Calcul congés payés 2026 : jours acquis, 1/10e vs maintien, cas maladie

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⚠️ Information Juridique (RH & Paie)

Les calculs présentés sont informatifs, fondés sur le Code du travail en vigueur au 25 avril 2026 (art. L3141-1 à L3141-33). En cas de litige sur votre indemnité de congés payés, consultez un conseil en droit social ou saisissez la DREETS de votre région.

⚡ En bref

En France, tout salarié acquiert 2,5 jours ouvrables de congés payés par mois travaillé, soit 30 jours par an (Code du travail art. L3141-3). L'indemnité se calcule selon deux méthodes — le dixième du brut annuel ou le maintien de salaire — l'employeur devant retenir la plus favorable (L3141-24). Depuis la loi n° 2024-264 du 22 avril 2024, les arrêts maladie non professionnels ouvrent droit à 2 jours de CP supplémentaires par mois d'arrêt.

🧮 Calculateur Congés Payés 2026

Date de début du contrat de travail
Par défaut : aujourd'hui (25/04/2026)
Base brute hors primes — SMIC 2026 : 11,88 €/h
Commissions, 13e mois proratisé, primes objectif
Loi 2024-264 : +2 j ouvrables/mois d'arrêt (art. L3141-5)
Assimilés à du temps travaillé : +2,5 j/mois (L3141-5)
Ouvrés = ouvrables × 5/6 (coefficient légal)
Jours CP acquis / pris / restants - exemple annuelJours CP (exemple - 12 mois)Acquis (30 j)30Pris (25 j)25Restants (5 j)5

Définition légale et durée des congés payés (L3141-3)

Article L3141-3 du Code du travail : Tout salarié acquiert un congé de 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, quelle que soit sa qualification, sa rémunération, la nature de son contrat (CDI, CDD, apprentissage) ou son temps de travail.
Source : Légifrance — art. L3141-3

Le droit aux congés payés naît dès le premier jour de travail — la loi ne prévoit plus de condition d'ancienneté depuis la réforme de 2008. Après 12 mois de travail effectif, le salarié a acquis son droit complet à 30 jours ouvrables par an, soit 5 semaines.

L'article L3141-4 liste les périodes assimilées à du travail effectif qui entrent dans le décompte. Depuis la loi n° 2024-264 du 22 avril 2024, cette liste a été étendue aux arrêts maladie non professionnels (voir section arrêts maladie).

Qui bénéficie des congés payés ?

Tous les salariés du secteur privé, y compris : les salariés à domicile via Pajemploi, les CDD (avec indemnité compensatrice versée en fin de contrat si les congés ne sont pas pris physiquement), les apprentis, et les travailleurs intérimaires. Les agents de la fonction publique relèvent d'un régime distinct.

La base légale : jours ouvrables

La base légale est le jour ouvrable (du lundi au samedi, sauf jours fériés). Certaines entreprises pratiquent, par usage ou accord collectif, le décompte en jours ouvrés (lundi-vendredi uniquement). La conversion se fait au coefficient 5/6 : 30 jours ouvrables = 25 jours ouvrés. Voir la section ouvrables vs ouvrés pour les pièges.

Période de référence : 1er juin → 31 mai

Par défaut, la période légale d'acquisition des congés payés court du 1er juin au 31 mai de l'année suivante (art. L3141-10 du Code du travail). Les congés acquis sur cette période doivent en principe être pris avant le 31 mai suivant.

Un accord de branche ou d'entreprise peut fixer une période différente, à condition qu'elle coure sur 12 mois. Par exemple, l'IDCC 1979 (HCR) prévoit une période du 1er mai au 30 avril, et la convention IDCC 1486 (Syntec) permet des périodes calendaires dérogatoires. Vérifiez via le service-public.fr F2258.

L'entrée en cours d'année

Pour un salarié embauché en cours de période, les droits se calculent au prorata. Embauché le 1er octobre, il acquiert 8 mois × 2,5 = 20 jours ouvrables à la clôture de la première période (31 mai suivant).

Fractionnement et 6e semaine (art. L3141-19)

Si le salarié prend moins de 12 jours consécutifs pendant la période principale (1er mai–31 octobre), il bénéficie de jours de fractionnement : 2 jours si le reliquat fractionné est ≥ 6 jours, 1 jour si le reliquat est de 3 à 5 jours. Certaines CCN, notamment l'IDCC 3248 (métallurgie), accordent une 6e semaine de congés pour les salariés avec enfants à charge.

Méthode 1 : le dixième du brut

Formule du dixième : Indemnité totale = Rémunération brute annuelle × 10 %
Taux journalier : Indemnité totale ÷ Nombre de jours de congé pris
Source : Code du travail art. L3141-24

Ce qui entre dans l'assiette du 1/10e ✅

  • ✅ Salaires bruts mensuels de base
  • ✅ Commissions et primes d'objectif ayant le caractère de salaire
  • ✅ 13e mois proratisé sur la période
  • ✅ Indemnités de déplacement à caractère forfaitaire
  • ✅ Rémunération des heures supplémentaires et complémentaires
  • ✅ Indemnités versées pendant les périodes assimilées à du travail effectif

Ce qui est EXCLU de l'assiette ❌

  • ❌ Remboursements de frais réels (déplacements, repas, hébergement)
  • ❌ Intéressement et participation
  • ❌ Abondement Plan d'Épargne Entreprise (PEE)
  • ❌ Primes liées à une sujétion incompatible avec la prise de congés
  • ❌ Les indemnités de congés payés elles-mêmes (pas de cumul)

La DGT (Direction Générale du Travail) rappelle dans ses fiches pratiques que l'employeur doit conserver les éléments permettant de reconstituer la rémunération de référence sur toute la période, sous peine de voir la méthode du 1/10e contestée devant le Conseil de prud'hommes (prescription 3 ans selon art. L3245-1).

Méthode 2 : le maintien de salaire

Formule du maintien : Indemnité journalière = Salaire mensuel brut ÷ 21,67
21,67 = 260 jours ouvrables par an ÷ 12 mois
Source : Code du travail art. L3141-24 — "salaire qu'aurait perçu le salarié s'il avait travaillé"

La méthode du maintien reproduit ce que le salarié aurait perçu s'il avait travaillé. Elle s'appuie sur le salaire du mois précédant la prise de congés, en incluant tous les éléments de rémunération habituels sur ce mois. Pour les salariés anciens dont le salaire a progressé, le maintien reflète donc la rémunération actuelle, ce qui le rend quasi systématiquement supérieur au 1/10e.

Obligation légale de comparaison (art. L3141-24)

L'article L3141-24 du Code du travail impose à l'employeur une obligation positive : comparer systématiquement les deux méthodes et appliquer la plus favorable. Un employeur qui appliquerait systématiquement le 1/10e sans vérifier le maintien commet une infraction exposant à un rappel de salaire sur 3 ans, avec intérêts légaux au taux fixé par la DREETS.

Tableau comparatif 5 profils types — 1/10e vs maintien

Profil Salaire mensuel 1/10e (€/jour) Maintien (€/jour) Retenu
CDI stable 2 500 €2 500 €100,00 €115,37 €Maintien
Temps partiel 80 % (2 000 €)2 000 €80,00 €92,29 €Maintien
Commercial variable (fixe 2 800 € + comm. moy. 1 200 €)4 000 €160,00 €129,21 €*1/10e
Apprenti (SMIC 11,88 €/h × 35 h)1 801 €72,04 €83,11 €Maintien
CDD 8 mois (2 200 €)2 200 €88,00 €101,52 €Maintien

* Commercial variable : si le mois de prise de congés est un mois à forte commission (ex. 4 500 €), le maintien peut dépasser le 1/10e. Comparer à chaque prise.

Cas particuliers : CDD, temps partiel, salaire variable, apprenti

CDD et indemnité compensatrice (art. L3141-28)

En CDD, si le salarié n'a pas pu prendre ses congés avant la fin du contrat, l'employeur verse une indemnité compensatrice de congés payés correspondant à 10 % de la rémunération brute totale. Cette indemnité est mentionnée sur le bulletin de paie final et soumise aux cotisations sociales normales. Depuis 2024, le CDD saisonnier bénéficie des mêmes règles sur les arrêts maladie que le CDI.

Temps partiel

Le temps partiel n'affecte pas le nombre de jours acquis : 2,5 jours ouvrables/mois, identique au temps plein (art. L3141-3). Ce qui change : le montant de l'indemnité journalière, calculée sur le salaire effectivement perçu. Un salarié à 20 h/semaine perçoit donc la même durée de congés qu'un temps plein mais une indemnité proportionnellement réduite. Notre simulateur express permet de comparer.

Salaire variable et primes

Pour les commerciaux ou salariés à rémunération variable, la méthode du 1/10e inclut toutes les commissions perçues sur la période de référence (L3141-24). La méthode du maintien est calculée sur le salaire du mois de prise de congés. Pour un commercial dont les commissions varient fortement, planifier la prise de congés sur des mois à forte commission maximise l'indemnité si la méthode du maintien est retenue — voir les outils de planification CP 2026.

Apprenti

L'apprenti bénéficie des mêmes droits à congés payés : 2,5 jours ouvrables/mois d'apprentissage. Son salaire de référence est calculé sur sa base réelle (pourcentage du SMIC 2026 : 11,88 €/h selon âge et année d'apprentissage). Si l'apprentissage commence en septembre 2025, l'apprenti aura acquis à la clôture du 31 mai 2026 : 9 mois × 2,5 = 22,5 jours → arrondi à 23 jours (demi-journée supérieure).

Forfait jours cadres

Les cadres en forfait annuel en jours bénéficient des mêmes droits. La durée s'exprime en jours ouvrés (conventionnellement 25 jours). L'IDCC 3248 (métallurgie) prévoit un dispositif spécifique de calcul pour les cadres au forfait. Consultez votre calcul d'ancienneté pour les jours supplémentaires éventuels.

Arrêts maladie et congé maternité : la loi du 22 avril 2024

⚡ Changement majeur 2024 : Depuis la loi n° 2024-264 du 22 avril 2024, tout arrêt maladie non professionnel ouvre droit à 2 jours ouvrables de congés payés par mois d'arrêt (plafonnés à 24 j/période de référence). Ces jours sont reportables 15 mois après reprise (art. L3141-5-1).

Timeline jurisprudence 2023-2026

📍 13 septembre 2023

Arrêt Cass. soc. n° 22-17.340 : La Cour de cassation aligne le droit français sur la Directive 2003/88/CE art. 7 et la jurisprudence CJUE aff. C-46/17 (13 décembre 2018). Les arrêts maladie non professionnels ouvrent droit aux congés payés — rupture avec la règle précédente. Impact immédiat : les employeurs doivent régulariser rétroactivement sur 3 ans.

📍 22 avril 2024

Loi n° 2024-264 : Transposition législative. Codification dans les articles L3141-5 et L3141-5-1 du Code du travail. Taux : 2 j ouvrables/mois d'arrêt maladie non-pro. Plafond global : 24 j/période. Report : 15 mois après reprise, avec obligation pour l'employeur d'informer le salarié dans le mois suivant son retour.

📍 20 février 2025

Décret n° 2025-161 : Précisions sur les modalités d'information du salarié au retour d'arrêt. L'employeur doit notifier le solde de CP reportable dans un délai d'un mois. Les branches peuvent prévoir des modalités spécifiques par accord collectif.

AT/MP et maternité : régime plus favorable (art. L3141-5)

Les accidents du travail (AT), maladies professionnelles (MP) et le congé de maternité sont assimilés à du travail effectif depuis bien avant 2024. Le salarié acquiert 2,5 jours ouvrables/mois sur ces périodes (comme un mois travaillé normalement), sans plafond différent. L'indemnité journalière versée par la CPAM entre dans l'assiette de calcul du 1/10e pour les périodes indemnisées.

Voir aussi : calcul CP pour les assistantes maternelles (Pajemploi, régime IDCC 3239) et notre calculateur d'indemnité de licenciement si le contrat se termine.

Jours ouvrables vs jours ouvrés : coefficient 5/6 et pièges courants

Critère Jours ouvrables Jours ouvrés
Jours comptésLundi → samedi (hors fériés)Lundi → vendredi (hors fériés)
Durée légale annuelle30 jours25 jours
Base légaleCode du travail L3141-3Accord collectif / usage
Coefficient de conversion1 (référence)× 5/6 = 0,833
Samedi travaillé décompté ?Oui, compte dans le congéNon (sauf si habituellement travaillé)

Le piège du samedi

En décompte ouvrables, si vous posez du lundi au vendredi, le samedi compte quand même dans vos jours de congé (même si vous ne travaillez pas le samedi), car le samedi est un jour ouvrable légal. Une semaine de vacances = 6 jours ouvrables prélevés sur votre compteur. En mode ouvrés, la même semaine ne coûte que 5 jours. Si votre employeur pratique les jours ouvrés, vous bénéficiez d'un avantage réel à durée de vacances égale.

Pour le calcul de l'indemnité de licenciement, le décompte est différent : il s'agit de jours calendaires ou ouvrés selon la formule applicable (art. L1234-1 à L1234-20 CDT).

Congés payés de l'assistante maternelle : specificités (CCN IDCC 3239)

Le calcul des congés payés d'une assistante maternelle diffère partiellement du droit commun. La CCN des particuliers employeurs prevoit des regles propres a cette categorie professionnelle qui doivent etre combinees avec le Code du travail general.

La règle des 10 % appliquee a l'assmat

Pour les assistantes maternelles employees sous Pajemploi, la regle la plus courante est l'indemnite compensatrice de conges payes (ICCP) de 10 % des salaires bruts totaux, versee mensuellement ou en fin de contrat. Cette methode est generalement plus favorable que le maintien de salaire en raison de la variabilite des heures d'accueil. Pajemploi calcule automatiquement cette ICCP lors des declarations mensuelles.

Periode d'acquisition et droits speciaux

La periode d'acquisition des CP assmat court du 1er juin au 31 mai, identique au droit commun. Cependant, la CCN IDCC 3239 prevoit que les conges doivent en priorite etre pris en accord avec l'employeur, en dehors des periodes d'accueil usuelles. En pratique, les deux semaines de fermeture des creches ou les vacances scolaires des parents constituent souvent les periodes de reference.

En cas de litige sur les dates de conges, la CCN prevoit une procedure de conciliation via la FEPEM avant toute saisine prud'homale. Source : Pajemploi URSSAF / CCN IDCC 3239 article 36 et suivants.

Indemnité compensatrice de congés payés en fin de contrat

Art. L3141-28 : En cas de rupture du contrat, l'employeur verse une indemnité compensatrice de CP si le salarié n'a pas pu prendre tout ou partie de ses congés.
Montant : plus favorable des deux méthodes — calculée sur les jours acquis non pris.

Fiscalité de l'indemnité compensatrice

Contrairement à l'indemnité de rupture d'une assistante maternelle (1/80e, exonérée — voir notre page fin de contrat assmat), l'indemnité compensatrice de CP est soumise aux cotisations sociales URSSAF et imposable dans les conditions normales du salaire. Elle entre dans le calcul des droits à l'ARE (chômage) via France Travail.

Prescription

Le salarié dispose de 3 ans pour réclamer en justice une indemnité de CP non versée ou insuffisante (art. L3245-1 — prescription des salaires). En cas de litige, la DREETS peut être saisie à titre préalable.

Matrice IDCC — 5 conventions collectives majeures

Convention collective Durée congés Spécificités
IDCC 1979 — HCR30 j ouvrables + jours anciennetéPrime de vacances 10 % de l'indemnité CP · Période mai-avril
IDCC 1486 — Syntec25 j ouvrés minimumJours supplémentaires ancienneté et enfants à charge · RTT combinés
IDCC 573 — Commerce de gros30 j ouvrables légauxFractionnement selon accord d'entreprise
IDCC 3248 — Métallurgie30 j ouvrables + 6e semaine cadres6e semaine pour cadres · Jours ancienneté jusqu'à 5 j supplémentaires
IDCC 1596 — BTP ouvriers30 j ouvrables (caisse CP)CP gérés par Caisses Congés Intempéries BTP · Cotisation patronale directe

6 exemples chiffrés complets — 2026

📝 Exemple 1 — CDI à 2 500 € brut, année complète sans absence

  • Période : 1er juin 2025 → 31 mai 2026, pas d'absence
  • Jours acquis : 12 mois × 2,5 = 30 jours ouvrables
  • Salaire brut annuel : 2 500 × 12 = 30 000 €
  • Méthode 1/10e : 30 000 × 10 % = 3 000 € pour 30 jours → 100 €/jour
  • Méthode maintien : 2 500 ÷ 21,67 = 115,37 €/jour
  • Retenu : Maintien — plus favorable de 15,37 €/jour, soit 461 € d'écart sur l'année entière

📝 Exemple 2 — Temps partiel 80 % + arrêt maladie 2 mois (loi 2024-264)

  • Temps partiel (28 h/semaine) : acquisition identique, 2,5 j/mois
  • Arrêt maladie 2 mois (nov.-déc. 2025) : +2 j/mois pendant l'arrêt (Loi 2024-264)
  • Jours acquis : 10 mois × 2,5 + 2 mois × 2 = 29 jours ouvrables
  • Salaire brut annuel : ≈ 22 800 €
  • 1/10e : 2 280 € ÷ 29 = 78,62 €/jour
  • Maintien : 2 000 ÷ 21,67 = 92,29 €/jour
  • Retenu : Maintien

📝 Exemple 3 — Commercial salaire variable

  • Fixe : 2 800 €/mois — commissions moyennes : 1 200 €/mois (14 400 €/an)
  • Salaire brut annuel total : 48 000 €
  • 1/10e (commissions incluses, L3141-24) : 4 800 € ÷ 30 = 160 €/jour
  • Maintien sur mois à forte commission (4 500 €) : 4 500 ÷ 21,67 = 207,65 €/jour → Maintien retenu
  • Maintien sur mois à faible commission (3 000 €) : 3 000 ÷ 21,67 = 138,44 €/jour → 1/10e retenu
  • → Planifier la prise de CP sur les mois à forte rémunération maximise l'indemnité.

📝 Exemple 4 — CDD 6 mois : indemnité compensatrice de fin de contrat

  • Contrat : CDD 1er mars 2026 → 31 août 2026 (6 mois), 2 200 € brut/mois
  • CP acquis pendant le CDD : 6 × 2,5 = 15 jours ouvrables
  • Réalité : CP non pris (employeur refuse à 3 mois de la fin, fréquent en CDD)
  • Indemnité compensatrice CP (art. L3141-28) : 10 % de la rémunération brute totale du CDD
  • Calcul : 6 × 2 200 = 13 200 € brut → 1 320 € d'indemnité compensatrice CP
  • Soumise à cotisations URSSAF : ~21 % de prélèvements salariaux → net ≈ 1 043 €
  • Versée sur le dernier bulletin de paie ; figure case 1AJ sur la déclaration 2027

Source : art. L3141-28 et L3141-29 CT. L'indemnité est due quelle que soit la cause de fin du CDD, sauf faute lourde (Cass. soc. 7 nov. 2018 n° 17-12.230). En cas de CDD requalifié en CDI, l'indemnité reste due si déjà versée.

📝 Exemple 5 — Intérim : régime simplifié 10 % systématique

  • Statut : salarié temporaire (entreprise de travail temporaire ETT)
  • Mission : 4 mois en 2026, salaire brut 2 600 €/mois soit 10 400 € total mission
  • Régime CP intérim (art. L1251-19) : ICCP = 10 % systématique de la rémunération brute totale de la mission
  • Calcul : 10 400 × 10 % = 1 040 € d'ICCP versés sur le dernier bulletin
  • Différence avec CDD : en intérim, aucune comparaison 1/10e vs maintien — toujours 10 % forfaitaire
  • Indemnité de fin de mission (IFM) distincte : également 10 % en plus (art. L1251-32) → 2 080 € au total (CP + IFM)

Source : Code du travail art. L1251-19 et L1251-32. L'ICCP intérim est versée à chaque fin de mission ; pas de report d'une mission à l'autre dans la même ETT.

📝 Exemple 6 — Retour de congé maternité : assimilation TT effectif (loi 2024)

  • Profil : salariée en congé maternité 16 semaines (du 1er mars au 22 juin 2026)
  • Reprise : 23 juin 2026, salaire 2 800 € brut/mois
  • Acquisition CP pendant congé maternité : assimilée à du temps de travail effectif (art. L3141-5 1° et loi 2024-264 + Cass. soc. 13/09/2023)
  • Jours acquis sur la période 1er juin 2025 → 31 mai 2026 : 12 × 2,5 = 30 jours ouvrables complets (aucune réduction liée au congé)
  • Méthode 1/10e (rémunération maintenue par CPAM + employeur) : (2 800 × 12) × 10 % = 3 360 € pour 30 jours → 112 €/jour
  • Méthode maintien : 2 800 ÷ 21,67 = 129,21 €/jour
  • Retenu : Maintien — plus favorable de 17,21 €/jour

Source : Cass. soc. 13 septembre 2023 (5 arrêts) + loi 2024-264 du 22 avril 2024 + art. L3141-5 1° CT. Le congé paternité, le congé d'adoption et le congé parental d'éducation suivent le même régime d'assimilation TT effectif.

Méthodologie pour vérifier soi-même son indemnité de congés payés

Cinq étapes systématiques pour valider le calcul de votre employeur. Le contrôle prend 15 minutes par période de référence (1er juin → 31 mai).

  1. Lister vos jours acquis sur la période de référence : 2,5 jours ouvrables par mois travaillé OU assimilé (congé maternité/paternité/adoption/parental d'éducation, AT/MP, maladie pro, maladie non pro depuis loi 2024 plafonnée 2 j/mois × 12 mois = 24 j max). Source : art. L3141-3 et L3141-5 CT.
  2. Calculer la rémunération brute de la période de référence : salaire de base + commissions + primes ayant le caractère de salaire (13e mois proratisé, prime objectif). Exclure : remboursements de frais réels, intéressement, participation, indemnité de licenciement. Source : art. L3141-24 CT.
  3. Méthode 1/10e : rémunération brute totale × 10 % ÷ jours acquis = indemnité par jour ouvrable. Garder 2 décimales.
  4. Méthode maintien : salaire mensuel de base du mois de prise du congé ÷ 21,67 (coefficient légal jours ouvrables/mois sur une moyenne annuelle) = indemnité par jour ouvrable. À calculer pour CHAQUE mois où des CP sont pris (résultat varie selon mois à forte/faible commission).
  5. Comparer et retenir la plus favorable : l'employeur a une obligation légale de comparer pour chaque période de congé et de retenir la méthode qui donne le montant le plus élevé (art. L3141-24). Toute clause contraire d'un contrat ou d'une convention collective est nulle. En cas de refus, vous disposez d'un rappel de salaire prescrit à 3 ans (art. L3245-1).

Pièges fréquents : (1) employeur qui applique uniquement la méthode 1/10e — illégal ; (2) commissions exclues de l'assiette du 1/10e — illégal (sauf accord écrit explicite de votre part) ; (3) refus d'intégrer le congé maternité aux jours acquis — illégal depuis l'arrêt Cass. soc. 13/09/2023.

Évolution du cadre légal des congés payés (2023 → 2026)

Le cadre des congés payés a connu une refonte profonde en 2023-2024 sous l'effet conjugué de la jurisprudence européenne et du législateur français. Synthèse des changements applicables en 2026 :

  • Septembre 2023 — Cass. soc. 13/09/2023 (5 arrêts) : la Cour de cassation aligne le droit français sur la directive 2003/88/CE — la maladie non professionnelle ouvre droit à des CP. C'est la rupture jurisprudentielle qui force la réforme législative.
  • Avril 2024 — Loi 2024-264 du 22 avril 2024 : codifie l'acquisition de CP pendant arrêt maladie (2 j/mois plafond 24 j/an pour non pro, 2,5 j/mois pour AT/MP et maladie pro) + report 15 mois après reprise.
  • Février 2025 — Décret 2025-161 du 20 février 2025 : modalités pratiques d'information du salarié au retour d'arrêt (employeur doit informer le salarié de ses droits dans le mois suivant la reprise, sous peine de prolongation du délai de prise des CP).
  • 2026 — SMIC à 11,88 €/h, coefficient maintien 21,67 stable. Application étendue de la loi maladie à toutes les conventions collectives à compter du 1er janvier 2026 (les dérogations conventionnelles antérieures sont caduques).

Concrètement, un salarié arrêté 6 mois en maladie non professionnelle en 2026 acquiert 12 jours ouvrables de CP (6 × 2) — alors qu'en 2023 il n'en acquérait aucun. C'est une amélioration majeure du droit social, financée en grande partie par la requalification des arrêts longs en temps de travail effectif.

Astuce pratique fractionnement : en 2026, prendre 12 jours ouvrables consécutifs entre le 1er mai et le 31 octobre (période principale) reste la condition pour ouvrir droit aux jours supplémentaires de fractionnement. Si tu conserves 6 jours ou plus à prendre après le 31 octobre, tu obtiens automatiquement 2 jours de fractionnement supplémentaires (1 jour si reliquat 3-5 jours). Cumulés avec les 30 jours légaux, cela porte le potentiel annuel à 32 jours ouvrables — un gain net de 2 jours sans contrepartie. Source : art. L3141-19 et L3141-23 CT.

Pièges et erreurs courantes sur le calcul des congés payés

Sept erreurs récurrentes en paie et en contentieux prud'homal sur les congés payés, classées par fréquence observée en audit social :

  1. Confondre période de référence et année civile. La période légale court du 1er juin (N-1) au 31 mai (N). Certaines CCN (BTP, transport routier) ont des périodes spécifiques avril-mars ou octobre-septembre. Vérifier l'article de la CCN concernée.
  2. Oublier les jours acquis pendant un arrêt maladie non professionnel. Depuis la loi 2024-264 du 22 avril 2024, tout arrêt maladie ouvre droit à 2 jours ouvrables/mois (plafond 24 j/an). Avant cette loi, l'acquisition était suspendue pendant l'arrêt. Ne pas appliquer cette règle rétroactivement aux arrêts intervenus avant le 24 avril 2024 sauf décision de justice spécifique.
  3. Calculer le maintien sur 30 jours au lieu de 21,67. Le coefficient légal est 21,67 jours ouvrables/mois (260 jours ouvrables annuels ÷ 12). Diviser par 30 sous-estime l'indemnité de 38 %. Exemple : 2 500 € ÷ 30 = 83,33 €/jour vs ÷ 21,67 = 115,37 €/jour.
  4. Exclure les commissions de l'assiette du 1/10e. L'article L3141-24 inclut toutes les rémunérations ayant le caractère de salaire, donc commissions, primes objectif, 13e mois proratisé. Seules exclusions explicites : remboursements de frais réels, intéressement, participation, indemnité de licenciement.
  5. Appliquer systématiquement le 1/10e sans comparer. L'employeur a obligation légale de comparer à chaque prise de congé et de retenir la méthode la plus favorable (Cass. soc. 8 juin 2011 n° 09-71.056). Un refus expose à rappel de salaire prescrit 3 ans.
  6. Convertir incorrectement les jours ouvrés en ouvrables. Coefficient 5/6 : 25 jours ouvrés = 30 jours ouvrables (et non 30 ouvrés). Inversement, 12 ouvrables = 10 ouvrés. Source : Cass. soc. 11 juillet 2018 n° 17-19.213.
  7. Refuser le report 15 mois pour maladie ou maternité. Depuis loi 2024-264 et arrêts Cass. soc. 13 septembre 2023, les CP non pris pour cause de maladie longue, maternité, paternité ou parental d'éducation sont reportables 15 mois après reprise du travail. Refuser ce report expose à indemnisation (Directive 2003/88/CE art. 7).

Source : Cass. soc. arrêts 13 septembre 2023 (5 décisions n° 22-17.340 à 22-17.345) + loi n° 2024-264 du 22 avril 2024 + décret n° 2025-161 du 20 février 2025 sur les modalités d'information du salarié.

Sources officielles

❓ Questions fréquentes — 13 réponses

Comment calculer mes congés payés si j'ai été malade en 2025 ?

Depuis la loi n° 2024-264 du 22 avril 2024 (qui transpose l'arrêt Cass. soc. 13/09/2023 n° 22-17.340 et la Directive 2003/88/CE art. 7), tout arrêt maladie non professionnel ouvre droit à 2 jours ouvrables de congés payés par mois d'arrêt, plafonnés à 24 jours ouvrables par période de référence. Ces jours s'ajoutent aux jours acquis sur les mois travaillés. Ils sont reportables 15 mois après votre reprise (art. L3141-5-1).

Jours ouvrables ou jours ouvrés : lequel choisir ?

La loi impose le décompte en jours ouvrables (du lundi au samedi, hors fériés). Le passage en jours ouvrés (lundi-vendredi) est possible par accord collectif ou usage, avec conversion au coefficient 5/6 (25 jours ouvrés = 30 jours ouvrables). Le salarié doit être protégé par le mode de calcul le plus favorable.

Méthode du 1/10e ou maintien de salaire : laquelle retenir ?

L'article L3141-24 du Code du travail impose à l'employeur de comparer systématiquement les deux méthodes et de retenir la plus favorable au salarié. La méthode du maintien est souvent plus avantageuse pour les salariés à revenu stable ou croissant. La méthode du 1/10e favorise les salariés avec primes importantes réparties sur toute l'année.

Que deviennent mes CP non pris au 31 mai ?

Les congés payés acquis non pris au 31 mai sont en principe perdus, sauf accord collectif plus favorable, report convenu avec l'employeur, ou impossibilité de prendre les congés avant cette date (arrêt maladie, maternité). Dans ces derniers cas, le report est désormais de droit pendant 15 mois (art. L3141-5-1 issu de la loi 2024-264).

Les bonus et primes comptent-ils dans le calcul ?

Oui, pour la méthode du 1/10e, toutes les rémunérations ayant le caractère de salaire entrent dans l'assiette : commissions, primes d'objectif, 13e mois proratisé, indemnités de déplacement forfaitaires. Sont exclus les remboursements de frais réels, l'intéressement, la participation et les primes liées à une sujétion spéciale incompatible avec la prise de congés.

Temps partiel : ai-je moins de jours qu'un temps plein ?

Non. La durée des congés payés est identique pour les temps partiels et les temps pleins : 2,5 jours ouvrables par mois travaillé, soit 30 jours par an (art. L3141-3). En revanche, l'indemnité est calculée sur le salaire effectivement perçu (proportionnel au temps de travail), ce qui réduit mécaniquement son montant.

Comment mon indemnité compensatrice est-elle calculée au départ ?

L'indemnité compensatrice de congés payés (art. L3141-28) est calculée en fin de contrat selon les mêmes méthodes : 1/10e des rémunérations brutes perçues pendant la période de référence OU maintien de salaire, le plus favorable étant retenu. Elle est soumise à cotisations sociales (URSSAF) et imposable dans les conditions normales du salaire.

L'Ascension 2026 tombe un jeudi : puis-je forcer mon employeur à me donner le vendredi 15 mai ?

Non. Le "pont" du vendredi 15 mai 2026 n'est pas un droit : il dépend d'un accord d'entreprise, d'une pratique habituelle ou d'une décision unilatérale de l'employeur. Si vous posez ce vendredi en congé payé, il est décompté de votre solde. Astuce : mai 2026 est l'un des mois les plus avantageux de la décennie — avec le 1er mai vendredi, le 8 mai vendredi et le pont du 14 mai jeudi, il est possible d'obtenir 16 jours consécutifs avec seulement 4 jours de CP posés.

J'ai été en arrêt maladie 6 mois en 2025 : combien de CP ai-je acquis sur cette période ?

Depuis la loi du 22 avril 2024, tout arrêt maladie ouvre droit à 2 jours ouvrables de congés payés par mois, dans la limite de 24 jours ouvrables par période de référence. Sur 6 mois d'arrêt, vous avez acquis 12 jours ouvrables, reportables 15 mois après votre reprise effective (art. L3141-5-1 Code du travail).

Mon employeur refuse la méthode du maintien de salaire alors qu'elle m'est plus favorable : que faire ?

L'article L3141-24 du Code du travail impose à l'employeur de comparer systématiquement les deux méthodes et de retenir la plus favorable. Un refus expose l'employeur à un rappel de salaire (prescription 3 ans). Étapes : 1) demande écrite recommandée avec AR en citant L3141-24 ; 2) saisine de la DREETS ; 3) saisine du conseil de prud'hommes.

Comment décompter les jours fériés pendant les congés payés ?

En décompte ouvrables, les jours fériés légaux tombant dans la période de congé ne sont pas déduits du compteur CP, car ils ne sont pas des jours ouvrables. En 2026, le 1er mai (vendredi), le 8 mai (vendredi) et l'Ascension (14 mai, jeudi) ne prélèvent rien sur votre solde s'ils tombent dans une période de congé posée.

Existe-t-il des congés supplémentaires selon la convention collective ?

Oui. De nombreuses CCN prévoient des jours supplémentaires : ancienneté (jusqu'à 5 j supplémentaires dans IDCC 3248 métallurgie), enfants à charge (IDCC 1486 Syntec), 6e semaine cadres (IDCC 3248), prime de vacances (IDCC 1979 HCR). Vérifiez votre IDCC sur legifrance.gouv.fr.

Quel est le SMIC de référence pour calculer l'indemnité CP en 2026 ?

Le SMIC horaire brut 2026 est de 11,88 €/h, soit environ 1 801 €/mois pour 35 h/semaine. Le coefficient légal de conversion mensuel est 21,67 jours ouvrables/mois (260 jours ÷ 12). Ces données entrent dans le calcul de la méthode du maintien de salaire pour estimer le taux journalier.

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À propos de cet outil

Auteur : Claire Dubois — Experte RH, Droit du Travail & Paie

Dernière mise à jour : 25 avril 2026

Sources : Code du travail art. L3141-1 à L3141-33, Loi 2024-264 du 22 avril 2024, Arrêt Cass. soc. 13/09/2023 n° 22-17.340, Décret 2025-161 du 20 février 2025, Directive 2003/88/CE art. 7, service-public.fr F2258, DGT travail-emploi.gouv.fr.

SMIC 2026 : 11,88 €/h. Coefficient 21,67 j ouvrables/mois. Voir aussi calcul ancienneté médaille travail.

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