2042, barème progressif IR, taux des prélèvements sociaux (17,2 %), seuil micro-foncier 15 000 €.
  • service-public.fr : Fiche « Revenus fonciers : régime micro-foncier ou régime réel ? ». Mise à jour 2026.
  • DGFiP : Notice explicative du formulaire 2044, règles de report du déficit foncier, option pour le régime réel.

Dernière vérification des sources : . Contenu rédigé et vérifié par Mehdi Kabbaj, spécialiste fiscalité immobilière et finance personnelle.

🏠
Mehdi KabbajSpécialiste fiscalité immobilière et finance personnelle

Mehdi Kabbaj est expert en fiscalité immobilière, revenus fonciers, déficit foncier et déclaration de revenus. Il développe et rédige les outils et contenus finance/immobilier de MaCalculatriceEnLigne.com. Ses domaines couvrent la fiscalité des revenus fonciers en location nue (régime micro-foncier, régime réel, formulaire 2044), l'imposition IR + prélèvements sociaux 17,2 %, le déficit foncier (CGI art. 156), et l'optimisation fiscale des bailleurs particuliers. Mehdi Kabbaj s'appuie exclusivement sur les textes officiels publiés par la DGFiP : Code général des impôts (art. 31 et 156), BOFiP RFPI, impots.gouv.fr et service-public.fr. Mis à jour le 31 mai 2026.

Voir le profil complet de Mehdi Kabbaj →
Vérifié par

Claire Dubois, experte en fiscalité patrimoniale, le 31 mai 2026.

Note : Calcul indicatif au barème 2026 (micro-foncier abattement 30 % jusqu'à 15 000 € ; régime réel ; PS 17,2 %). Ne constitue pas un conseil fiscal. Pour votre déclaration, consultez un expert-comptable ou votre centre des impôts.