Calcul taux de fréquence accident du travail (TF, IF, TG, IG) — Formule INRS 2026
Transparence — Cette page contient des liens Payhip (rel="nofollow sponsored"). Les formules TF, IF, TG et IG publiées sont celles de l'INRS (page « Statistiques nationales » AT/MP). Mis à jour le 10 juin 2026 par Rédaction MaCalculatrice.
⚡ En bref
Réponse directe : TF = (AT avec arrêt × 1 000 000) / heures travaillées — IF = (AT avec arrêt × 1 000) / effectif — TG = (jours perdus × 1 000) / heures travaillées — IG = (somme IP × 1 000 000) / heures travaillées. Source : INRS, page « Statistiques nationales » AT/MP.
- Formule TF de l'INRS + base légale L242-7 CSS
- 4 indicateurs calculés simultanément : TF + IF + TG + IG
- Cas pratiques chiffrés : PME BTP 15 sal. / ETI commerce 200 / Grande industrie 1 500
- Tableau de référence CTN A-I (CNAM AT-MP 2024) + interprétation seuils
- Erreurs récurrentes, variantes légales et intégration DUER (R4121-1 CT)
Calculateur TF + IF + TG + IG — 4 indicateurs simultanés INRS 2026
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Formules officielles INRS et bases légales (L242-7 CSS)
Les quatre indicateurs de sinistralité accidents du travail sont définis par l'INRS (page « Statistiques nationales » AT/MP). Ils permettent aux entreprises de suivre l'évolution de leur niveau de risque en se comparant à leur secteur ou branche d'activité.
1. Taux de Fréquence (TF)
Unité : accidents par million d'heures travaillées
Source : INRS, page « Statistiques nationales » AT/MP : « (nb des accidents en premier règlement/heures travaillées) x 1 000 000 »
Au numérateur, l'INRS retient les accidents du travail « en premier règlement ». Le TF est généralement calculé sur l'année civile (janvier–décembre).
2. Indice de Fréquence (IF)
Unité : accidents par tranche de 1 000 salariés
Source : INRS, page « Statistiques nationales » AT/MP
L'IF s'affranchit du volume d'heures travaillées et facilite la comparaison entre entreprises à régimes d'horaires très différents (secteurs à temps partiel intense, commerce, santé). Il est particulièrement utile pour benchmarker une entreprise multi-sites avec des modalités contractuelles variées. L'effectif salarié moyen est calculé sur la même période que les AT.
3. Taux de Gravité (TG)
Unité : jours d'arrêt par millier d'heures travaillées
Source : INRS, page « Statistiques nationales » AT/MP (journées perdues par incapacité temporaire)
Le TG mesure la sévérité des accidents, là où le TF ne mesure que leur fréquence. Un TF faible avec un TG élevé indique peu d'accidents mais des accidents très graves. Les journées perdues sont les jours calendaires (y compris weekends et jours fériés) d'arrêt consécutifs à un AT avec arrêt, depuis le lendemain de l'accident jusqu'au jour de reprise effective. Source des données : certificats médicaux AT et déclarations CPAM.
4. Indice de Gravité (IG)
Unité : points IP par million d'heures travaillées
Source : INRS, page « Statistiques nationales » AT/MP
L'IG mesure les séquelles permanentes laissées par les accidents du travail. La somme des taux d'IP (incapacité permanente) est celle fixée par la CPAM lors de la consolidation de l'état de la victime. L'IG complète le TG pour les sinistres ayant des conséquences irréversibles (amputation, TMS sévère, accident grave).
Base légale : article L242-7 du Code de la Sécurité Sociale
L'article L242-7 CSS fonde la tarification AT/MP employeur. Le taux de cotisation est notifié chaque année à l'employeur par sa CARSAT ; consultez-la pour le détail de votre taux.
Repère national
Selon le rapport annuel 2024 de l'Assurance Maladie – Risques professionnels, l'indice de fréquence des accidents du travail (IF, accidents avec arrêt pour 1 000 salariés) du régime général s'établit à 26,4 en 2024, en diminution de 1,1 %. La sinistralité variant fortement selon les secteurs (CTN), comparez plutôt votre TF aux statistiques de votre secteur publiées par l'Assurance Maladie – Risques professionnels.
Source : Assurance Maladie, rapport annuel 2024 « Risques professionnels », publié le 18 novembre 2025.
Cas pratiques chiffrés — 3 personae sectoriels 2026
Ces exemples appliquent les formules de l'INRS à trois configurations fictives. Chaque calcul illustre l'interprétation des résultats et les actions correctives associées.
Personnae 1 — PME BTP 15 salariés
Données : 2 AT avec arrêt sur l'année, 1 500 jours perdus cumulés, 26 250 heures effectivement travaillées (15 sal. × 47 sem. × 37,5 h), effectif moyen 15.
- TF = (2 × 1 000 000) / 26 250 = 76,19. Avec moins de 20 salariés, le taux de cotisation AT/MP est collectif : il dépend de la sinistralité du secteur d'activité, pas de celle de l'entreprise (ameli.fr).
- IF = (2 × 1 000) / 15 = 133,33 — soit 133 AT pour 1 000 salariés, à comparer à l'indice de fréquence national de 26,4 en 2024 (Assurance Maladie).
- TG = (1 500 × 1 000) / 26 250 = 57,14 jours perdus pour 1 000 heures travaillées.
- Action : mise à jour du DUER, analyse de chaque AT et échange avec la CARSAT.
Personnae 2 — ETI commerce 200 salariés
Données : 8 AT avec arrêt, 4 500 jours perdus cumulés, 350 000 heures travaillées (200 sal. × 45 sem. × 38,9 h en mixte temps partiel/plein), effectif moyen 200.
- TF = (8 × 1 000 000) / 350 000 = 22,86.
- IF = (8 × 1 000) / 200 = 40,00 — 40 AT pour 1 000 salariés, à comparer à l'indice de fréquence national tous secteurs de 26,4 en 2024 (Assurance Maladie).
- TG = (4 500 × 1 000) / 350 000 = 12,86 — proportionnellement plus de jours perdus que d'accidents : des accidents peu nombreux mais longs.
- Action : analyser les causes des arrêts longs et échanger avec la CARSAT.
Personnae 3 — Grande entreprise industrie 1 500 salariés
Données : 45 AT avec arrêt, 28 000 jours perdus, 2 625 000 heures travaillées (1 500 sal. × 47 sem. × 37,1 h), effectif moyen 1 500. 3 victimes avec IP reconnus par CPAM : taux IP 15 %, 8 %, 22 % = somme 45 points IP.
- TF = (45 × 1 000 000) / 2 625 000 = 17,14.
- IF = (45 × 1 000) / 1 500 = 30,00 — à comparer aux statistiques de son secteur (CTN).
- TG = (28 000 × 1 000) / 2 625 000 = 10,67 jours perdus pour 1 000 heures travaillées.
- IG = (45 × 1 000 000) / 2 625 000 = 17,14 — séquelles permanentes présentes.
- Cotisation AT/MP : le mode de tarification (collectif, mixte ou individuel) dépend de l'effectif ; la CARSAT notifie le taux applicable.
Pour faciliter la comparaison de vos résultats, rappelons que la CNAM AT-MP publie chaque année, courant T3, les statistiques définitives par CTN avec les TF, TG, IF et IG moyens de branche. Ces données sont accessibles librement sur at-mp.ameli.fr — rubrique "Statistiques nationales". En cas de doute sur votre CTN, votre CARSAT régionale peut vous orienter et vous fournir la correspondance NAF/CTN spécifique à votre secteur.
Exemples construits à partir des formules de l'INRS. Pour la moyenne de votre secteur (CTN), consultez le livret de sinistralité publié par l'Assurance Maladie – Risques professionnels sur ameli.fr.
Contexte légal (DUER, L242-7 CSS)
Intégration au Document Unique d'Évaluation des Risques (DUER)
L'article R4121-1 du Code du travail impose à tout employeur de consigner dans le DUER le résultat de l'évaluation des risques professionnels pour chaque unité de travail. Le DUER doit être mis à jour au minimum une fois par an et après tout AT grave ou maladie professionnelle. Les indicateurs TF, IF, TG et IG constituent le bilan chiffré de sinistralité intégré au DUER.
Pour les entreprises de plus de 300 salariés, le rapport annuel de situation comparée (RSC) et le bilan social doivent mentionner explicitement le TF et le TG. Ces documents sont présentés au CSSCT (Comité Social et Économique) et accessibles aux représentants du personnel.
Tarification AT/MP et article L242-7 CSS
L'article L242-7 du Code de la Sécurité Sociale détermine les règles de calcul de la cotisation AT/MP patronale. Le taux mixte de branche est défini par les Comités Techniques Nationaux (CTN A à I) et s'applique différemment selon la taille de l'entreprise :
- Entreprises de moins de 20 salariés : taux collectif fixé par la CARSAT pour la branche entière du CTN. La sinistralité individuelle n'est pas prise en compte.
- Entreprises de 20 à 149 salariés : taux mixte, combinant taux collectif (fraction) et taux individuel (fraction propre à l'établissement). La pondération de la partie individuelle augmente avec la taille.
- Entreprises à partir de 150 salariés : taux individuel calculé sur la sinistralité propre de l'établissement sur les 3 dernières années glissantes. C'est le régime où un TF élevé a l'impact direct le plus fort sur les cotisations.
L'arrêté du 30 décembre 2025 a fixé les taux et majorations M1 à M4 de la cotisation AT/MP applicables à compter du 1er janvier 2026. Le taux brut varie fortement selon le secteur d'activité (code risque), de moins de 1 % dans le tertiaire à plusieurs points dans le BTP ou certains secteurs industriels.
Comparaison internationale — Eurostat ESAW
Au niveau européen, la statistique ESAW (European Statistics on Accidents at Work), coordonnée par Eurostat et alimentée par EUROGIP pour la France, utilise des définitions légèrement différentes du TF INRS : ESAW inclut les accidents mortels et retient un seuil d'arrêt de 4 jours (contre 1 jour pour l'INRS). Ces différences de méthode rendent les comparaisons brutes entre pays trompeuses sans redressement statistique ; consultez les publications Eurostat/EUROGIP pour des chiffres à jour et comparables.
Variantes légales par taille d'entreprise et cas particuliers
Le calcul des indicateurs de sinistralité comporte plusieurs variantes et cas particuliers selon la configuration de l'entreprise, le statut des travailleurs et le type de sinistre.
Travailleurs intérimaires et prestataires
Un AT survenu à un travailleur intérimaire dans les locaux ou sous la direction de l'entreprise utilisatrice est déclaré par l'entreprise de travail temporaire à la CPAM, mais il entre dans le calcul du TF de l'entreprise utilisatrice (sauf accord contractuel spécifique et délégation de pouvoir). Les heures des intérimaires doivent donc être incluses au dénominateur. Ce point est fréquemment mal appliqué dans les PME.
AT avec arrêt vs AT sans arrêt
Le TF officiel INRS et CNAM AT-MP ne comptabilise que les AT avec arrêt (TF1 au sens CARSAT). Certaines entreprises calculent également un TF2 interne incluant les AT sans arrêt (soins sur place, premiers secours, accident bénin). Ce TF2 est un indicateur de prévention précieux mais distinct du TF réglementaire. Un accident bénin non suivi d'arrêt ne doit pas figurer dans le numérateur du TF CNAM.
Accidents de trajet (L.411-2 CSS)
L'accident de trajet (entre le domicile et le lieu de travail, ou entre deux lieux de travail) est reconnu AT au sens de L.411-2 CSS mais comptabilisé séparément par la CNAM dans un taux de fréquence trajet distinct. Ni le numerateur ni le dénominateur du TF "lieu de travail" ne doivent inclure les AT trajet. Certains éditeurs (Tissot, Legifrance) publient un TF global incluant trajet, attention à l'homogénéité des comparaisons.
Maladies professionnelles (MP) — à ne pas confondre
Les maladies professionnelles reconnues par les tableaux MP (décrets pris en application de l'article L461-1 CSS) génèrent des journées perdues et des IP mais ne sont pas incluses dans le calcul du TF ou TG AT classique. Elles font l'objet d'indicateurs séparés (taux de fréquence MP, incidence MP). Le DUER doit traiter AT et MP dans deux chapitres distincts.
Rechutes et prolongations d'arrêt
Si un salarié victime d'un AT antérieur reprend le travail puis est de nouveau en arrêt pour le même accident (rechute reconnue par la CPAM), les jours d'arrêt supplémentaires s'ajoutent aux jours perdus pour le TG mais la rechute ne crée pas un nouvel AT dans le numérateur du TF. La rechute doit cependant figurer dans le registre AT.
Entreprises multi-établissements
Pour un groupe ou une entreprise multi-sites, le TF peut être calculé globalement (tous établissements confondus) ou par établissement. La CARSAT applique généralement la tarification par établissement (code NAF + SIRET). Un groupe peut présenter un TF global satisfaisant masquant des disparités sectorielles importantes entre établissements. L'analyse par établissement est recommandée pour identifier les "points chauds".
TF elevé : comment construire un plan de prevention CARSAT ?
Lorsque le taux de frequence depasse 1,5 fois la moyenne de votre CTN pendant deux annees consecutives, la CARSAT peut exiger un plan d'action de prevention formalise. Ce plan doit inclure : une analyse des causes racines (methode des 5 pourquoi ou arbre des causes), des mesures correctives prioritaires, un calendrier de mise en oeuvre et des indicateurs de suivi. En contrepartie, la CARSAT peut moduler favorablement votre cotisation AT/MP.
Les 6 etapes du plan de prevention conforme CARSAT
- Analyse de sinistralite : calculer TF, IF, TG et IG sur les 3 dernieres annees avec notre outil.
- Identification des causes : arbre des causes pour chaque AT grave, methode QQOQCCP pour les incidents repetes.
- Priorisation des risques : matrice gravite x frequence, croisee avec le Document Unique (DUER, art. R4121-1 CT).
- Actions correctives : mesures techniques (EPI, protections collectives), organisationnelles (procedures, formations L4141-1 CT) et comportementales.
- Indicateurs de suivi : TF et TG cibles sur N+1, N+2 et N+3 ; nombre de presqu'accidents signales ; taux de port EPI.
- Formalisation : document signe par la direction, presente au CSSCT (ou CSE si pas de CSSCT), conserve 5 ans minimum.
Source : INRS - demarche de prevention des risques professionnels / CARSAT guide entreprises 2026. INRS - Analyser les accidents du travail.
Erreurs récurrentes et pièges de calcul du taux de fréquence AT
Ces 8 erreurs sont identifiées par les préventionnistes INRS et les auditeurs CARSAT comme les plus fréquentes dans les calculs de sinistralité d'entreprise. Elles faussent les indicateurs et peuvent entraîner des décisions de prévention inadaptées.
Erreur 1 — Inclure les accidents de trajet dans le TF
Les AT de trajet (L.411-2 CSS) ne doivent pas figurer dans le TF réglementaire, qui ne comptabilise que les AT survenus au lieu de travail ou en mission (L.411-1). Inclure les AT trajet gonfle artificiellement le TF et fausse la comparaison avec les moyennes CNAM AT-MP (qui les excluent aussi). Tenir un registre AT séparant clairement les deux catégories.
Erreur 2 — Utiliser les heures contractuelles au lieu des heures effectivement travaillées
Le dénominateur du TF est les heures effectivement travaillées, pas les heures théoriques ou contractuelles. Les absences (maladie, congés payés, RTT, grève, formation), les chômages techniques et les arrêts maternité doivent être déduits. Utiliser les heures contractuelles brutes sous-estime les heures travaillées, gonfle le TF et biaise les comparaisons intersectorielles.
Erreur 3 — Confondre TF (pour un million d'heures) et IF (pour mille salariés)
TF et IF sont deux indicateurs différents avec des bases de calcul et des unités distincts. Un TF de 32 ne signifie pas qu'il y a 32 AT pour 1 000 salariés (ce serait l'IF). Cette confusion conduit à des interprétations erronées lors de la présentation au CSSCT ou dans le bilan social. Toujours préciser l'unité : "32 AT par million d'heures" (TF) ou "32 AT pour 1 000 salariés" (IF).
Erreur 4 — Omettre les travailleurs intérimaires dans le calcul
Les heures des travailleurs intérimaires travaillant dans l'entreprise doivent être intégrées au dénominateur du TF. Si un AT survient à un intérimaire sous la direction de l'entreprise utilisatrice, cet AT entre dans le numérateur du TF de cette entreprise. Ignorer les intérimaires dans les deux termes fausse le ratio — et l'occulter peut constituer une déclaration inexacte à la CARSAT.
Erreur 5 — Arrondir trop tôt
Arrondir le TF à l'entier (exemple : 32 au lieu de 32,14) avant de le comparer d'une année sur l'autre peut masquer une évolution. Conservez les décimales dans vos séries pluriannuelles.
Erreur 6 — Ne pas actualiser le DUER après chaque AT grave
L'article R4121-1 CT impose la mise à jour du DUER après tout AT grave ou maladie professionnelle. Ne pas actualiser expose l'entreprise à la qualification de faute inexcusable de l'employeur si un nouvel AT similaire survient. La Cour de cassation (jurisprudence 2002–2024) retient la faute inexcusable dès lors que l'employeur avait connaissance du risque et n'a pas mis à jour ses mesures de prévention.
Erreur 7 — Compter les rechutes comme de nouveaux AT dans le TF
Une rechute (nouvelle incapacité suite au même AT initial, reconnue par la CPAM) n'est pas un nouvel AT dans le numérateur du TF. Seul le premier AT donne lieu à comptage. En revanche, les jours d'arrêt de la rechute s'ajoutent aux journées perdues pour le TG. Confondre les deux surestime le TF et sous-estime le TG.
Erreur 8 — Ignorer l'impact des AT sans arrêt sur la prévention
Un AT sans arrêt (soins sur place, premier secours) n'entre pas dans le TF officiel mais est un signal d'alerte préventif majeur. L'INRS préconise de les enregistrer systématiquement dans le registre AT et de calculer un "taux global" interne (AT avec + sans arrêt) pour piloter la prévention. Un ratio élevé d'AT sans arrêt précède souvent une dégradation du TF dans les trimestres suivants.
FAQ — 13 questions fréquentes sur le calcul du taux de fréquence AT
Sources : INRS (statistiques nationales AT/MP), art. L242-7 CSS, art. R4121-1 CT, BOSS.gouv.fr, arrêté du 30 décembre 2025, CNAM AT-MP.
Quelle est la formule officielle du taux de fréquence TF selon l'INRS ?
TF = (nombre d'AT avec arrêt × 1 000 000) ÷ nombre d'heures travaillées. Source : INRS, page « Statistiques nationales » AT/MP (inrs.fr). Le résultat exprime le nombre d'AT avec arrêt par million d'heures travaillées. Arrondi à 2 décimales selon la méthode INRS.
Quelle est la formule de l'indice de fréquence IF et quand l'utiliser ?
IF = (nombre d'AT avec arrêt × 1 000) ÷ effectif salarié moyen. Source : Éditions Tissot, Sécurité Sociale évaluation 2.2.2. L'IF est particulièrement utile dans les secteurs à fort temps partiel (commerce, santé) où le volume d'heures travaillées par salarié est très variable. Il permet de comparer deux établissements avec des modalités contractuelles différentes sans biais lié aux horaires.
Comment calculer le taux de gravité TG et comment l'interpréter ?
TG = (nombre de journées perdues × 1 000) ÷ nombre d'heures travaillées. Les journées perdues sont les jours calendaires (y compris weekends et fériés) d'arrêt consécutifs à un AT avec arrêt. Aucun seuil d'interprétation officiel n'est appliqué ici : comparez votre TG à votre historique et aux statistiques de votre secteur. Source de la formule : INRS, page « Statistiques nationales » AT/MP.
Qu'est-ce que l'indice de gravité IG et quel est son barème réglementaire ?
IG = (somme des taux d'incapacité permanente × 1 000 000) ÷ nombre d'heures travaillées. Les taux d'IP (incapacité permanente) sont fixés par la CPAM lors de la consolidation médicale. L'IG mesure les séquelles irréversibles là où le TG mesure l'incapacité temporaire. Un IG élevé avec un TG faible signale des accidents peu nombreux mais aux conséquences permanentes graves.
Quelle est la base légale de la cotisation AT/MP employeur en 2026 ?
Article L242-7 du Code de la Sécurité Sociale. La cotisation est calculée sur 3 années glissantes de sinistralité : taux collectif (moins de 20 salariés), taux mixte (20–149 salariés), taux individuel (150 salariés et plus). Les taux et majorations applicables en 2026 ont été fixés par arrêté du 30 décembre 2025. La formule du taux net est : Taux net = (Taux brut + M1) × (1 + M2) + M3 + M4, avec pour 2026 M1 = 0,19 %, M2 = 52 %, M3 = 0,17 %, M4 = 0,03 % (juritravail).
Le taux de fréquence inclut-il les accidents de trajet ?
Non. Le TF réglementaire INRS et CNAM AT-MP ne concerne que les AT survenus sur le lieu de travail ou en mission (L.411-1 Code Sécu). Les accidents de trajet (L.411-2 CSS) entre domicile et lieu de travail sont comptabilisés séparément dans un "taux de fréquence trajet" distinct. Pour le bilan social, les deux indicateurs doivent figurer séparément. Les statistiques CTN publiées par la CNAM excluent aussi les AT de trajet.
Comment le TF influence-t-il concrètement la cotisation AT/MP employeur ?
Un TF supérieur à la moyenne sectorielle sur 3 ans consécutifs entraîne une majoration du taux de cotisation AT/MP (art. L242-7 CSS). Pour les entreprises en taux individuel (≥ 150 salariés), chaque AT grave représente directement un surcoût cotisation sur 3 ans.
Comment intégrer les indicateurs AT dans le Document Unique DUER ?
L'article R4121-1 du Code du travail impose la mise à jour du DUER après tout AT grave ou maladie professionnelle. Les indicateurs TF, IF, TG et IG constituent le bilan chiffré de sinistralité à intégrer dans le DUER, section "Analyse de l'accidentologie". Pour les entreprises de plus de 300 salariés, ils doivent figurer dans le bilan social et être présentés au CSSCT. Le DUER est la pièce maîtresse en cas de contentieux "faute inexcusable".
Quelle différence entre TF et IF pour les comparaisons sectorielles ?
Le TF (pour un million d'heures) est l'indicateur de référence INRS et CNAM AT-MP pour les comparaisons officielles. L'IF (pour 1 000 salariés) est complémentaire pour les secteurs à temps partiel élevé (commerce, santé, nettoyage) où les heures travaillées par salarié varient fortement. Un secteur avec beaucoup de temps partiels aura un TF plus bas que son IF ne le suggère. Utiliser les deux indicateurs ensemble donne une image plus complète.
Où trouver les définitions officielles de TF, IF, TG et IG ?
L'INRS publie les définitions sur sa page « Statistiques nationales » AT/MP : IF = (nb des accidents en premier règlement / effectif salarié) × 1 000 ; TF = (nb des accidents en premier règlement / heures travaillées) × 1 000 000 ; TG = (nb des journées perdues par incapacité temporaire / heures travaillées) × 1 000 ; IG = (somme des taux d'incapacité permanente / heures travaillées) × 1 000 000.
Comment benchmarker mon TF contre la moyenne de mon CTN ?
Étape 1 : identifier votre code NAF (5 chiffres) sur votre extrait Kbis ou sur infogreffe.fr. Étape 2 : retrouver votre CTN (A à I) à partir du NAF via le tableau de correspondance CNAM disponible sur at-mp.ameli.fr. Étape 3 : télécharger les statistiques AT-MP de votre CTN sur at-mp.ameli.fr. Étape 4 : comparer votre TF calculé avec la moyenne CTN et, pour l'interprétation, vous rapprocher de votre CARSAT.
Quel est l'impact juridique d'un TF élevé sur la faute inexcusable de l'employeur ?
Un TF durablement supérieur à la moyenne sectorielle constitue un indice de faute inexcusable de l'employeur selon la jurisprudence Cass. soc. 28 février 2002 (arrêts Amiante). L'obligation de sécurité de résultat de l'article L.4121-1 CT implique que l'employeur qui avait ou aurait dû avoir conscience du danger et n'a pas pris les mesures nécessaires engage sa responsabilité. Documenter le DUER, les plans d'action et les formations est la défense la plus solide. Source : BOSS.gouv.fr, jurisprudence sociale 2024.
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