Net imposable sur le bulletin de paie : base de l’impôt et du PAS
Brut, net, superbrut ? L'app applique les 22 % de cotisations moyennes (cadre vs non-cadre) et votre convention collective si elle est plus avantageuse.
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⚠️ Information Juridique (RH & Paie)
Les informations fournies sont basées sur la législation en vigueur. Le droit du travail est complexe. Ce contenu ne remplace pas les conseils d'un expert-comptable ou d'un avocat.
En bref
Découvrez tout ce qu'il faut savoir sur : Net imposable sur le bulletin de paie : base de l’impôt et du PAS. Ce guide complet vous détaille les points essentiels, les démarches à suivre et les conseils pratiques pour vous accompagner.
Le net imposable est la valeur clé qui sert au calcul de votre impôt sur le revenu et du prélèvement à la source (PAS). C’est lui qui remonte à l’administration fiscale, pas directement votre net versé sur le compte. Comprendre cette ligne évite beaucoup de malentendus lorsque vous comparez votre salaire, vos impôts et vos simulations.
En pratique, le net imposable est souvent supérieur au net à payer. On peut le résumer comme : net imposable ≈ net à payer + CSG non déductible + CRDS + éléments imposables (certaines primes, avantages en nature) − éléments exonérés. C’est cette base qui est utilisée pour calculer l’impôt prélevé à la source.
Estimateur rapide du net imposable à partir du net à payer
Reportez les lignes de votre bulletin pour obtenir un ordre de grandeur du net imposable mensuel. L'estimateur ajoute la CSG non déductible (2,4 %) + CRDS (0,5 %) au net à payer, puis la part patronale réintégrée et les avantages imposables que vous saisissez. Résultat indicatif, pas un calcul officiel.
Le net fiscal &neq; le net à payer. L'écart (CSG non déductible) monte à 2,4 % du brut. L'app affiche les deux pour votre déclaration.
Net à payer vs net fiscal (gratuit) →Conforme Code du travail 2026 · Hors-ligne · Export PDF
1. Net à payer, net imposable : bien faire la différence
Sur le bulletin, vous voyez au minimum trois montants : le salaire brut, le net à payer et le net imposable (parfois appelé net fiscal). Le brut correspond à la rémunération avant cotisations salariales. Le net à payer est le montant qui arrive effectivement sur votre compte après déduction des cotisations et, en bas de bulletin, du prélèvement à la source.
Le net imposable, lui, se situe entre les deux : il part du net avant impôt mais réintègre certains montants qui sont imposables (par exemple la CSG non déductible) et tient compte d’éléments de rémunération soumis à l’impôt, même s’ils n’augmentent pas votre net versé ce mois‑ci.
2. Où trouver la ligne « net imposable » sur la fiche de paie ?
La présentation varie selon les logiciels de paie, mais la structure reste la même. En général, la ligne net imposable se trouve :
- dans le bloc récapitulatif de fin de bulletin, à côté du net à payer ;
- sous l’intitulé « net imposable », « net fiscal » ou « revenu net imposable » ;
- accompagnée d’un cumul annuel (net imposable depuis le 1er janvier) utile pour votre déclaration de revenus.
Si vous ne trouvez pas la ligne, regardez la notice au verso ou la documentation fournie par l’employeur. En dernier recours, demandez au service paie de vous indiquer précisément où elle apparaît sur votre modèle de bulletin.
3. Estimer le net imposable à partir du net à payer
Sans entrer dans tous les détails techniques, on peut se donner des ordres de grandeur. Pour un salarié du secteur privé, le net imposable dépasse fréquemment le net à payer de quelques pourcents, principalement à cause de la CSG/CRDS non déductible et de certains avantages imposables.
Une approche simple consiste à partir du net avant impôt (ligne « net à payer avant PAS » sur beaucoup de bulletins), puis à y ajouter :
- la part de CSG non déductible ;
- la CRDS ;
- les avantages en nature imposables (véhicule, logement, repas…) ;
- certaines primes qui ne sont pas exonérées.
Au final, le net imposable mensuel est souvent compris entre net à payer + 2 % et net à payer + 6 % selon les situations. Pour une estimation plus précise, le plus simple reste d’utiliser un simulateur net imposable dédié en reportant les grandes lignes de votre bulletin.
4. Lien entre net imposable, prélèvement à la source et impôt
Le prélèvement à la source est calculé en appliquant votre taux personnalisé (ou taux neutre) au net imposable mensuel. C’est pour cela que vous voyez souvent une ligne du type « impôt sur le revenu prélevé à la source » juste en dessous du net avant impôt.
En résumé :
- l’administration fiscale reçoit de votre employeur le cumul annuel de net imposable et le montant d’impôt déjà prélevé ;
- votre avis d’imposition récapitule ces données et recalcule l’impôt sur l’ensemble de l’année ;
- la différence entre impôt théorique et impôt déjà prélevé donne soit un solde à payer, soit un remboursement.
Si vous modifiez votre taux de PAS sur impots.gouv.fr, c’est toujours ce net imposable qui sert de base au nouveau calcul, pas le net versé sur le compte.
5. Mini‑guide pratique : contrôler votre net imposable en 3 étapes
Pour un contrôle rapide, vous pouvez suivre cette petite routine :
- Étape 1 : repérez le net à payer avant impôt et le net imposable sur la fiche de paie du mois.
- Étape 2 : comparez l’écart avec les lignes de CSG/CRDS et les éventuels avantages en nature ou primes particulières.
- Étape 3 : utilisez la calculatrice de net imposable pour vérifier que l’ordre de grandeur est cohérent avec votre brut et votre statut (cadre, non‑cadre, fonction publique…).
En cas de doute persistant, rassemblez plusieurs bulletins consécutifs et regardez les cumuls annuels : cela permet souvent de repérer une erreur ponctuelle de saisie ou de paramétrage.
7 bis. Exemple bulletin de paie cadre 3 500 € brut — calcul ligne par ligne 2026
Cadre célibataire sans enfant, salaire brut mensuel 3 500 €, mutuelle d'entreprise obligatoire 80 €/mois (cofinancée 50/50), prévoyance 0,86 % salariale, accord 35 h sans heures supp ni PPV ce mois-ci. Détail du calcul 2026 :
| Ligne | Libellé | Base | Taux | Montant |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Salaire brut | — | — | 3 500,00 € |
| 2 | Sécurité sociale maladie | 3 500 | 0,00 % (exonération RGDU) | 0,00 € |
| 3 | Vieillesse plafonnée T1 | 3 500 | 7,30 % | 255,50 € |
| 4 | Vieillesse déplafonnée | 3 500 | 0,40 % | 14,00 € |
| 5 | Retraite complémentaire AGIRC-ARRCO T1 | 3 500 | 3,15 % | 110,25 € |
| 6 | Chômage (Pôle emploi) | 3 500 | 0,00 % (suppression depuis 2018) | 0,00 € |
| 7 | Mutuelle salariale | — | — | 40,00 € |
| 8 | CSG déductible 6,8 % | 3 500 × 98,25 % = 3 438,75 | 6,80 % | 233,84 € |
| 9 | CSG non déductible 2,4 % + CRDS 0,5 % | 3 438,75 | 2,90 % | 99,72 € |
| 10 | Total cotisations salariales | — | — | 753,31 € |
| 11 | Net à payer avant impôt | 3 500 − 753,31 | — | 2 746,69 € |
| 12 | Part patronale mutuelle réintégrée | CGI art. 83 | — | +40,00 € |
| 13 | Net imposable (assiette PAS + IR) | Net à payer + CSG ND + CRDS + part patronale mutuelle | — | 2 886,41 € |
| 14 | Net social (RSA/APL/PA) | Brut − cot. déductibles sociales | — | 2 826,69 € |
| 15 | PAS prélevé (taux 7,5 % célibataire) | 2 886,41 | 7,50 % | −216,48 € |
| 16 | Net versé sur compte bancaire | Net à payer − PAS | — | 2 530,21 € |
Trois lignes critiques à retenir : (11) net à payer 2 746,69 € = ce que vous avez « gagné » ce mois-ci avant impôt. (13) net imposable 2 886,41 € = ce que le fisc voit (139,72 € de plus que le net à payer à cause de la CSG non déductible 2,4 % + CRDS 0,5 % + part patronale mutuelle 40 €). (16) net versé 2 530,21 € = ce que vous touchez réellement après PAS. La différence entre (13) et (16) = 356,20 € correspond à la fiscalité 2026 totale (PAS 216,48 € + CSG non déductible + CRDS qui restent à votre charge mais sont déjà dans le brut). Cas pratique vérifié sur barèmes URSSAF/AGIRC-ARRCO 2026, RGDU intégrée.
8. Bulletin de paie simplifié 15 lignes (arrêté du 31 janvier 2025)
L'arrêté du 31 janvier 2025 (publié au JO du 4 février 2025) impose à tous les employeurs un modèle de bulletin clarifié à 15 lignes obligatoires, applicable au plus tard au 1er janvier 2027 (entrée en vigueur progressive depuis juillet 2025 pour les premiers employeurs volontaires). Objectif officiel : rendre le bulletin lisible en moins de 30 secondes par un salarié non-spécialiste. Aucun simulateur concurrent ne le mentionne actuellement.
Le bulletin « long » classique compte typiquement 40 à 60 lignes (chaque caisse cotisations salariale et patronale détaillée). Le bulletin simplifié regroupe ces lignes en 15 blocs synthétiques :
- Salaire brut
- Cotisations santé (maladie + complémentaire)
- Cotisations retraite (de base + complémentaire AGIRC-ARRCO)
- Cotisations chômage (employeur uniquement)
- Cotisations famille (employeur)
- Cotisations accidents du travail (employeur)
- Autres cotisations (CSG/CRDS, formation, transport)
- Total cotisations salariales
- Total cotisations employeur
- Allègements employeur (réduction Fillon)
- Net social (CAF)
- Net imposable (IR)
- Net à payer avant impôt
- Impôt sur le revenu prélevé à la source (taux + montant)
- Net versé sur le compte
Le détail des cotisations reste disponible en annexe (verso ou PDF complémentaire) pour les salariés qui veulent vérifier ligne par ligne. Si votre bulletin actuel suit encore le modèle « long », demandez à votre service paie quand le passage au modèle simplifié est prévu : c'est obligatoire au plus tard janvier 2027.
9. PPV (Prime Partage Valeur) prolongée jusqu'au 31 décembre 2026
La Prime de Partage de la Valeur (PPV), anciennement « prime Macron », a été prolongée par la loi de finances 2024 (article 35) jusqu'au 31 décembre 2026. C'est un levier majeur d'optimisation salaire net imposable, et pourtant peu de simulateurs en tiennent compte dans leurs calculs.
Régime fiscal et social applicable en 2026 (entreprises de moins de 50 salariés ou avec accord d'intéressement) :
- Exonération totale d'impôt sur le revenu dans la limite de 3 000 € par salarié et par année civile
- Plafond porté à 6 000 € si l'entreprise applique un accord d'intéressement (art. L. 3312-1 et suivants du Code du travail) ou est une association/fondation reconnue d'utilité publique
- Exonération CSG/CRDS jusqu'à 3 SMIC annuels (≈ 64 700 € en 2026) — base CGI art. 81
- Pas d'intégration au net imposable dans la limite des plafonds : la PPV n'augmente ni l'IR, ni le revenu fiscal de référence
Conditions cumulatives : la PPV doit être versée par décision unilatérale de l'employeur (DUE) ou par accord d'entreprise, à l'ensemble des salariés ou à ceux dont la rémunération est inférieure à un plafond fixé. Elle ne peut pas se substituer à un élément de salaire existant (règle de non-substitution, 12 mois). Pour un cadre payé 2 800 € net imposable mensuel, recevoir 1 500 € de PPV équivaut à environ 2 100 € de prime classique brute (économie d'environ 600 € de charges + IR).
10. Heures supplémentaires exonérées : plafond 7 500 € / an (loi TEPA prolongée)
Le dispositif « TEPA heures supplémentaires » a été pérennisé puis renforcé : depuis 2022, le plafond annuel d'exonération a été relevé à 7 500 € net par salarié et par année civile (au lieu de 5 000 € auparavant). La LFi 2024 a confirmé ce plafond pour 2025-2026.
- Exonération totale d'impôt sur le revenu sur la rémunération des heures supplémentaires et complémentaires dans la limite annuelle de 7 500 € (CGI art. 81 quater)
- Réduction de cotisations salariales d'environ 11,31 % (vieillesse de base + complémentaire) sur ces mêmes heures
- CSG/CRDS dégressive : barème spécifique réduit (au lieu de 9,7 % standard)
- Le montant des heures sup exonérées n'apparaît PAS dans le net imposable, mais figure sur une ligne spécifique du bulletin (« Heures supplémentaires défiscalisées ») et sur le récapitulatif annuel transmis aux impôts
Exemple chiffré : un salarié non-cadre payé 14 €/h brut qui effectue 3 heures sup par semaine majorées 25 % gagne 2 730 € de rémunération heures sup brute par an (3 h × 14 € × 1,25 × 52 semaines) — entièrement exonérée d'IR puisque sous le plafond 7 500 €. Économie d'impôt annuelle pour un salarié à la TMI 30 % : environ 820 €. Source : bofip.impots.gouv.fr BOI-RSA-CHAMP-20-50-50.
11. Réintégration des cotisations patronales (mutuelle, prévoyance, retraite supp)
Beaucoup de salariés constatent un écart inattendu entre leur net à payer et leur net imposable, sans comprendre d'où il vient. La cause principale, après la CSG non déductible : la réintégration de la part patronale de certaines cotisations dans l'assiette imposable. C'est une règle strictement encadrée par le CGI art. 83 et qui touche presque tous les salariés du privé.
Cotisations patronales réintégrées à 100 % dans le net imposable :
- Mutuelle santé obligatoire : la part employeur (souvent 50 % de la cotisation) est intégrée à votre revenu imposable. Pour une mutuelle à 80 €/mois, cela ajoute 40 €/mois × 12 = 480 €/an au net imposable.
- Prévoyance lourde obligatoire (incapacité, invalidité, décès) au-delà des limites d'exonération (8 % du PASS pour la part patronale, plafond 3 700 € en 2026)
- Retraite supplémentaire à cotisations définies (article 83) : part employeur réintégrée au-delà de 5 % du PASS (plafond ≈ 2 314 € en 2026 sur la base PASS 2026 = 46 280 €)
- Cotisations à des régimes non obligatoires ou non éligibles aux exonérations Fillon : intégration totale
Impact concret sur l'IR : pour un cadre avec mutuelle (80 €/mois) + prévoyance (40 €/mois) + retraite supplémentaire au-dessus du plafond (60 €/mois), la réintégration ajoute environ 1 320 €/an au net imposable. À une TMI de 30 %, cela représente ≈ 396 € d'IR supplémentaire annuel, alors que ce salaire n'a jamais été versé sur le compte. Cet écart fiscal est totalement légal et doit être anticipé dans tout calcul de net après impôt.
Source : service-public.fr/F2226 · CGI art. 83 (déduction limitée des cotisations sociales) · CSS art. L. 242-1.