Calcul du 1/30e du salaire : retenue pour absence 2026

min de lecture · Mis à jour le par Mehdi Kabbaj

⚡ En bref — retenue pour absence

Formule principale (méthode du trentième) :
Retenue = (Salaire mensuel brut ÷ 30) × jours d'absence

  • Le diviseur 30 est fixe : il ne varie pas selon le mois (28, 29, 30 ou 31 jours).
  • La Cour de cassation impose dans le secteur privé la méthode de l'horaire réel comme référence (arrêts 1982, réaffirmés 1992).
  • Le trentième n'est admis dans le privé que si sa retenue est inférieure ou égale à celle de l'horaire réel.
  • Dans la fonction publique, le 1/30e indivisible s'applique systématiquement.
  • Base de calcul : toujours le salaire mensuel brut, jamais le net.
  • SMIC 2026 : 1 823,03 €/mois (12,02 €/h) — revalorisation au 1er juin 2026 à 1 867,02 €.

🧮 Calculateur retenue pour absence — 3 méthodes 2026

Saisissez votre salaire mensuel brut et les paramètres de l'absence. Le calculateur affiche les 3 méthodes (trentième, jours ouvrés, horaire réel) et le salaire après retenue, selon les principes du Code du travail et la jurisprudence de la Cour de cassation.

Salaire brut contractuel + éléments permanents
Jours calendaires (week-ends inclus si période continue)
Généralement 20 à 23 selon le mois (défaut : 22)
Jours travaillés qui auraient dû l'être
35 h/semaine = 151,67 h/mois (défaut)
Durée journalière (35 h/5 j = 7 h, défaut)

Définition de la retenue pour absence non rémunérée

En droit du travail français, la retenue pour absence désigne la déduction effectuée sur le salaire mensuel brut d'un salarié lorsqu'il est absent de son poste de travail sans que cette absence soit prise en charge par un maintien de salaire (légal ou conventionnel). La retenue correspond au temps de travail réellement non accompli et vient diminuer le salaire brut du mois concerné.

Le principe de mensualisation, instauré par la loi du 19 janvier 1978 et codifié aux articles L3242-1 et suivants du Code du travail, garantit à chaque salarié mensualisé un salaire mensuel identique, indépendamment du nombre de jours ouvrés dans le mois. C'est la contrepartie directe de ce lissage : en cas d'absence non rémunérée, la retenue vient neutraliser la période non travaillée.

La retenue pour absence intervient dans plusieurs situations concrètes : absence injustifiée ou non autorisée, congé sans solde, jours de grève, jours de maladie non couverts par un maintien de salaire légal ou conventionnel, retard répété non récupéré. Elle ne s'applique pas pour les congés payés (dont la rémunération est calculée selon des règles spécifiques), les RTT, les jours fériés chômés, ni pour les absences faisant l'objet d'un maintien intégral de salaire.

La méthode de calcul de la retenue n'est pas uniforme : trois méthodes coexistent en droit français, avec des implications très différentes selon le secteur (privé ou public) et selon le niveau de rémunération du salarié.

La règle du trentième : principe et limites légales

La règle du trentième repose sur un principe simple : pour calculer la retenue correspondant à un jour d'absence, on divise le salaire mensuel brut par 30, puis on multiplie par le nombre de jours d'absence. Le chiffre 30 est un diviseur conventionnel fixe, indépendant de la durée réelle du mois calendaire.

Retenue trentième = (Salaire mensuel brut ÷ 30) × Nombre de jours d'absence calendaires

Ce diviseur fixe présente un avantage pratique évident : il est simple à calculer et ne nécessite pas de connaître le calendrier précis du mois. Que le mois comporte 28 jours (février hors année bissextile) ou 31 jours (janvier, mars, mai…), la retenue journalière reste identique. Un salarié absent 2 jours en février sera retenu au même montant unitaire qu'un salarié absent 2 jours en octobre.

Cette simplicité a une contrepartie : le diviseur 30 peut conduire, selon le mois et selon le type d'horaire, à des résultats différents de la réalité du temps non travaillé. C'est sur ce point que la jurisprudence est intervenue pour encadrer l'usage de la méthode dans le secteur privé.

Les jours d'absence décomptés dans la méthode du trentième sont les jours calendaires : si un salarié est absent du lundi 2 au vendredi 6 d'un mois, l'absence couvre 5 jours calendaires (et non 5 jours ouvrés plus le week-end intercalaire s'il n'y en a pas). Si l'absence couvre un week-end (ex. du vendredi 6 au lundi 9), le compte est 4 jours calendaires (6, 7, 8, 9), week-end compris.

Trois méthodes de calcul comparées

Le droit et la pratique paie reconnaissent trois grandes méthodes de calcul de la retenue pour absence. Mehdi Kabbaj présente ci-dessous le tableau récapitulatif issu du Code du travail et de la jurisprudence de la Cour de cassation.

Méthode Diviseur Unité de décompte Effet
Trentième (jours calendaires) 30 (fixe) Jours calendaires Diviseur fixe, ignore la durée réelle du mois. Peut être inférieur ou supérieur à la réalité selon le mois.
Jours ouvrés réels 20 à 23 selon le mois Jours effectivement travaillés Conforme au principe de l'horaire réel, varie chaque mois selon le calendrier.
Jours ouvrables ≈ 26 (6 j/semaine) Tous jours sauf dimanche et jours fériés Méthode intermédiaire, moins fréquente. Base retenue dans certaines conventions collectives.
Heures réelles (horaire réel) 151,67 h (35 h/semaine) Heures qui auraient dû être travaillées Méthode validée par la Cour de cassation. Reflète strictement le temps non travaillé.

Source : Code du travail ; Cour de cassation, arrêts de principe 1982 et 1992 ; données vérifiées par Mehdi Kabbaj le 21/05/2026.

La jours ouvrables comptabilisent tous les jours sauf le dimanche et les jours fériés (6 jours/semaine, soit environ 26 jours/mois). La jours ouvrés correspond aux seuls jours effectivement travaillés dans l'entreprise (généralement 5 jours/semaine : lundi-vendredi, soit 21 à 23 jours/mois selon le calendrier).

Point juridique : secteur privé vs fonction publique

Dans le secteur privé : la méthode de l'horaire réel s'impose

La Cour de cassation a tranché la question dans ses arrêts de principe de 1982, réaffirmés en 1992 : dans le secteur privé, la règle jurisprudentielle est celle de l'horaire réel. La retenue doit être strictement proportionnelle au temps de travail réellement perdu, calculée sur la base des heures qui auraient dû être travaillées pendant l'absence.

La méthode du trentième n'est donc pas prohibée dans le secteur privé, mais elle est soumise à une condition impérative : la retenue calculée au trentième ne doit pas être supérieure à celle calculée selon la méthode de l'horaire réel. Si le trentième conduit à une retenue plus élevée, seule la méthode de l'horaire réel est licite. Appliquer un trentième qui dépasse la retenue horaire réelle exposerait l'employeur à un rappel de salaire et éventuellement à des dommages-intérêts.

Concrètement, pour les mois comportant plus de 22 jours ouvrés (ex. mars ou mai avec peu de jours fériés), la méthode du trentième donne souvent une retenue inférieure à celle de l'horaire réel pour les salariés à temps plein : elle est donc licite dans ces cas. À l'inverse, pour un salarié à temps partiel avec un horaire réduit, la méthode du trentième peut aboutir à une retenue proportionnellement plus importante que l'horaire réel réel.

Dans la fonction publique : le 1/30e indivisible

Dans la fonction publique (État, territoriale, hospitalière), la règle du 1/30e indivisible s'applique de manière systématique et impérative. Tout service non accompli, même pour une fraction de journée, entraîne une retenue d'1/30e du traitement mensuel. Cette règle est dite « indivisible » car elle s'applique de façon forfaitaire par journée entière de service non fait, sans proratisation à l'heure.

Il existe toutefois des cas particuliers dans la fonction publique : les agents en temps partiel voient leurs retenues calculées sur la base du traitement à temps partiel, et certains dispositifs de récupération (autorisations spéciales d'absence, crédits de temps syndicaux) obéissent à des règles propres fixées par les statuts particuliers.

Convention collective : un troisième niveau de règle

Dans le secteur privé, les conventions collectives de branche peuvent prévoir une méthode de calcul différente (par exemple la méthode des jours ouvrables ou la méthode des jours ouvrés). La méthode conventionnelle s'applique si elle est plus favorable au salarié que la méthode légale de l'horaire réel. L'employeur doit donc toujours comparer la retenue calculée selon la méthode conventionnelle et celle de l'horaire réel, et retenir la moins élevée.

Méthode de calcul pas à pas

Étape 1 — Identifier la base de calcul

La base de calcul du trentième est le salaire mensuel brut. Elle inclut le salaire de base brut et les éléments de rémunération à caractère permanent versés mensuellement : prime d'ancienneté mensuelle, indemnité de fonction mensuelle, prime de poste récurrente. Elle exclut les éléments non récurrents : 13e mois, prime de bilan annuel, prime de résultat ponctuelle, remboursements de frais.

Étape 2 — Compter les jours d'absence

Pour la méthode du trentième : comptez les jours calendaires d'absence, y compris les week-ends et jours fériés inclus dans la période. Une absence du lundi au vendredi = 5 jours calendaires (le week-end précédent et suivant n'étant pas dans la période).

Pour la méthode des jours ouvrés : ne comptez que les jours qui auraient été travaillés selon le planning habituel du salarié (généralement 5 jours/semaine).

Pour la méthode de l'horaire réel : convertissez les jours d'absence en heures selon la durée journalière habituelle (ex. 7 h/j pour un salarié à 35 h/semaine en 5 jours). Heures d'absence = jours ouvrés d'absence × heures par jour travaillé.

Étape 3 — Appliquer les formules

Calculez les trois méthodes en parallèle, puis comparez les résultats :

Retenue trentième = (Salaire brut ÷ 30) × Jours calendaires d'absence
Retenue jours ouvrés = (Salaire brut ÷ Jours ouvrés du mois) × Jours ouvrés d'absence
Retenue horaire réel = (Salaire brut ÷ Heures mensuelles) × Heures d'absence réelles

Étape 4 — Appliquer la règle de priorité

Dans le secteur privé : si la retenue trentième est inférieure ou égale à la retenue horaire réel → le trentième peut être appliqué. Si la retenue trentième est supérieure à la retenue horaire réel → seule la retenue horaire réel est licite.

Dans la fonction publique : appliquez systématiquement la retenue trentième (1/30e par journée).

Étape 5 — Calculer le salaire après retenue

Salaire brut versé = Salaire mensuel brut − Retenue retenue

La réduction du brut entraîne mécaniquement une réduction des cotisations sociales et du salaire net. Le salarié paie moins de cotisations sur un mois d'absence non rémunérée, mais son net est diminué dans une proportion similaire.

3 exemples chiffrés détaillés 2026

Exemple 1 — Salarié cadre, salaire 3 500 €, absent 3 jours (mois de 22 jours ouvrés)

Situation : Thomas est cadre dans une entreprise privée. Son salaire mensuel brut est de 3 500 € (salaire de base + prime d'ancienneté mensuelle 150 € incluse). Il est absent 3 jours calendaires consécutifs (du lundi 5 au mercredi 7 inclus) pour un congé sans solde en avril, mois comportant 22 jours ouvrés. Il travaille 35 h/semaine, soit 7 h/j et 151,67 h/mois.

Méthode du trentième :
Retenue = 3 500 ÷ 30 × 3 = 116,67 × 3 = 350,00 €
Salaire brut d'avril = 3 500 − 350 = 3 150,00 €

Méthode des jours ouvrés (3 jours ouvrés d'absence) :
Retenue = 3 500 ÷ 22 × 3 = 159,09 × 3 = 477,27 €

Méthode de l'horaire réel (3 j × 7 h = 21 h) :
Retenue = 3 500 ÷ 151,67 × 21 = 23,08 × 21 = 484,62 €

Analyse juridique : La retenue trentième (350 €) est nettement inférieure à la retenue horaire réel (484,62 €). Dans le secteur privé, la méthode du trentième est donc licite ici et peut être appliquée. L'employeur peut aussi choisir la méthode des jours ouvrés (477,27 €), mais pas obligatoirement, car le trentième est plus favorable au salarié.

Référence : Cour de cassation, jurisprudence 1982-1992 ; Code du travail art. L3121-27.

Exemple 2 — Salarié au salaire de 2 100 €, absent 3 jours (exemple de référence §4 data pack)

Situation : Claire est employée dans une PME privée. Son salaire mensuel brut est de 2 100 €. Elle est absente 3 jours non rémunérés. Le mois de l'absence comporte 22 jours ouvrés, 3 jours ouvrés d'absence. Horaire : 35 h/semaine, 7 h/j, 151,67 h/mois.

Méthode du trentième :
Retenue = (2 100 ÷ 30) × 3 = 70 × 3 = 210,00 €
Salaire brut après retenue = 2 100 − 210 = 1 890,00 €

Méthode des jours ouvrés (22 j/mois, 3 j d'absence) :
Retenue = (2 100 ÷ 22) × 3 = 95,45 × 3 = 286,36 €

Méthode de l'horaire réel (3 j × 7 h = 21 h) :
Retenue = (2 100 ÷ 151,67) × 21 = 13,85 × 21 = 290,89 €

Analyse juridique : La retenue trentième (210 €) est ici sensiblement inférieure à la retenue horaire réel (290,89 €). Elle est donc licite dans le secteur privé selon la jurisprudence de la Cour de cassation. L'écart de 80 € en faveur du salarié illustre l'avantage du trentième sur les mois comportant plus de jours ouvrés que 30 ÷ 7 × 5 = 21,4 jours ouvrés.

Source : data pack vérifié 21/05/2026 §4 règle du trentième.

Exemple 3 — Salarié au SMIC 2026, absent 4 jours en mars

Situation : Marie est employée à temps plein au SMIC 2026 (1 823,03 €/mois brut, 12,02 €/h) dans le secteur privé. Elle est absente 4 jours calendaires et 4 jours ouvrés en mars, mois comportant 21 jours ouvrés en 2026. Motif : absence injustifiée, aucun maintien de salaire. Horaire : 35 h/semaine, 7 h/j, 151,67 h/mois.

Méthode du trentième :
Retenue = (1 823,03 ÷ 30) × 4 = 60,77 × 4 = 243,08 €
Salaire brut mars = 1 823,03 − 243,08 = 1 579,95 €

Méthode des jours ouvrés (21 j/mois en mars 2026) :
Retenue = (1 823,03 ÷ 21) × 4 = 86,81 × 4 = 347,25 €

Méthode de l'horaire réel (4 j × 7 h = 28 h) :
Retenue = (1 823,03 ÷ 151,67) × 28 = 12,02 × 28 = 336,56 €

Analyse juridique : La retenue trentième (243,08 €) est inférieure aux deux autres méthodes (347,25 € et 336,56 €). Elle est licite dans le secteur privé. L'employeur qui appliquerait la méthode des jours ouvrés à la place du trentième sans stipulation conventionnelle favorable au salarié en résultant serait exposé à un recours prudhommal.

Note SMIC : Au 1er juin 2026, le SMIC est revalorisé à 1 867,02 €/mois (12,31 €/h). Les calculs ci-dessus utilisent la valeur valable du 1er janvier au 31 mai 2026.

Sources : décret revalorisation SMIC 2026 ; Cour de cassation jurisprudence 1982-1992 ; code du travail.

Cas particuliers de la retenue pour absence

Mois incomplet : entrée ou sortie en cours de mois

La règle du trentième est spécifique aux absences survenant en cours de contrat. Pour un salarié qui entre ou sort en cours de mois (embauche le 10, licenciement le 22…), la méthode de calcul est différente et repose sur le prorata temporis :

Salaire proratisé = (Salaire mensuel brut ÷ Jours calendaires du mois) × Jours travaillés

Ici, le diviseur est le nombre réel de jours du mois (28, 29, 30 ou 31), et non le diviseur fixe 30 de la méthode du trentième. L'employeur ne peut pas utiliser le diviseur 30 pour un prorata d'entrée ou de sortie : c'est une erreur fréquente en paie.

Salarié à temps partiel

Pour un salarié à temps partiel, la règle du trentième s'applique de façon identique : (salaire brut mensuel contractuel ÷ 30) × jours d'absence calendaires. Le prorata du temps de travail est déjà intégré dans le salaire brut contractuel. Pour la méthode de l'horaire réel, les heures mensuelles et les heures journalières sont celles du contrat à temps partiel.

Exemple : salarié à mi-temps, 20 h/semaine, salaire brut 1 100 €/mois, absent 2 jours calendaires (2 jours à 4 h/j) :
— Trentième : (1 100 ÷ 30) × 2 = 73,33 €
— Horaire réel (75,83 h/mois, 4 h/j) : (1 100 ÷ 75,83) × 8 = 116,06 €
→ Le trentième (73,33 €) est inférieur : il est licite dans le secteur privé.

Retenue pour grève

La retenue pour fait de grève suit les mêmes principes. Pour une journée entière de grève : 1/30e du salaire mensuel. Pour une heure de grève dans une journée de 7 h : (1/30 × salaire) × (1/7). La jurisprudence interdit toute retenue supérieure au temps réellement non travaillé. L'employeur ne peut ni sanctionner pécuniairement au-delà du préjudice réel, ni appliquer un diviseur différent de celui utilisé pour les autres absences.

Absence sur un mois à 28 jours (février)

En février, le diviseur 30 de la méthode du trentième reste inchangé. Une absence d'1 jour en février génère la même retenue journalière qu'en juillet. C'est précisément la logique de la mensualisation : le salarié perçoit le même salaire en février qu'en mars, et la retenue est symétrique.

En revanche, la méthode des jours ouvrés donne un diviseur plus faible en février (souvent 20 jours ouvrés) qu'en mars (souvent 23 jours ouvrés), ce qui rend la retenue journalière plus élevée en février selon cette méthode. Cet effet rend la méthode du trentième généralement plus favorable au salarié en février.

Convention collective avec méthode spécifique

Certaines conventions collectives stipulent une méthode de calcul précise pour les retenues pour absence. La méthode conventionnelle prime sur la méthode légale si elle est plus favorable au salarié. L'employeur doit toujours appliquer la méthode la plus avantageuse entre la méthode conventionnelle et la méthode légale de l'horaire réel. En cas de doute, comparer les deux résultats et retenir le montant le plus bas.

Salarié en forfait annuel en jours

Les salariés sous convention de forfait annuel en jours (cadres autonomes) ne sont pas mensualisés au sens strict. En cas d'absence, on retire une fraction du salaire proportionnelle au nombre de jours de forfait non accomplis. La formule n'est pas le trentième mais :

Retenue forfait jours = (Salaire annuel brut ÷ Jours de forfait) × Jours d'absence

Appliquer le trentième à un salarié en forfait jours est une erreur qualifiée d'illégale par la jurisprudence et régulièrement sanctionnée aux prud'hommes.

Erreurs fréquentes dans le calcul des retenues pour absence

Erreur n°1 — Utiliser le nombre de jours réels du mois comme diviseur du trentième.

Certains employeurs ou logiciels appliquent 31 en janvier, 28 en février, 30 en septembre. La règle est formelle : le diviseur du trentième est toujours 30, quel que soit le mois. Une retenue calculée sur 31 jours en janvier est illégale et expose l'employeur à un rappel de salaire devant le Conseil de prud'hommes.

Erreur n°2 — Confondre jours calendaires et jours ouvrés dans la méthode du trentième.

La méthode du trentième décompte les jours calendaires, y compris les week-ends et jours fériés qui tombent dans la période d'absence. Si un salarié est absent du vendredi au lundi, l'absence est de 4 jours calendaires (vendredi, samedi, dimanche, lundi), pas de 2 jours ouvrés. Certains gestionnaires de paie ne comptent que les jours ouvrés, ce qui sous-estime la retenue.

Erreur n°3 — Appliquer le trentième sans vérifier la règle de l'horaire réel dans le privé.

Certains responsables RH appliquent systématiquement le trentième dans le secteur privé sans jamais vérifier si la retenue trentième est inférieure à la retenue horaire réel. Lorsque le trentième est plus élevé (mois avec peu de jours ouvrés, salarié à temps partiel court), l'employeur doit obligatoirement appliquer la méthode de l'horaire réel sous peine d'une retenue illégale.

Erreur n°4 — Calculer la retenue sur le salaire net au lieu du brut.

La retenue s'applique toujours sur le salaire mensuel brut. Calculer sur le net (salaire après cotisations) aboutit à une retenue nettement sous-évaluée et expose l'employeur à un redressement URSSAF. La réduction du net découle mécaniquement de la réduction du brut : les cotisations sont prélevées sur le brut réduit.

Erreur n°5 — Inclure le 13e mois dans la base mensuelle du trentième.

Le 13e mois est une prime exceptionnelle versée annuellement (ou semestriellement). Elle n'entre généralement pas dans la base mensuelle du trentième, sauf si la convention collective ou le contrat de travail stipule expressément qu'elle est intégrée au salaire mensuel de référence. L'inclure par défaut gonfle artificiellement la retenue.

Erreur n°6 — Confondre prorata temporis (entrée/sortie) et trentième (absence en cours de contrat).

Le trentième (diviseur fixe 30) s'applique aux absences de salariés déjà en poste. Pour les entrées et sorties en cours de mois, la règle est le prorata calendaire (salaire ÷ nombre réel de jours du mois × jours présents). Utiliser le diviseur 30 pour un prorata d'embauche ou de départ est une erreur de méthode courante dans les logiciels de paie mal paramétrés.

Récapitulatif des formules — retenue pour absence

Synthèse rédigée et vérifiée par Mehdi Kabbaj, expert droit du travail et paie, le 21/05/2026.

Situation Formule Remarque
1 jour calendaire d'absence — trentièmeSalaire ÷ 30Diviseur fixe, tous secteurs
N jours calendaires d'absence — trentième(Salaire ÷ 30) × NMéthode simple et constante
1 demi-journée — trentièmeSalaire ÷ 601/30 divisé par 2
N jours ouvrés d'absence(Salaire ÷ Jours ouvrés mois) × NVarie chaque mois (20-23)
Horaire réel — N heures d'absence(Salaire ÷ Heures mois) × NMéthode Cour de cassation (privé)
1 heure de grève (journée 7 h)(Salaire ÷ 30) ÷ 7 = Salaire ÷ 2101/30e × 1/7 = 1/210e
Salaire versé après retenueSalaire brut − RetenueRéduit brut, cotisations et net
Prorata entrée/sortie (≠ trentième)(Salaire ÷ Jours réels mois) × Jours présentsDiviseur = jours réels du mois
Règle de priorité secteur privé :
Si Retenue_trentième ≤ Retenue_horaire_réel → trentième admis
Si Retenue_trentième > Retenue_horaire_réel → seul l'horaire réel est licite

❓ Questions fréquentes — retenue pour absence et règle du trentième (14 questions)

Comment calculer une retenue pour absence ?

Trois méthodes coexistent : (1) Méthode du trentième : (salaire brut ÷ 30) × jours d'absence calendaires. (2) Méthode jours ouvrés : (salaire brut ÷ jours ouvrés du mois) × jours ouvrés d'absence. (3) Méthode horaire réel : (salaire brut ÷ heures mensuelles) × heures d'absence. Dans le secteur privé, la Cour de cassation impose que la retenue ne dépasse pas celle calculée selon l'horaire réel (arrêts 1982 et 1992).

La règle du trentième est-elle légale dans le secteur privé ?

La règle du trentième est tolérée dans le secteur privé uniquement si elle donne une retenue inférieure ou égale à celle de la méthode de l'horaire réel (méthode de principe selon la Cour de cassation, arrêts 1982 réaffirmés 1992). Si la retenue au trentième dépasse la retenue horaire réelle, seule la méthode horaire réel est licite. Dans la fonction publique, le 1/30e indivisible s'applique systématiquement.

Comment est calculée une journée de salaire ?

Une journée de salaire se calcule différemment selon la méthode : trentième = salaire ÷ 30 ; jours ouvrés = salaire ÷ jours ouvrés du mois ; horaire réel = (salaire ÷ heures mensuelles) × heures journalières (ex. 7 h pour 35 h/semaine). Pour un salarié à 35 h/semaine avec 151,67 h/mois et 7 h/j, une journée vaut (salaire ÷ 151,67) × 7 selon la méthode horaire réel.

Quelle méthode de retenue pour un congé sans solde ?

Pour un congé sans solde dans le secteur privé, la méthode de l'horaire réel s'impose : retenue = (salaire brut ÷ heures mensuelles) × heures d'absence. La méthode du trentième est admise en complément si sa retenue reste inférieure ou égale à celle de l'horaire réel. La convention collective de l'entreprise peut prévoir une méthode plus favorable au salarié.

Le diviseur 30 change-t-il selon le mois ?

Non, le diviseur 30 est fixe et immuable dans la méthode du trentième. Qu'il s'agisse de février (28 jours) ou de mars (31 jours), le diviseur reste 30. C'est la logique de la mensualisation : le salarié touche le même salaire chaque mois, et les absences sont valorisées sur cette base fixe.

Quelle base de calcul pour le trentième : brut ou net ?

La retenue s'applique toujours sur le salaire mensuel brut, jamais sur le net. La réduction du salaire net découle mécaniquement de la réduction du brut : les cotisations sociales étant calculées sur le brut, un brut réduit génère des cotisations réduites et un net diminué dans la même proportion. Calculer sur le net constitue une erreur de méthode grave.

Comment s'applique le 1/30e pour un salarié à temps partiel ?

La règle du trentième s'applique de la même façon : (salaire brut mensuel contractuel ÷ 30) × jours d'absence calendaires. Le prorata du temps partiel est déjà intégré dans le salaire brut contractuel. Un salarié à mi-temps percevant 1 000 € brut avec 2 jours d'absence : retenue = 1 000 ÷ 30 × 2 = 66,67 €.

La retenue pour grève se calcule-t-elle au trentième ?

Oui, pour les jours entiers de grève, la retenue est d'1/30e du salaire mensuel par jour. Pour un arrêt d'une heure dans une journée de 7 h, la retenue est d'1/30e × 1/7 du salaire (soit 1/210e). L'employeur ne peut en aucun cas appliquer une retenue supérieure au temps réellement non travaillé.

Comment la retenue figure-t-elle sur le bulletin de paie ?

La retenue apparaît sur une ligne libellée « Absence non rémunérée » ou « Retenue pour absence » avec un signe négatif, réduisant le salaire de base brut. Le bulletin doit mentionner le nombre de jours (ou d'heures) d'absence, la base de calcul (salaire brut), le diviseur retenu et le montant de la retenue. L'employeur doit pouvoir justifier chaque retenue.

Le 1/30e s'applique-t-il pour une absence maladie ?

Pour les jours d'absence maladie non couverts par un maintien de salaire, la retenue est applicable. Les salariés avec moins d'un an d'ancienneté n'ont pas droit au maintien légal (art. L1226-1 du Code du travail). À partir d'un an d'ancienneté, le maintien à 90 % pendant 30 jours puis à 2/3 s'applique, ce qui limite la retenue effective à 10 % puis 33 % du salaire journalier.

Quelles primes entrent dans la base du trentième ?

Entrent dans la base : salaire de base brut et primes à caractère permanent versées mensuellement (prime d'ancienneté, indemnité de fonction mensuelle, prime de poste récurrente). N'entrent généralement pas : primes exceptionnelles non récurrentes (13e mois, prime de bilan annuel, prime de résultat ponctuelle, remboursements de frais).

Quelle différence entre jours ouvrés et jours calendaires pour la retenue ?

La méthode du trentième décompte les jours calendaires (week-ends et jours fériés inclus dans la période d'absence). La méthode des jours ouvrés ne décompte que les jours effectivement travaillés dans l'entreprise (généralement 5 jours/semaine, soit 21 à 23 jours selon le mois). Un salarié absent du vendredi au lundi suivant représente 4 jours calendaires (vendredi, samedi, dimanche, lundi) mais 2 jours ouvrés (vendredi, lundi).

Comment calculer la retenue pour une demi-journée d'absence ?

Pour une demi-journée avec la méthode du trentième : retenue = salaire mensuel brut ÷ 60 (soit 1/30 divisé par 2). Exemple : salarié à 2 400 € brut → retenue demi-journée = 2 400 ÷ 60 = 40 €. Avec la méthode horaire réel : retenue = (salaire ÷ heures mensuelles) × heures de la demi-journée (ex. 3,5 h pour une journée de 7 h).

La méthode du trentième s'applique-t-elle en cas d'entrée ou sortie en cours de mois ?

Non, le trentième (diviseur fixe 30) est spécifique aux absences survenant en cours de contrat. Pour les entrées et sorties en cours de mois, la règle est le prorata temporis calendaire : salaire versé = (salaire mensuel brut ÷ nombre réel de jours du mois) × jours travaillés. Le diviseur est ici le nombre réel de jours du mois (28, 29, 30 ou 31), et non le diviseur fixe 30. Utiliser le trentième pour un prorata d'embauche ou de départ est une erreur fréquente de logiciels de paie mal paramétrés.

Que dit la jurisprudence de la Cour de cassation sur les retenues pour absence ?

La Cour de cassation a posé en 1982 le principe de la méthode de l'horaire réel pour les retenues dans le secteur privé : la retenue doit être strictement proportionnelle au temps de travail réellement perdu. Ce principe a été réaffirmé en 1992. La méthode du trentième n'est admissible que si elle conduit à une retenue inférieure ou égale à la retenue horaire réelle. Toute retenue supérieure est illicite et ouvre droit à un rappel de salaire au salarié.

Sources officielles et références légales

  • Code du travail — art. L3121-27 (durée légale), art. L3121-18 (repos quotidien), art. L3242-1 s. (mensualisation), art. L1226-1 (maintien de salaire maladie), art. L3251-3 (retenues sur salaire). Légifrance
  • Cour de cassation — arrêts de principe de 1982 sur la méthode de l'horaire réel pour les retenues pour absence ; réaffirmation 1992. Source : courdecassation.fr
  • service-public.gouv.fr — Fiche F568 (avancement fonctionnaire), fiche pratique absences salarié (droit du travail). service-public.fr
  • URSSAF — Constantes 2026 : PASS 48 060 €/an, PMSS 4 005 €/mois, plafond horaire SS 30 €/h. urssaf.fr
  • Décret revalorisation SMIC 2026 — SMIC horaire brut 12,02 €/h (1er janv.–31 mai 2026), SMIC mensuel brut 1 823,03 €. Revalorisation au 1er juin 2026 : 12,31 €/h, 1 867,02 €/mois.
  • Code général de la fonction publique — règle du 1/30e indivisible ; statuts particuliers des cadres d'emplois. Légifrance

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À propos de l'auteur — Mehdi Kabbaj

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Mehdi Kabbaj

Expert droit du travail et paie — retenues pour absence et gestion RH

Mehdi Kabbaj est spécialiste en droit social, paie et gestion des ressources humaines. Il analyse les réglementations du Code du travail, les jurisprudences de la Cour de cassation et les barèmes officiels pour produire des outils de calcul fiables, accessibles et conformes au droit en vigueur. Ses contributions couvrent les domaines de la paie, de la gestion des absences, de la fonction publique et des contrats atypiques. Page révisée le 21/05/2026 par Mehdi Kabbaj.

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